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mercredi 25 mars 2015

Courir en musique et sans fil !

où mes impressions sur le casque BlueVIBE F1T de GOgroove.

Nous sommes nombreux à pratiquer une activité physique en musique mais en couse à pied, qui n'a jamais été ennuyé avec le fil du casque ? et pour le geek que je suis, courir avec un baladeur, un téléphone et un appareil photo ça fait beaucoup d'appareils à emporter. 

Je me suis donc penché sérieusement sur la question à l'automne dernier après avoir endommagé un énième casque au niveau de la prise jack. J'ai d'abord pensé au casque sans fil avec lecteur MP3 et mémoire intégrés mais je me suis dit qu'avec ça sur les oreilles comment entendre la sonnerie du téléphone ? sans oublier que pour répondre je dois enlever le casque...

Et si j’investissais dans un casque bluetooth que je connecterais à mon téléphone ?  Ainsi je n'emporterais plus avec moi qu'un seul appareil, mon mobile qui sait lire la musique, prendre des photos, envoyer des messages et répondre aux appels.

J'ai commencé mes recherches et mon choix s'est porté sur un appareil à un prix défiant toute concurance sur un célèbre site de commerce en ligne américain. J'ai tout de suite apprécié les commodités et les fonctionnalités qu'il offrait mais après deux moins de bons et loyaux services, celui-ci ne fonctionnait plus correctement, je me suis donc fait rembourser les 14 € dépensés. 

Je suis reparti à la recherche d'un appareil un peu plus costaud tout en restant à un prix abordable et mon choix s'est alors porté sur le GOgroove BlueVIBE F1T que je connecte à mon téléphone via le bluetooth, un protocole de communication sans fil sur courte distance que la quasi totalité des smartphones possèdent. Pour en savoir plus sur le bluetooth je vous invite à consulter cette page Wikipedia. Je l'utilise avec mon Samsung ATIV S (GT-I8750) sous Windows Phone 8.1, 16 Go de stockage + une micro SD de 32 Go ça fait une belle capacité de stockage pour la musique et les photos. 


Les 3 points qui ont fait la différence pour le choix du modèle, sa résistance à l'eau ce qui est pratique quand on fait du sport de surcroît en extérieur, sa garantie de 3 ans et surtout son autonomie annoncée à 8 heures en écoute musicale. Je parlerai de son prix un peu plus loin.

A l'ouverture du colis, on trouve dans la boite le fameux casque que je trouve très léger, son cordon de rechargement USB, 2 paires d'oreillettes pour s'adapter à toutes les oreilles ce qui m'arrange car j'ai une esgourde plus grande que l'autre, une notice en plusieurs langues. Pour ce qui est du design et du coloris, chacun ses goûts...



Avant de l'utiliser, il faut bien sûr le charger. Cela ne peut se faire que sur un port USB d'ordinateur pendant 3 heures. Là petite hésitation. Contrairement à ce qui est dit dans la vidéo de démonstration du constructeur que vous trouverez à la fin de cette bafouille, je n'ai pas entendu de clic qui signifie que le cordon de rechargement est bien relié au casque. Un voyant rouge reste allumé tant que la batterie n'est pas chargée.





A la première utilisation il faut le faire reconnaître par le téléphone, on dit l'associer ou l'appairer. En appuyant 6 secondes sur le bouton On-Off, le casque se met en mode appairage, j'active alors le Bluetooth sur mon téléphone qui le voit aussitôt, je n'ai plus qu'à valider la connexion entre les deux appareils.


Ecran 01

Ecran 02
Désormais, à chaque mise en marche du casque, si le bluetooth est activé sur mon téléphone, il est automatiquement reconnu et connecté pour la "voix et musique" (Ecran 01). Ce qui signifie que tous les sons sont envoyés sur le casque et que pour répondre à un appel, je dois utiliser le micro du casque.

Mais si votre téléphone dispose des commandes vocales, le micro permet aussi d'utiliser son téléphone sans avoir à le prendre en main. Ce qui est très pratique à condition que votre mobile comprenne ce que vous dites, ce qui n'est pas toujours le cas... Pour cela il faut activer le service de reconnaissance vocale (Ecran 02) et connaitre les commandes vocales du système d'exploitation de votre mobile. Pour Windows Phone, c'est ici.

Le casque sur les oreilles, mon téléphone bien rangé au chaud à l'abri de la pluie au fond de mon sac ou dans la poche intérieure de ma veste, je peux aller courir en musique, répondre à un appel, en passer un, entendre vocalement un SMS, y répondre sans être gêné par un fil et sans avoir à prendre en main mon smartphone. Elle est pas belle la vie ?

Concrètement, comment ça marche.

Pour la musique, un appui court sur le bouton On-Off et la musique démarre. J'ai une liste de lecture où tous mes titres y sont enregistrés, c'est cette liste qui est activée. Pour la mettre en pause il suffit d'appuyer à nouveau sur le même bouton. 
Comme leurs noms l'indiquent, les  bouton volume+ et volume- permettent d'augmenter ou de baisser le volume par un appui court. Un appui long sur volume- vous fait passer à la chanson suivante.
Un appui long sur volume+ remet la piste au début si un titre est commencé. Pour passer à la chanson précédente il faut de nouveau appuyer longuement sur ce bouton.

Quand un SMS arrive, si vous écoutiez la musique elle se met en pause automatiquement. Vous êtes informé du nom de l'expéditeur si celui-ci figure dans votre carnet d'adresses puis le système vous invite à dire Ignorer pour reprendre le cours de votre activité ou Lire pour entendre le SMS. 

Pour toutes les opérations on est guidé par une voix qui nous donne les commandes possibles. Ces commandes vocales doivent être prononcées quand la reconnaissance vocale est prête, c'est à dire après la voix et un bip sonore.

Un appel est signalé par une sonnerie dans le casque. Pour répondre il faut appuyer sur la touche On-Off. Vous souhaitez passer un appel par la commande vocale, il faut appuyer 3 secondes sur le bouton On-Off puis annoncer les commandes qui vont bien, mais là c'est aléatoire en fonction du bruit ambiant et, pour ce qui me concerne, quand j'annonce appel nom de la personne, une fois sur 3 il m'ouvre la recherche sur internet ou quand je demande un numéro de téléphone il me le transforme en un autre, je ne dois pas bien parler la France. Bref, ça marche ou ça marche pas, ça a quand même le mérite d'exister. 
J'ai testé les commandes vocales sans le casque et c'est quasiment la même chose, le casque n'y est pour rien dans ces soucis. Il y a encore des choses à mettre au point côté reconnaissance vocale dans Windows. Je ne sais pas ce que ça vaut avec un système Androïd ou Apple.
Pour revenir sur une bonne note, ce qui fonctionne très bien c'est le rappel du dernier numéro par 2 appuis rapides sur le bouton On-Off pendant la lecture de la musique. Cette même manipulation sert à couper le micro pendant un appel.

Globalement l'autonomie semble être plus proche des 7 heures que des 8 heures mais là c'est aussi en fonction de ce qu'on fait avec son casque, si on a mis plus ou moins fort le volume. Difficile pour moi de tester réellement cette autonomie. Il faudrait courir 8 heures et cela n'est possible que lors d'une course type eco-trail mais là généralement j'emporte mon matériel mais ne l'utilise que très peu car j'aime bien entendre ce qui se passe autour de moi. D'ailleurs sur l'écotrail de Paris le week-end dernier, j'ai écouté 10 minutes de musique puis je l'ai mis en veille. J'ai reçu 3 sms et après Saint-Cloud j'ai entendu des bips. Je n'ai pas compris sur le coup, c'est en prenant mon téléphone et que celui-ci me demandait mon code pin que j'ai compris qu'il avait buggé. Cela arrive rarement, mais ça arrive.

A titre d'exemple, ce que j'ai pu faire avec :
Une sortie de 4 heures suivi d'une sortie de presque 2 heures et une d'une heure sans problème en l'arrêtant entre chaque effort. Ensuite je l'ai remis en charge pour ne pas tomber en panne lors de la sortie suivante. 
Sur un week-end : sortie de 3 heures en musique le samedi, 2 bonnes heures le lendemain tout en laissant l'appareil en veille le reste du temps. Le lundi soir il était toujours en marche mais après 20 minutes de musique plus de jus ! 

Quand la charge de la batterie devient faible, le son de la musique baisse le temps de laisser place à 2 bips consécutifs. Ils sont audibles toutes les 30 secondes environ. A partir des premiers signaux il vous reste 4 à 5 minutes avant qu'il s'éteigne.
Ce que je n'ai pas pu tester c'est son autonomie en communication et en veille. En veille signifie que le casque est en marche et connecté au téléphone sans musique en mode "attente d'appel et SMS". Quand quelques appareils similaires ont une autonomie de 6 heures en lecture musicale, sensiblement la même en communication, une centaine heures en veille on peut imaginer que le BlueVIBE F1T ne peut que faire aussi bien si ce n'est mieux mais difficile pour moi de le confirmer, j'ai autre chose à faire que d'attendre de longues journées pour savoir si le casque est toujours opérationnel ou pas.


Voilà en gros mes impressions sur ce casque que j'ai payé 43 euros, sans frais de port. Il est passé à 35 € depuis sur Amazon

Le seul bémol est la position des boutons qui m'a un peu déstabilisé au début par rapport au premier casque que j'ai eu en ma possession. Il m'a fallu quelques sorties pour m'habituer et encore maintenant, avant d'appuyer sur un bouton, je prends mon temps pour m'assurer que mon doigt est bien sur le bon.
A part ça rien à reprocher à cet appareil que l'o
n peut l'utiliser pour faire du sport ou dans les transports en commun voir tout autre chose.Si j'ai décidé de faire un article sur cet appareil c'est que je l'ai trouvé très pratique, il répond parfaitement à mes attentes, de bonne fabrication, une qualité sonore excellente pour moi, un prix raisonnable, je dois ajouter que c'est la première fois que j'ai un casque sur les oreilles que je supporte très bien et sans être gêné par un fil, c'est le top ! 
Et si vous ne voulez pas être ennuyé par votre téléphone, rien de plus simple, il suffit d'activer le mode avion sur le mobile et aucun appel ni message ne vous ennuiera pendant votre activité sportive. Ce mode vous permettra d'économiser la batterie de votre téléphone. Si vous souhaitez garder les fonctions téléphoniques mais économiser quand même un peu votre batterie, vous pouvez désactiver internet (DATA ou connexion de données) et le wifi.

Il existe d'autres modèles à différents prix et notamment des casques à conduction osseuse (ostéophonie). Cette technologie permet d'entendre sans avoir à introduire d'oreillette dans les oreilles ce qui les laisse libre pour entendre ce qui se passe autour de nous et 
protège les tympans. Pour l'instant ces casques valent une centaine d'euros mais les prix pourraient baisser si cette technologie avait du succès. 
A tester...



Voici les caractéristiques techniques affichées par le site marchand (copier/coller):

  • Compatible avec: iPhone 6 , 5S , 5C / Samsung Galaxy Core plus , S5 , S4 , S3 , Mini , Note 4 / LG G3 , G2 / Nokia Lumia 735 , 635 , 530 / Motorola Moto G / Sony Xperia Z3 , M2 / Wiko Goa , Lenny , Getaway , Rainbow / Huawei Honor 6 , Ascend P7 ET+
  • Casque Bluetooth avec design ergonomique conçu pour la pratique du sport - IPX 6 résistant à l'eau - Confort et durée dans le temps pour une activité intense
  • Qualité Garantie - 3 ans de Garantie par le fabricant - Spécificités techniques - Bluetooth v2.1 * Gamme de fréquence : 2.4-2.48GHz * Distance de portée : 9 mètres * Temps de chargement : 2-3 heures * Durée d'écoute : 8 hours par chargement *
  • Casque Bluetooth Universel vous permet une écoute sans fil avec votre Smartphone, Tablette, lecteur MP3, Ordinateur Bluetooth et bien plus et pratiquer votre Fitness ou faire votre Jogging en tout liberté
  • Casque Bluetooth avec micro et mode main-libres intégrés pour une utilisation du casque BlueVIBE F1T pour passer ses appels pendant sa course - Poids : 29 grammes * Dimensions: 139,7 x 152,4 x 43,18cm

Casque sans fil Bluetooth Sport BlueVIBE F1T par GOgroove
Design Innovant
Conçu pour un confort avec style pour une durée dans le temps - expérience audio de qualité. Seulement 29 grammes, casque extrêmement léger et confortable. Parfait pour une activité intense, fitness, jogging. Design erognomique, réglage des écouteurs et 3 différents tailles d'oreillettes en silicone pour une personnalisation de votre casque.
Certifié IPX 6 Résistant à l'eau : Protection de la sueur et de l'humidité à tout instant.
Sans fil
Pas de fils qui s'emmêlent. Technologie Bluetooth V2.1 avec micro intégré pour écouter votre musique et passer vos appels en mode main-libres. Synchronisez simplement le F1T avec le bluetooth de votre appareil la première fois, puis synchronisation automatique par la suite.
Contrôle audio :
Musique, Pause, passer les plages et régler le volume grâce aux commandes intégrées au casque. Musique sur pause dès que vous recevez un appel.
3 ans de garantie
Compatible avec:
SMARTPHONES iPhone 6 , 6+ , 5S , 5C / Samsung Galaxy S5 , S4 , S3 , mini , Ace 3 , Alpha , Trend Lite , Young 2 , Note 4 , 3 , Edge , Core 4G , A3 , A5 / LG G Flex 2 , L bello , G3 , G2 , Mini, Nexus 5 / Microsoft Lumia 940 , 535 / Nokia 215 , Lumia 1320 , 930 , 830 , 735 , 730 , 635 , 530 / Motorola Moto X , G , E / Archos 45b , 50b , 50c Helium , 50 Diamond / HTC One M8 , Mini 2 , Desire / Sony Xperia Z3 , E3 , C3 , T3 , E1 , M2 , Z2 / Huawei Honor 6 , Ascend Mate 7 , G7 , P7 , Y330 / Wiko Goa , Lenny , Kite , Getaway , Lubi 3 , Cink Slim 2 , Rainbow , Wax , Ozzy , Highway , Darkmoon / Acer Liquid Z410 , Z500 / Cubot P9
LECTEURS MP3 Apple iPod / Samsung Galaxy S Wifi 4.2 / Sony NWZ-E584,NWZ-E384, Swees / SanDisk SDMX 18


Site du fabriquant (en anglais): http://www.gogroove.com/ la page du produit directement ici

La vidéo de démonstration en anglais



Par Hubert Leclercq
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8e édition de l'Ecotrail de Paris, 80 km - le 21 mars 2015


8e édition de l'écotrail de Paris - 80 km le 21 mars 2015 






C'est l'histoire d'un type qui avait annoncé l'année dernière qu'il s'inscrirait sur le 80 km de l'ecotrail de Paris le jour où l'arrivée se referait au premier étage de la tour Eiffel. Et c'est ce qui est proposé aux coureurs de l'épreuve phare de la manifestation cette année sauf que ses moyens financiers sont très limités en ce moment. Il a alors tenté de gagner son dossard mais les dieux du tirage au sort ne sont pas avec lui cette année, jusqu'au vendredi 13 février où il s'est trouvé au bon endroit au bon moment et il a fait ce qu'on lui a demandé. 

C'est ainsi que Runner's World France lui a offert son sésame pour cette course qui est devenue un événement de la course à pied sur la capitale. 

Le petit hic, c'est que certains muscles n'ont pas apprécié les 34 km de boue du trail des marcassins fin janvier. Je suis donc au repos et je n'aurai pas la préparation pour être au top. Ce n'est pas grave, l'objectif est d'aller au bout quelque soit le temps, en espérant ne pas trop souffrir. 
Un mois avant l'épreuve je reprends l’entraînement. Les douleurs ont disparu mais je sens que je suis sur la ligne jaune alors pas d'abus. Petit à petit j'ai la sensation d'aller mieux mais le temps est compté. Je tente rapidement les sorties longues qui se passent très bien, la confiance revient mais je n'ai pas l'aisance et la facilité du mois de décembre qui m'avaient permis de réaliser un bon trail (pour moi) à Beuzeville-la-Grenier. Si j'ai réussi là-bas à faire 83 km en 10h00 ici, je table plus sur 10h30/11h00 voir peut-être un peu plus mais quand même d'arriver avant 1h00 du matin, heure limite pour accéder au premier étage de la dame de fer.

La veille de la course, il faut aller au parc des expositions de la porte de Versailles pour retirer le dossard, l'ami Pascal m'y accompagne. Nous y croisons Francine (forfait pour cause de blessure et très triste de ne pas être de la fête), Marc, Joseph, Vincent… Nous papotons un peu puis nous faisons un tour dans le salon avant de revenir à la maison, c'est que j'ai un gâteau à faire. 
Après une bonne nuit, une bonne douche et un bon petit déjeuner c'est l'heure d'y aller. En cours de route Pascal se rend compte qu'il a oublié ses bidons et doit faire demi-tour, la journée commence bien ! 

Un peu de bus, de métro puis nous nous retrouvons dans un train de la gare Montparnasse bondé de traileurs. Le RER C étant en travaux, nous avons été invités à nous rabattre sur cette gare. A la descente du train nous suivons le fléchage et nous montons dans le premier bus. 
C'est qu'il ne fait pas chaud, mais alors pas chaud du tout ce qui contrarie mes plans vestimentaires. Sur la zone de départ je croise quelques connaissances que je salue. Pascal me présente ses camarades de club. Nous retrouvons Francine, Joseph, Philippe, Marc puis Vincent sur un banc un peu à l'écart. Ca rigole, ça chambre un peu tout en se préparant. Quelques photos puis Pascal part rejoindre ses potes de club, on lui souhaite une bonne course. J'ai le temps de manger une petite part de mon gâteau fait la veille puis arrivent ensuite Karine et son mari, nouvelles séance photos... Midi approche vite. Marc est allé déposer mon sac au camion pendant que je surveille les affaires de Philippe qui a disparu des radars. En fait il y a la queue aux toilettes… 
C'est en compagnie de Joseph et de Marc, avec les encouragements de Francine, que j'entre dans le sas de départ. Ca rigole bien, peut-être pour faire baisser la pression ? Marc retrouve des connaissances, dont Carole des lapins-runners qui est seule aujourd'hui. Après l'interview de Samuel Etienne parrain de Pompier Raid Aventure qui emmène des enfants sur la course, suivi d'un rapide briefing et une minute de silence, le décompte est lancé. Je vais prendre pour la première fois le départ de ce 80 km. On se souhaite bonne course et c'est parti ! 

Première partie de course : du départ au premier ravitaillement de Buc (km 23)

Le troupeau est assez compact ce qui va nous obliger à ralentir quelques centaines de mètres plus loin pour passer sur les tapis de chronométrage. Même chose quand nous entrons sur ce chemin qui va nous faire contourner le plan d'eau de la base de loisirs. Un petit coucou aux filles qui nous prennent en photo. L'ambiance dans le peloton est surtout à la rigolade, c'est vrai que les choses sérieuses commencent bien plus loin. Jusqu'à Buc seule une belle petite côte nous attend juste avant de redescendre dans la bourgade qui abrite le premier ravitaillement.
Le premier piège dans lequel il ne faut pas tomber c'est de partir vite. Le parcours s'y prête, on est euphorique, tout va bien et on peut s'emballer sauf que la route est longue.
J'ai laissé derrière moi Joseph et Marc, je ne sais pas où est Vincent, Philippe et Pascal doivent déjà être loin devant. Nous allons longer un golf puis passer devant le Vélodrome national de Saint-Quentin en Yvelines.
L'allure affiché par ma montre est de 5'52 au kilomètre. C'est moins rapide qu'en Normandie mais c'est trop compte tenu de ma préparation chaotique

Vers le 10 km ça va bouchonner un peu pour emprunter une passerelle. Là je n'étais pas très rassuré. D'abord je me retourne et ne vois pas mes amis, m'auraient-ils passé sans que je m'en aperçoive ? Mais le pire c'est cette passerelle qui tremble terriblement sous nos pieds et ses haubans qui laissent échapper un bruit inquiétant en vibrant, pas du tout rassurant tout ça et je ne suis pas le seul à le penser. Une fois de l'autre côté ça va mieux.
Nous traversons un quartier de la ville où quelques personnes nous encouragent. La traversée d'une large avenue bloquée par de gentils bénévoles fait klaxonner de nombreux automobilistes…
Retour dans la nature. Le parcours est agréable. Je fais le yoyo avec quelques concurrents dont une féminine au dossard 470, un monsieur et une dame aux couleurs de la Société générale. La dame court en five fingers et elle n'est pas la seule, chapeau car moi je ne pourrais pas ! Tiens, un bagnard s'est arrêté le temps d'enlever des rochers dans ses baskets ! J'arrive derrière la joëlette des dunes d'espoir, ils ont bien du courage, bravo ! Après une petite pause technique vers le 13e km, je me retrouve aux côtés du président de la SAM Paris 12, le club de l'ami Pascal. On papote un peu sur quelques kilométrés puis je le perds suite à une légère accélération pour dépasser un petit groupe. Une petite côte et j'arrive à Buc,  premier ravitaillement. Tout roule pour moi. Je fais le plein de mon bidon et je repars aussitôt pour cette seconde partie de course en direction de Meudon.

Buc-Meudon, on rentre dans le vif du sujet. 

Dès la sortie du ravitaillement une première difficulté arrive rapidement et ça va s’enchaîner. La fille au dossard 470 me repasse. Je tente de la suivre mais après 2 ou 3 km je la laisse partir, je suis en train de m'user. Même chose un peu plus loin avec les coureurs aux couleurs de la société générale. La moyenne affiché par mon GPS baisse un peu pour passer à 6'12 au kilomètre et désormais elle va baisser irrémédiablement. Vers le 32e km, une personne me double puis s'arrête au pied d'une butte pour un problème de pneu me dit-il. Je pense avoir reconnu The Pink Runner et c'est bien lui qui m'a fait gagner un dossard sur son blog pour le marathon de Senart. On fait connaissance vite fait avant qu'il ne continue son effort, je le remercie pour son cadeau et lui souhaite de réussir son objectif.
Quelques kilomètres plus loin, dans une nouvelle belle grimpette, je me rends compte que j'ai perdu pas mal d'eau. J'ai trop rempli rempli mon bidon et comme j'ai ajouté une pastille d'isostar, la pression est montée et l'a fait fuir. Là je suis mal ! J'ai le palpitant qui s'excite, je vais arriver en haut après avoir fait 3 pauses et Meudon est encore loin, à environ 9 km. Je dépasse la joëlette des pompiers à l'arrêt. Ils prennent certainement en charge un autre enfant, mais qu'est-ce qu'ils vont vite !
J'ai comme l'impression d'avoir déjà foulé les chemins qui nous accueillent désormais. Côté conditions de course, je trouve que nous avons de la chance. Pour moi la température est idéale et surtout, grâce à une semaine sans pluie, il n'y a pas de boue ce qui me convient parfaitement mais cela n'empêche pas que je suis au plus mal et que l'allure baisse de plus en plus.

Je m'aperçois que le président de la SAM Paris 12 est repassé devant moi et je ne l'ai pas vu. J'avais le nez dans les baskets et la musique dans les oreilles pour me remonter le moral. Mais la musique va vite me gonfler alors je vais tout couper rapidement. C'est peut-être grâce à quelques sms que je vais arriver enfin à Meudon ou Francine et Karine m'accueillent juste avant le ravitaillement. Elles me donnent quelques nouvelles des personnes déjà passées. Pour l'instant ça va bien pour tout le monde, pourvu que ça dure. Il se mérite ce ravitaillement de Meudon. Pour y arriver il faut grimper de nombreuses marches qui me paraissent interminables, heureusement que nous sommes bien encouragés.
Aussitôt arrivé aux tables, je me jette sur l'eau. De toute façon ce ravitaillement ne propose que de l'eau, ça tombe bien. Je vais quasiment boire 2 litres d'eau. Je refais le plein du bidon mais je ne vais pas mettre de pastille tout de suite. Je me suis fait avoir une fois, pas deux… Avant de quitter la zone ou il ne fait pas chaud, d'ailleurs ils sont nombreux à sortir la veste de leur sac, je retire vite fait les petits cailloux de mes chaussures avant de reprendre la course en direction de Chaville.

Meudon-Chaville : Une bonne dizaine de kilomètre plus faciles. 

J'ai beaucoup de mal à relancer la machine. J'en profite pour faire quelques photos de l'observatoire de Meudon ce qi permet à certains de me dépasser dont un lapin runner et ces 2 personnes de la Société Générale. Il va me falloir 2 bornes pour accuser le coup et me remettre à courir correctement. Le parcours est toujours agréable et je commence à reprendre confiance malgré les pieds qui tirent la sonnette d'alarme. Un rapide coup d’œil au chrono et je me rends compte que la moyenne se stabilise ce qui va me "rebooste". Je suis cependant incapable de faire des calculs et des prévisions. Ce tronçon va passer vite. Deux belles grimpettes je suis déjà au ravitaillement de Chaville juste après avoir fait une seconde pause technique. Je vais profiter de ce 3e ravitaillement pour faire l'appoint en eau de mon bidon. En quittant la zone en marchant, j'avale les 3 gâteaux salés pris vite fait et en même temps je sors la frontale du sac. La nuit ne va pas tarder à tomber, je préfère anticiper.

Chaville-Domaine national de Saint-Cloud

Je sais qu'une bonne douzaine de kilomètres me sépare du ravitaillement suivant et pour avoir fait le 50 km il y a 3 ans (qui emprunte cette même partie du parcours), je connais à peu près les pièges qui m'attendent.
La première arrivera vite après la sortie du ravitaillement de Chaville. Celle-ci fait mal mais comme le moral est revenu ça passe. La seconde arrive à la sortie de la ville pour rejoindre la forêt de Fausses-Reposes que je connais aussi pour avoir fait une fois la QBRC. Après il n'y a plus qu'à dérouler ! Enfin, c'est simple sur le papier encore faut-il le faire avec des muscles qui veulent que ça s'arrête et sans se casser la figure ce qui a failli m’arriver dans une petite descente.
La fatigue, la tête ailleurs et la luminosité qui baisse atténuent ma vigilance et tout aurait pu s’arrêter là. C'est ce qui est arrivé à une dame un peu plus loin, pourtant dans un chemin qui semblait inoffensif. Au 61e km, alors que j’étais en train de vider les poches de mon sac à la recherche de je ne sais quoi, une dame et un monsieur me dépassent mais la dame chute lourdement devant nous. Je range ce que j’ai dans les mains, j’allume ma frontale alors que le monsieur la relève. Je lui demande comment ça va et là elle fond en larmes. Elle ne répond à aucune question si bien que je repars avec l’idée de signaler cet incident au bénévole que je vois au bout du chemin, mais le monsieur qui l’a relevée a été plus rapide que moi.

Je continue donc ma route. Ce sont quelques trottoirs qui nous attendent après la forêt de Fausses-Reposes puis nous entrons dans le domaine national de Saint-Cloud. Je suis revenu sur les lapins-runners (monsieur accompagne madame pour la fin) et sur l’équipe de la Société générale.
Jusqu'au dernier ravitaillement qui se fait attendre je m’arrêterai deux fois pour boire un peu. J'ai vu apparaître ce ravito au dernier moment car les tentes cachent les lumières, je n’ai même pas vu les tapis de chronométrage.
Je me rends compte que l’organisation met à notre disposition de grands bidons d’isostar tout prêt il n’y a qu’à se servir. Je remplis ma gourde après avoir dévissé le bouchon pour faire un appel d'air afin que ça coule un peu plus vite au robinet. J’avale à nouveaux 3 tucs, je prends une photo puis je repars en regardant cette tour Eiffel qui semble être si près de moi.
A partir c'ici je sais que c'est gagné, quand on est là on va au bout. Je regarde aussi ma montre et je constate que j’en suis à 8 heures 16 de course. J’y crois pas, je regarde une seconde fois et je me dis que je peux être sous les 10 heures si j’arrive à me surpasser et là le moral revient au beau fixe.

Objectif tour Eiffel !

Je sais que ce n’est pas la partie la plus belle du parcours. Nous allons longer la Seine avec les péniches d’un côté et les voitures de l’autre ; Finalement pas trop de circulation et quelques automobilistes un peu curieux et amusés vont faire passer le temps rapidement. Je reste derrière un groupe de 3 coureurs et d'une fille. Dans le parc de l’ile Saint germain il me faut faire une nouvelle pause technique, après ce sera les trottoirs d’Issy les Moulineaux et l’entrée dans Paris.
Tout se passe bien, les jambes sont lourdes mais hâte d'arriver. Le pont du périphérique passé nous sommes désormais tranquilles, plus de voitures. J’arrive à la hauteur d’un jeune coureur que j’encourage. Habitué aux courses en montagne il n’est pas habitué à courir autant. Il connaît un peu la capitale mais ne sais pas trop où on va nous faire passer. Nous allons terminer ensemble accompagné par un vent glacial.
On se prend des flashs dans les yeux, merci les phtotgraphes Maindru ! Quasiment au bout de l’ile aux Cygnes une personne m’interpelle, c’est Francine qui veut courir un peu avec nous, vu son état je lui déconseille vivement. On papote vite fait, me dit que seuls le mari de Karine et Pascal sont passés, où est Pinpin ?

Je la laisse, elle m’encourage et me félicite, c’est super sympa. On remonte sur le pont de Bir Hakeim puis on redescend sur les quais. La dame de fer se dévoile, les frissons commencent à m’envahir. Quelques marches sous de nombreux "Bravo", des bénévoles bloquent la circulation pour nous faire traverser le quai Branly, on y est !
Je félicite déjà mon dernier compagnon de route car il va grimper plus vite que moi et je veux en profiter un max.
Nous passons sur un podium sur lequel un écran géant affiche les noms des coureurs qui ont terminé. A cet endroit il y a pas mal de spectateurs, certainement des personnes qui attendent des proches.
Encore quelques mètres sous des applaudissements, à nouveau un flash dans la tronche puis on me remet un ticket, palpe mon sac et les escaliers se dessinent. Je ne suis jamais monté sur cette majestueuse tour à cause des queues interminables de touristes qui m’ont toujours fait reculer. Là elle s’offre, je veux savourer, prendre mon temps mais c’est passé vite, 7 minutes pour gravir les 57 mètres qui séparent le premier étage du sol puis un tapis rouge apparaît. Je passe la ligne en trottinant et en remerciant le ciel de m'avoir donné la force d'aller au bout. Je ne peux pas n’empêcher de prendre en photo le petit écran de contrôle qui égraine les noms des finishers. Jamais je n’aurai imaginé arriver si tôt au bout de cet effort.
Je suis sur un nuage et je vais redescendre par les escaliers pour en profiter encore. Pascal me signale qu'il est sous la tente en train de boire une bière. Je m'y rends mais en chemin je demande aux secouristes que je croise où est leur chef, un de nos collègues est en effet responsable du dispositif de sécurité sur la course.

Pascal et Emmanuel Gault
Je récupère mon sac aux camions, félicite Philippe (The Pink Runner) qui est arrivé devant moi puis je file avaler un bon repas. Je croise vite fait Karine qui est super fière de son mari.  Il a réussi son objectif et un bien joli chrono qui me laisse rêveur. C'est par hasard sous la tente que nous allons retrouver notre collègue et boire un verre tous ensemble. Nous avons réussi à prendre une photo du vainqueur super sympa aux côtés de l'ami Pascal. Mon pote est très content de sa prestation surtout que sa douleur à la cuise l'a laissé tranquille. Nous aurons le temps de féliciter Vincent et Joseph avant de quitter les lieux, tous très satisfaits de leur course

Une très belle journée que je dois à Mickaël de Runners-World que je remercie encore une fois du fond du cœur.
Un grand merci aux organisateurs de cette belle course, aux supers bénévoles qui ont été très gentils sur tout le parcours.

Quelques déchets vu sur le parcours mais les forêts traversées, très proches de la capitale, sont très visitées que ce soit par des personnes qui se baladent comme par d'autres sportifs. Les coureurs ne sont pas tous responsables mais c'est toujours ça de trop. Ca coûte quoi de garder avec soi un emballage vide et le jeter au ravitaillement suivant ?

Enfin, je tiens à féliciter tous mes amis présents sur cet ecotrail quelque soit la distance. Bon rétablissement à celles et ceux qui ce sont blessés.
Je reviendrai un jour, si le prix n'augmente pas trop...



La trace de mon GPS :

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Une vidéo de la Team Asics Trail : Emmanuel Gault le vainqueur du 80 km et sa compagne Sylvaine Cussot seconde chez les filles





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mardi 10 février 2015

Foulées de Vincennes (94), 10 km populaire le 08/02/2015

Foulées de Vincennes 2015 



Comment se retrouver sur une course de 10 km une semaine après un trail boueux de 34 bornes
Tout simplement en ayant accepté l'invitation de Gaïd, une collègue a qui j'ai proposé l'année dernière d'accompagner sur une course parisienne. Elle a trouvé cette manifestation où une autre collègue est aussi engagée. Delphine, qui prépare son premier semi-marathon, celui de Rambouillet début mars, s'alignera au départ de cette compétition aux côtés de son mari. Gaïd a aussi réussi à motiver quelques-uns de ses amis. Certains seront sur le 10 km populaire et d'autres sur le 5 km. Au programme de la matinée ; un 10 km élite qui partira à 9 h 15, un 10 km populaire et un 5 km qui partiront à 11 heures sans oublier des courses pour les enfants. 

Ce sera ma première participation officielle a cette course de masse qui attire chaque année une foule de plus en plus importante. Ce sont pas loin de 7000 coureurs qui sont annoncés sur l'ensemble des épreuves de la matinée. 

Il est à peine 10 heures quand Gaïd et moi arrivons sur le village de la course. Avant d'aller retirer notre dossard nous assistons à l'arrivée des élites qui auront mis un peu plus de 31 minutes pour boucler ces 10 km. Notre dossard en main, nous retirons le t-shirt qui est offert en cadeau. Gaïd regrette que toutes les tailles ne soient plus disponibles pour les filles ce qui arrive malheureusement souvent. 
C'est qu'il nous reste pas mal de temps à attendre. On fait un tour du village pour bien repérer les lieux et malgré la grisaille l’ambiance est plutôt sympa sauf qu'il faudra nous changer en extérieur. Pas de salle pour se mettre au chaud à part une petite tente pour les homme et une pour les femmes.



Pour éviter de faire la queue on dépose rapidement nos sacs. Désormais nous partons à la recherche de Delphine et des amis de Gaïd. Quand on se retrouve tous ensemble nous sommes à 15 minutes du départ. Quelques photos et nous rejoignons l'allée où il semble y avoir moins de monde.
Cette course a la particularité d'avoir 2 lignes de départ, une de chaque côté du cours Marigny. On se souhaite bonne course et l'aventure commence sous un soleil qui se montre enfin mais pas pour longtemps.


La foule est dense et le sera encore plus après 200 m, quand nous tournons à gauche. Nous nous retrouvons avec les coureurs partis de l'autre côté de l'avenue. Même si la rue est assez large à cet endroit, il n'est pas facile de se frayer un chemin. Le pire est que la chaussée va se rétrécir 400m plus loin quand nous changeons de direction de nouveau sur la gauche. Il faut 2 kilomètres pour que ça se fluidifie un peu. C'est là que 3 jeunes déguisés nous dépassent musique à fond. Un peu plus loin, vers le 3e km Pascal, en balade dans le coin, va faire quelques foulées en notre compagnie.
Vers le 4e km Delphine et son mari nous dépassent. Elle a pour objectif d'approcher au plus près des 55 minutes, elle est en bonne voie mais il reste encore 6 kilomètres... De notre côté l'allure se rapproche petit à petit des 10 km/h. Quand nous revenons dans Vincennes les parcours du 5 et du 10 km se séparent mais une concurrente du 5 km n'a visiblement pas vu le marquage au sol ni entendu les consignes des signaleurs et s'est trompée, demi-tour !!














Nous zappons le ravitaillement et Gaïd assure un max malgré le manque d’entraînement. On prend même le temps de papoter un peu de temps en temps mais je ne veux pas la gêner dans sa progression. 
Les kilomètres défilent vite. Au 7e, un des jeunes déguisés n'en peut plus et s'arrête, ses compagnons l'attendent, nous les passons. Nous sommes sur la partie du parcours la plus désagréable, l'avenue de Nogent qui n'est pas fermée à la circulation mais cela ne nous empêche pas d'élever un peu le rythme. Nous nous mettons alors à doubler pas mal de concurrents. 
Un petit coucou aux photographes de photorunning  et il ne reste quasiment plus que 1400 mètres à faire. Ca commence à être dur mais la ville est en vue, dernier virage, dernière ligne droite, j'encourage Gaîd qui passe la ligne en un peu plus de 58 minutes. C'est un peu loin de sa belle performance de juin dernier mais sans entraînement c'est quand même pas mal pour un mois de février. 


Nous retrouvons tous nos amis visiblement satisfaits et prêts à remettre ça prochainement. De mon côté, une petite douleur à la cuisse depuis le trail des marcassins qui s'est un peu réveillé sur la fin de course, ce sera quelques jours de repos. 


Un grand bravo à Delphine et bonne chance pour le semi de Rambouillet. Grand bravo aussi à Gaïd ainsi qu'à tous ses amis dont j'ai oublié quelques prénoms, je m'en excuse. 
On remet ça quand vous voulez (en fonction des disponibilités).
Bravo à tous les participants, adultes comme enfants et merci à l'organisation et à tous les bénévoles. Un seul petit regret, pas d'échauffement en musique avant le 10 km populaire pour une ambiance encore meilleure. 
A ce jour, prochaine épreuve, la Transju'trail 72 km dans le Jura début juin. 


Trace de mon GPS :


 Photos :



 Par Hubert Leclercq
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mardi 3 février 2015

2015 02 01 - 34 km Trail des marcassins (95)

C'est à une vingtaine de kilomètres au nord de Paris, à Saint Brice Sous forêt pour être précis, que les traileurs se sont donnés rendez-vous ce 01 février 2015 pour le trail des marcassins.
Un 34 km départ à 9h15, un 17 km à 9h45 et une marche nordique à 9h50 sont au programme de la matinée.
Depuis la disparition de l'Ice Trail qui se déroulait non loin de là, à peu près à la même période, c'est la première épreuve nature d'une trentaine de kilomètres organisée dans la région, un test pour les futurs participants à l'eco-Trail de Paris notamment.

Après les 82 km du tour du canton début décembre, je me suis bien reposé pour reprendre en janvier. Ce sera ma première course de l'année. Pour le coup l'ami Pascal s'est aussi inscrit et il y retrouvera quelques-uns de ses camarades de club.
Florian, le fils d'un collègue qui m'avait accompagné en novembre dernier aux Flambeaux, sera là aussi en compagnie de Karine tous deux sur la plus longue distance et de Christelle en mode supportrice.

En quittant la maison nous constatons que le ciel semble être dégagé mais avec le jour qui se lève c'est malheureusement la grisaille qui se profile. Il fais bien frais quand nous laissons la voiture sur le parking du supermarché, pourvu qu'elle redémarre après la course...
Ce parking sera aussi le point de départ de cette aventure.
Nous trouvons le village de la course après avoir tournicoté un peu. Le dossard en main nous saluons Florian, Karine et Christelle qui viennent d'arriver.













On fait un petit tour rapide du coin pour voir à quoi ressemble les vestiaires, finalement on se changera et on laissera nos affaires à la voiture.
En chemin nous croisons les coureurs de la SAM Paris qui seront au départ du 34 km. Nous les saluons puis nous filons nous changer, nous avons une quarantaine de minutes devant nous.

Ca commence mal pour moi. Déjà je n'ai pas envie de courir et en plus ma montre est bloquée et refuse de se mettre en marche. Je ne sais plus comment on fait un reset de ce GPS. Après m'être énervé sur toutes les combinaisons possibles il redémarre enfin.
Pascal salue les autres membres de son club qui s'aligneront au départ du 17 km. Quelques photos, quelques foulées pour se réchauffer puis nous rejoignons le reste du troupeau..
Je me retrouve quasiment en queue de peloton quand tout ce petit monde s'élance sans même un coup de feu ou un coup de sifflet, je mets le chrono en marche.
Quelques centaines de mètres puis nous quittons le bitume pour un chemin où tout le monde tente d'éviter les flaques d'eau puis nous entrons dans la forêt, dans le vif du sujet et affronter ce qui va devenir le cauchemar de la matinée, la boue.
Certaines personnes font de gros détours pour éviter les flaques d'eau mais en fait c'est là que ça glisse le moins et puis j'ai des chaussettes étanches, ça rafraîchit les pieds mais il restent au sec.
Dans les pentes il n'y a pas ces flaques d'eau mais c'est holiday on ice tellement le sol est détrempé souvent recouvert d'une belle couche de boue. Cette gadoue qui s’agglutine sur les chaussures alourdit considérablement chaque foulée, on y perd beaucoup d'énergie, un calvaire.
Après 3 bornes on se retrouve sur un single où ça monte légèrement. On commence à marcher alors que ces petites bosses ne sont pas si terribles que ça. Pas d'affolement, ce n'est que le début. Je suis le mouvement même si en certains endroits il serait possible de doubler.
Chacun tente de trouver la meilleure trace possible pour trouver de bons appuis mais vers le 7e km, au moment où je dépasse la collègue de club de Pascal, une belle descente bien raide, bien glissante se présente. Elle n'est pas facilement négociable, même sur les côtés on ne peut as progresser. Je la descends en essayent de m'accrocher aux branches, je manque de m'étaler à plusieurs reprises mais j'arrive quand même en bas sain et sauf.

Un peu plus loin je me retrouve avec des coureurs en face de moi ? Me serais-je trompé quelque part ? En fait, à l'intersection qui se trouve entre moi et eux, je vais tourner sur la droite et eux descendront à gauche. Au second passage, parce qu'en fait on a 2 tours à faire, il n'y aura même plus de bénévole, je suis persuadé que certains auront été tenté de de prendre une autre direction...
Vers le 12e km nous contournons le fort de Domont, ancien bâtisse militaire transformée en centre de formation en incendie qui semble être gardé par de gros chiens qui aboient.

C'est là que Florian me dépasse. Je le pensais loin devant. Pour son second trail il est gâté…
Un peu plus loin, vers le 14e kilomètre, dans une descente sinueuse entre des arches et des branchages un coureur me double prenant beaucoup de risque, puis un second. C'est la tête de course du 17 km qui s'est élancé 30 minutes après nous.
Vu les conditions de course, c'est prendre beaucoup de risque pour pas grand-chose, enfin, chacun fait ce qu'il veut.
Encore une belle bosse à franchir et ce premier tour va bientôt se terminer. J'en suis à me demander si je continue ou pas. Ca m'a amusé un peu au début mais galérer dans une telle bouillasse n'est plus un plaisir. Je suis usé par tous ces appuis fuyants, ces pieds lourds de boue collante si bien que ma montre affiche presque 2 heures pour ces 16 premiers kilomètres.
Arrive l'intersection où on nous annonce que les dossards rouges du 17 km vont tout droit les autres à droite et là, et bien je vire à droite.
Et c'est reparti pour un tour ! Et ça commence par une petite grimpette. Je tente de progresser dans les bois pour éviter cette montée très glissante mais en fait le sol est très mou et les branchages trop importants pour pouvoir évoluer correctement, je me rabats sur le chemin. J'ai l'impression d'avancer en reculant, je n'ai aucune accroche, pourtant elle n'est pas bien méchante cette côte. J'arrive au sommet et je me dis dans ma tête que j'aurais vraiment dû mettre le clignotant tout à l'heure. Maintenant c'est trop tard.

Au ravitaillement que je zappe, Christelle m'encourage, j'espère qu'elle n'a pas trop froid. Elle est vraiment très courageuse d'être resté sur le bord du parcours à nous voir passer, chapeau et merci !
Là je fait une petite erreur, j'aurais dû faire le plein de mon bidon car sur la fin j'aurais bien aimé boire un peu plus. J'étais persuadé d'en avoir peu consommé sur la première boucle.

Le peloton s'est bien étiré. Je me retrouve souvent seul. Entre le 20e et le 21e km je m'arrête pour prendre quelques photos et récupérer un peu. Une féminine à la veste fuchsia que j'avais doublée vers le 14e me repasse. Je vais faire le yoyo avec elle jusqu'au 28e où elle s'arrête pour faire une pause; je l'encourage, je lui dis qu'il ne reste plus de 6 bornes... Cet arrêt lui aura permis de bien récupérer car un peu plus loin et va me mettre un vent terrible, je ne la reverrai plus.
Entre temps, dans un virage en devers, une glissage m'oblige à mettre un genou au sol, j'évite le pire. A l'intersection suivante, les secours sont au chevet d'un coureur assis, protégé par une couverture de survie. J'arrive ensuite dans la pire descente du parcours que je ne sais comment aborder. En plein milieu les secouristes doivent brancarder là où se trouvent de belles ornières et de la boue en grande quantité. Ils ont laissé le quad en bas et ils semblent embarrassés. Je leur propose mon aide mais il la décline et m'affirment que ça va aller, ce n'est pas grave.

Je me retrouve enfin en bas sans être tombé, une chance. Je continue sans grande envie mais je dois aller au bout. Heureusement j'approche du fort de Domont. C'est pour moi la partie la plus agréable du parcours. Je dépasse des randonneurs certainement des participants à la marche nordique qui ont la gentillesse de s'écarter pour me laisser passer, je les remercie.
J'ai 2 coureurs et une fille à une trentaine de mètres devant moi, je ne cherche pas à les rattraper mais où mettre les pieds pour ne pas aller au tapis et puis je dois faire une petite pause technique.
Vers le 30e km je vais dépasser une féminine que je n'ai pas reconnu, c'était Karine…
Un peu plus loin, au pied de la dernière côte un coureur est assis sur un tronc d'arbre, un peu pâlichon. Il me dit que ça ira mieux après s'être reposé un instant. Je lui propose une barre de céréales qu'il accepte volontiers.

Cette dernière difficulté surmontée tant bien que mal, je sais que le plus dur est fait. Je dépasse un, puis deux, puis trois et un quatrième coureur. Virage à droite, il reste à ma montre 1600 mètres si la distance annoncée est correcte ce qui est confirmé par les gentils signaleurs.
A 500 mètres du but un coureur dépassé vers le 21e alors qu'il semblait être dans le dur me met un second vent. C'est la journée des courants d'air ! Impossible de le suivre, il est trop rapide..

L'arche est enfin en vue, je passe l'arrivée en oubliant d'arrêter mon chrono. On me remet la jolie médaille, un sac contenant une boisson de récupération d'un partenaire et quelques pubs, et un ticket pour un sandwich.
Quelques photos et je retrouve Christelle et Pascal transis de froid. Pascal a fait un super chrono, Christelle attend sa sœur et me dit que Florian est arrivé une dizaine de minutes avant moi et qu'il est sous la douche.
On ne s’attarde pas. Le sandwich en main direction la voiture, on se change vite fait puis on rentre à la maison, heureusement la voiture a démarré…

Une course qui a la réputation d'être difficile et elle l'a été. J'en ai bien bavé mais on a pris un bon bol d'air pour bien démarrer la semaine. Merci à l'organisation et à tous les bénévoles qui ont eu bien du courage avec ces températures hivernales. Un parcours très sinueux qui m'a vite déboussolé mais comme l'ami Pascal, je préférais l'Ice Trail.
Bravo à tous les participants, surtout aux amis qui sont allés au bout, fallait en vouloir !

Prochain rendez-vous la semaine prochaine pour un 10 km à Vincennes avec des collègues, après plus rien avant juin !



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jeudi 11 décembre 2014

2014 12 06 - Trail du tour du Canton (82 km)

TTC : Trail du Tour du Canton 2014

Le club cycliste de Beuzeville La Grernier, petite commune normande d'un peu plus de 1000 habitants de la Seine-Maritime, pas très loin du Havre, organise la 7e édition du trail du tour du canton. Une manifestation pédestre qui va nous faire tourner autour de Bolbec, chef lieu de canton et dont le but est de récolter des fonds pour le Telethon, l'intégralité des inscriptions étant reversées à la cause.
Plusieurs épreuves au programme, un trail de 82 km en individuel ou en run and bike avec 1290 m de dénivelé positif et 2 points pour l'UTMB, un 42 km individuel ou en run & bike, un 24 km course ou marche, bref, il y en a pour tous les goûts.

Pourquoi ce trail est une question qui revient souvent. Parce que des amis l'ont fait et que leur récit m'avait donné l'envie de venir. Parce que faire la Saintélyon avec la neige, le verglas et des températures extrêmes deux années de suite ras le bol. Enfin, parce que je pensais pouvoir aller rendre visite à ma maman après la course. La vallée de la Bresle (la glass vallée) n'étant qu'à une petite heure de route de Bolbec.
Quand j'ai annoncé mon intention de participer à cette course sur Facebook plusieurs personnes semblaient intéressés par le covoiturage mais au final il n'y aura que mon neveu Samuel qui répondra présent.

Grosse frayeur la veille du départ. A 17 heures, sur le point de quitter le boulot, mon portable sonne. Je me dis que c'est encore de la pub mais je décroche quand même. Alors que j'étais prêt à envoyer sur les roses cette personne il s'avère que c'est l'hôtel que j'ai réservé par internet depuis plusieurs mois qui m'annonce que l'établissement est fermé.
Super, on fait comment ? La dame me propose deux autres établissements mais ils sont un peu loin du lieu de la course. Elle me dit se renseigner et me rappelle 30 minutes plus tard pour m'annoncer de bonnes nouvelles : un hôtel partenaire de la course a encore une chambre, ce sera plus proche et moins cher, merci m'dame !

Vendredi, 13h30, direction l'Essonne pour prendre Samuel. La traversée de Paris est un peu difficile mais après ça roule ! Trajet sans encombre à papoter course à pied, je n'ai pas vu le temps passer. J'ai pris la première sortie vers le pont de Tancarville sur l'A13 et n'ai pas suivi mon gps. Du coup on s'est tapé quelques routes de campagne sous un ciel gris avec quelques gouttes de pluie mais on a pas trop perdu de temps si bien qu'aux environs de 16h40 nous sommes dans notre chambre.
On dépose nos affaires puis on part retirer notre dossard à la salle B. Legros, juste à côté du stade de Beuzeville-la-Grenier.

L'accueil est chaleureux et tout se passe vite et bien : présentation du certificat médical, contrôle du sac et du matériel obligatoire, remise du dossard chasuble jaune fluo portant le N° 85. Faut dire qu'il n'y a pas encore grand monde dans la salle. 
En attendant l'arrivée d'un collègue de Samuel et de sa petite famille, je pars à la recherche d'une bouteille d'eau ce qui va me permettre de découvrir un peu le village même si de nuit, je ne me rends pas bien compte. Je constate que des tentes sont en train d'être montées sur la place du village, ici le téléthon c'est l'affaire de tous !

Olivier et sa famille arrivent peu après mon retour à la salle où il n'est pas facile d'avoir du réseau pour se connecter à internet avec nos téléphones. Olivier participera à son premier marathon et pour cela il n'a pas choisi le plus facile. Nous nous retrouvons tous un peu plus tard au centre de Bolbec, dans l'hôtel-restaurant qui héberge Olivier's family pour déguster une bonne assiette de pâtes avant d'aller au lit. Nous constatons que nous ne sommes pas les seuls coureurs à dîner dans cet établissement.
En reprenant la voiture on se rend compte que la place du centre ville est un peu mouillée, aurons-nous bien demain le soleil annoncé par les prévisionnistes ?
Je suis au lit à 21h40 et m'endormirai assez rapidement après un denier coup de fil. C'était l'opérateur internet auprès de qui j'avais réservé la chambre qui souhaitait savoir si j'ai bien trouvé une solution, Il est temps...

4H10, tout le monde debout ! Faut être fou pour se lever de si bonne heure un week-end !
Tout comme Samuel j'ai bien dormi. Une douche, on s'habille et on file prendre un bon petit déjeuner. 5H20, on a réglé la chambre et on constate qu'il fait bien frais dehors, les vitres de la voiture sont givrées. 10 minutes plus tard nous sommes garés à proximité de la salle, c'est un avantage pour les coureurs de la longue distance. Samuel dépose un sac que l'organisation emportera à Bolbec, point de ravitaillement de la mi-course. Il pourra se changer et y laisser ce dont il n'a plus besoin. Moi je ne laisse qu'un sac à la salle de Beuzeville avec des affaires propres et le nécessaire pour prendre une douche après l'épreuve.

Photo du départ par l'organisation
A quelques minutes du départ, on se dirige en convoi au centre du village. On y retrouve nos voisins de table de la veille. Monsieur est en tenue, madame est supportrice. 
Je souhaite bonne course à Samuel et le départ est donné après le décompte des 5 dernières secondes. Le Chrono est en marche, c'est parti.
Samuel s'envole déjà vers les avants-postes alors que moi ce sera l'arrière-train !
Je n'ai pas d'objectif particulier si ce n'est de terminer sans bobo cette dernière course de l'année pour ce qui me concerne. Dans ma tête je compte mettre dans les 11h00/11h30 après, sur une telle distance il peut s'en passer des choses, je ferai ce que je pourrai...
Le petit peloton, puisque le nombre de coureurs est limité à 160 et que nous sommes 130 à partir cette année, s'étire doucement dans le calme de cette fin de nuit où quelques gros nuages masquent de temps en temps la lune.
Après un bon kilomètre on se retrouve sur le premier chemin mais pas pour longtemps car nous allons retrouver assez rapidement le bitume et ça va s'alterner comme cela assez souvent avec quand même une présence plus importante du macadam.
Ces premiers chemins vont donner une idée de ce que vont être les autres sentiers, un peu de boue et de belles flaques d'eau, rien de bien méchant tout comme le dénivelé qui ne présente aucune difficulté jusqu'au 6e km où nous entrons dans la première zone boisée. C'est ici qu'on trouve la première grimpette. Deux photographes s'y trouvent dont un qui va me flasher. Pour m'économiser je progresse en marchant, d'ailleurs tout le monde fait la même chose.

C'est en compagnie du coureur portant le numéro de dossard qui suit le mien (le N° 86) que j'arrive au premier ravitaillement. Je reconnais sa supportrice, c'est le couple du restaurant d'hier soir.
Il me dit qu'on a mis 1h13 pour parcourir les 13 premiers kilomètres. Je n'ai pas de calculatrice dans la tête mais je sais que c'est trop rapide pour moi. Ce qui se bouscule dans ma tête c'est le fait de ne pas être allé aux toilettes ce matin, ça me tracasse mais pour l'instant tout va bien.

A l'entrée de ce premier ravitaillement nous sommes pointés mais je ne rentre pas dans la salle, je zappe ces premières tables par contre je commence à boire l'isostar de mon bidon.

Je suis derrière un groupe qui semble plus rapide que moi, je n’essaie même pas de les suivre. Le jour se lève doucement, bientôt je ne vais plus avoir besoin de la frontale. 
Un peu plus loin, sur un long chemin en ligne droite, une énorme flaque d'eau occupe toute la largeur, on arrive à passer sur le côté mais je fais attention de ne pas glisser, même si j'ai des chaussettes étanches, je ne connais pas la profondeur de cette marre et n'ai pas envie d'avoir les pieds noyés.
Kilomètre 18, nous devons traverser une pâture dont l'entrée est très imbibée d'eau, un vrai marécage. Heureusement que j'ai de bonnes chaussettes !
Deux kilomètres plus loin, un coureur qui m'avait dépassé peu de temps avant refuse d'obéir aux directives d'un bénévole qui lui demande de s'arrêter pour laisser passer une voiture. Un comportement inacceptable, heureusement que l'automobiliste s'est arrêté.
Ce coureur n'a pas lu l'article 13 du règlement et tout ça pour s'arrêter 3 kilométrés plus loin pour se soulager en pleine nature...
21e km, nous traversons un petit village ou l'accompagnatrice du coureur 86 nous encourage. Son poulain s'est arrêté au premier ravitaillement, il est derrière moi. 
Les portions de bitume sont importantes et je commence à me demander si je suis bien sur un trail.
24e km, nous traversons une ferme où des vaches nous regardent passer, que peuvent-lles bien penser de nous ? Le village qui suit, au kilomètre 26, est le second point de contrôle et second ravitaillement.
Je suis vigilant car certaines portions de la route sont très glissantes. Je m'arrête pour faire l'appoint d'eau dans mon bidon, je bois un gobelet d'eau, j'avale un gâteau salé et je repars après avoir remercié tous les bénévoles.
Quelques centaines de mètres plus loin je me demande si j'aurais pas mieux fait d'aller aux toilettes. Je le sens pas bien. Je fais demi-tour ou pas ? 
Trop tard, je ne fais pas demi-tour, pas envie de faire des kilomètres en plus, j'irai au prochain ravitaillement.
Un coup d'œil au chrono et je constate que je suis trop rapide avec une moyenne sous les 6 minutes au kilo, je vais exploser et vais souffrir pour terminer, si j'arrive à aller au bout.

Le parcours est agréable surtout que le soleil est bien présent et nous réchauffe un peu car le fond de l'air est quand même frais.

Si je ne me trompe pas, vers le 31e km un photographe de normandiecourseapied.com nous immortalise. Au bout du chemin se trouve la dame du coureur 86 et heureusement qu'elle était là pour me donner la bonne direction.
On se rapproche de Bolbec et de son ravitaillement en centre ville. Avant d'y arriver nous aurons droit à un passage agréable dans un bois, à la limite des champs et ça se termine par une belle descente. Les premières maisons sont là, enfin pour l'instant c'est la station d’épuration, quelques usines. Nous remontons sur les hauteurs de la ville où, de temps en temps, nous avons une vue plongeante sur la cité.
37e km, j'entre dans le centre ville de Bolbec, je passe à côté de la place où nous avons mangé la veille puis j’enchaîne la rue piétonne où, au bout, au pied de l'église, se trouve le 3e ravitaillement et point de contrôle. J'ai droit à quelques bravo ! courage ! ça fait plaisir.
Ces tables sont sous des tentes, visiblement pas de toilette ici. Je retire mon sac pour remettre des pastilles d'isostar dans mon bidon, faire le plein sans oublier de mettre la frontale dans mon sac.
Je mange un mini sandwich et je repars au moment où la première féminine entre sous la tente. Elle n'est pas loin derrière moi depuis le début. Je l'ai même souvent entendu jacter dernière moi.

C'est à partir de là que nous allons rencontrer les plus importantes difficultés et effectivement, pour sortir de la ville une première côte bétonnée, certes pas très longue mais bien raide, fait mal aux cuisses. Le parcours devient plus nature et boisé même si les portions de bitumes se succèdent toujours. 
Dans une première grimpette je vais entendre cette voix féminine qui m'informe que je vais bientôt être rattrapé, d'ailleurs ma moyenne baisse un peu et dans la côte suivante 3 coureurs me dépassent dont cette dame.
Je m'accroche à ce groupe, nous sommes sur un sentier forestier assez agréable du côté du 44e km.
Un monsieur aux couleurs de l'AC Veules viens à notre rencontre. Il est visiblement venu à la rencontre de l'athlète féminine et ça va se confirmer car il lui propose de la soulager de ses bâtons quand elle n'en a pas l'utilité. 
Personnellement j'en ai rien à faire mais si on emporte du matos, on s'en charge jusqu'au bout... 

Un peu plus loin, avant de sortir de la forêt, on entend de la musique au loin. Trop tôt pour un ravito, y aurait-il une fête dans le coin ? Non, il s'agit d'un cortège de tracteurs et remorques aux couleurs du téléthon qui circulent avec de nombreux passagers à bord.
Nous les croisons au début d'une longue portion bitumée sur laquelle je vais lâcher prise car j'ai un petit creux, une grosse soif et un gros coup de moins bien.
Je les vois s'éloigner doucement mais sûrement et personne dernière moi. Je me retrouve de plus en plus seul. Il me faut être vigilant pour bien suivre le balisage, ne pas me perdre devient une priorité. 
Je bois beaucoup, je bois énormément mais le 4e ravitaillement approche. Encore une belle grimpette où un concurrent me dépasse très à l'aise et le village est en vue. Nous y arrivons après avoir traversé un champ de maïs coupé récemment.

Beuzevillette, place du village, 15 minutes d'arrêt !
Avant de reprendre la route, je fais le plein de mon bidon, je mange un mini-sandwich au jambon et on me propose une soupe avec des pâtes que j'accepte. 
Pour profiter de tout ça je m'assois quelques instants. Avant de repartir je demande s'il y a des toilettes et on me répond par l'affirmative. On me dirige vers le fond de la cour de récréation, sous le préau.
Je repars léger et requinqué mais un kilomètre plus loin je vais faire une belle boulette. Au bout du chemin, sur une route, un panneau nous oriente vers la gauche mais je suis envoûté par l'entrée du château. Je vois la bâtisse au bout d'une allée fleurie et je me dis qu'on ne peut pas nous faire passer dans ce domaine. 
Je décide de prendre la route, mais 2 intersections plus loin plus de balisage. J'ai un gros doute et décide de faire demi-tour et là je vois au loin 2 concurrents entrer dans la cour du château.
Si j'avais bien fait attention j'aurais remarqué les flèches sur le sol qui se voient bien sur ma photo. Du coup 600 mètres de plus, comme si 82 km ne suffisaient pas.

La sortie du domaine est un chemin réparé avec des gravas. Entre les cailloux, les blocs de pierre, des morceaux de parpaings il faut faire attention, je déteste !
Puis on enchaîne avec un champ de patates fraîchement recouvert d'un bon fumier bien odorant et pas moyen d'y échapper, le bon parfum de la campagne !
Dans le village suivant, un bénévole me dit que je suis 44e. Je le remercie, comme j'ai remercié tous les bénévoles croisés jusqu'ici mais je vais bientôt passer 43e car le concurrent qui me précède a un petit coup de mou et bientôt 42e..
Vers le 58e kilomètre nous entrons dans un bois pour une très longue descente où il faut être prudent car le chemin caillouteux et recouvert d'une épaisse couche de feuilles mortes et on ne sait pas où on met les pieds. Le coureur qui me précède peste un peu en me disant qu'on pourrait profiter de cette pente favorable pour récupérer un peu mais que nenni, cette descente est un peu exigeante, les appuis sont fuyants, on s'use quelque peu. Je suis moins prudent que lui et je le dépasse. 
Deux bornes plus loin, alors que je suis sorti du bois, je ne vois plus de balisage. Je peste à mon tour, je me suis encore perdu. Je n'ai pourtant pas vu de chemin à gauche ou à droite et personne devant, personne derrière. J'hésite quelques minutes. Sur le point de faire demi-tour, le coureur dépassé auparavant apparaît, je pousse un grand Ouf de soulagement. Maintenant je vais faire attention, Pourtant je n'ai pas mis la musique, rien pour me déconcentrer. J'ai le casque sans fil sur les oreilles depuis le départ mais je ne l'utilise pas, au prochain arrêt, je le range dans le sac.
Peu avant le 62e km il nous faut traverser un petit ruisseau, les pieds doivent passer dans l'eau. Grâce à mes chaussettes je ne prends pas l'eau mais je sens bien la fraîcheur. A la sortie du village suivant on traverse une route assez fréquentée où des bénévoles arrêtent les véhicules puis on se retrouve dans un beau domaine, il s'agit de l'Abbaye du Valasse.

Notre parcours longe des bâtiments plus récents et un espace qui semble accueillir des spectacles puis, au bout du sentier, on rentre dans un beau bâtiment récent, 5e ravitaillement, point kilométrique 64.
Je refais le plein de mon bidon d'isostar sauf que les dernières pastilles sont coincées au fond du tube, je m'énerve. La dame me propose une soupe, que j'accepte volontiers. Je vais aussi avaler un nouveau petit sandwich au pâté et un coca. 

Je repars après avoir rangé mon casque dans le sac et après un passage rapide par les toilettes.
Je me retrouve juste derrière le coureur dépassé dans le précédente descente mais comme ça grimpe et qu'il y a un peu de circulation sur cette route, je marche derrière lui.
Il se retourne pour me demander comment ça va. Je lui répond que ça devient dur. Il me répond que pour lui aussi et il me propose de terminer ensemble en alternant marche quand ça monte, course quand on peut. J'accepte mais pourrais-je aller au bout ?
On fait connaissance, on papote et quand on se retrouve à une intersection, plus de marquage. On a oublié quelques chose. On fait demi-tour et cinquante mètres plus bas on retrouve le bon chemin. Encore 100 m de plus au compteur...
Les kilomètres défilent tranquillement en appliquant à la lettre sa technique sauf que, quand je suis devant, j'ai tendance à m'emballer et à le distancer alors je préfère rester en retrait. Je commence à sentir la présence d'une ampoule sous un orteil du pied droit, ça se corse. Pourquoi le pied droit et pas le gauche ? J'aimerais bien le savoir.

Au 4e ravitaillement (celui de Beuzevillette) j'ai entendu parler d'une grosse difficulté avant le dernier ravitaillement qui doit se trouver au 74e km. Jusque là rien du tout. Mon camarade en doute un peu mais ce qui est certain c'est qu'il nous faut passer, comme cela a été dit au briefing, sur une voie ferrée et vu son état elle doit être en service, je ne suis pas rassuré. 
Nous n'osons pas nous aventurer au milieu des rails ou le sol semble pourtant plus adapté pour courir que sur les côtés où nous marchons sur une bonne couche de cailloux, Je n'aime vraiment pas ce passage. Un concurrent n'a pas hésité à emprunter le centre de la voie et nous dépasse par contre il n'a pas vu que nous devions quitter cet endroit pour entrer dans les bois. Nous l'avons sifflé pour qu'il revienne sur le bon chemin, il nous remercie. 
Nous longerons à nouveau les rails un peu plus loin, c'est la seule solution qu'à trouvé l'organisation pour éviter de nous faire traverser une importante route nationale.

Mais où peu bien se cacher cette dernière grimpette ? Le dernier ravitaillement approche.
Nous la trouverons un peu plus loin, après avoir traversé un stade, km 71. Un petit raidillon pas très méchant mais j'ai du mal à repartir une fois en haut d'autant que le chemin n'est pas très praticable à cause de grosses ornières un peu boueuses.
Mon GPS affiche 74e km. Pas de ravitaillement à l’horizon, d'ailleurs pas de village ni de clocher en vue. Se présente alors une descente vertigineuse dans un pâturage. J’aperçois des tentes en bas, nous y sommes. C'est vrai que j'ai 800 à 900m mètres en plus au compteur à cause de mes erreurs de parcours.

Là, j'aimerais bien prendre un café, sauf qu'il n'y en a pas. On me propose un thé qu'on va me préparer gentiment. Pendant ce temps je fais l'appoint de mon bidon et mon camarade de route se renseigne sur ce qu'il reste à faire. Un bénévole nous indique un dernier "coup de cul", je me méfie. Par contre il nous précise que le chemin est très humide et glissant ce que nous remarquerons assez rapidement.
Quelques faux plats qui nous permettent de récupérer un peu puis le clocher de Beuzeville la Grenier se profile.
Un coup d’œil à la montre et je constate un temps incroyable. Je n'aurais jamais imaginé un tel chrono même s'il ne sera certainement pas sous les 10 heures.
Comme pour pas mal de coureurs présents aujourd'hui, mon camarade n'a comme seul objectif de termine quelque soit le chrono afin d'obtenir les deux points qui lui ouvrent les portes d'une épreuve de l'UTMB. 

Mais on ne retourne pas au village par le chemin le plus court, ça serait trop facile. Une dernière longue ligne droite, une petite cuvette à passer et nous entrerons dans le bourg sans profiter du concours équestre qui est organisé à quelques encablures de la salle. C'est dingue ce qu'arrive à faire cette petite bourgade pour cette belle cause qu'est le téléthon, chapeau !

Nous entrons dans le village sous de chaleureux applaudissements. Virage à gauche toute puis à droite.. mais la salle c'est tout droit !! non, non, vous faites le tour. Comme ils aiment nous en faire baver jusqu'au bout ces organisateurs !
Derniers virages sous les encouragements des personnes présentes, la salle est en vue, nous y entrons et passons la ligne main dans la main avec un chrono impensable de 9h58 et des poussières. Je suis sur une autre planète.
Je serai un peu déçu le lendemain en regardant les résultats officiels car ils m’ont ajouté plus d'une minutes. Cela ne va pas changer la face du monde ni m'empêcher de dormir mais c'est curieux cet énorme écart. D'habitude j'ai au max 5 à 6 secondes de différence avec le chrono officiel. Là, plus d'une minute ça me surprend un peu.


Je remercie Philippe de m'avoir boosté sur ces 18 derniers kilomètres puis je retrouve Samuel hyper content de sa prestation.
Il finit 3e au scratch avec un chrono de 7h29. Je m'en doutais qu'il allait s'éclater sur ce type de parcours.
Olivier est aussi finisher de son premier marathon-trail et pas des plus faciles. Grand bravo à lui quand on sait qu'il n'y a pas longtemps qu'il a commencé à courir. Ce qu'il a fait est énorme, peu l'aurait fait.
Une petite photo avec mon camarade de route puis je profite d'une petite bière avant d'aller à la douche.
Samuel ira se doucher à l'hôtel d'Olivier car à son arrivée les douches étaient froides. Une binouze pour arroser le podium de Samuel (un panaché pour moi car je dois prendre le volant) puis nous quittons Olivier et sa famille car il nous faut rentrer sur la capitale. 

Pour terminer, je suis hyper satisfait de la façon dont j'ai géré l'alimentation. Tout s'est super bien passé de ce côté là, c'est le gros point positif. Pas de bobo à part cette ampoule et une petite douleur dans le dos le lendemain certainement lié au sac, pour le reste nickel.
A noter que pour une fois je n'ai pas vu de déchet sur le sol. Bravo les gars. Il paraît que sur la Saintélyon c'était l'horreur.
Comme d'habitude, je vais remercier l'organisation de cette belle épreuve. Continuez comme ça, c'était parfait, c'était génial !
Un énorme merci aux bénévoles toujours aussi sympathiques qu'il faut respecter car sans eux il n'y aurait pas de course.
Un grand bravo à tous les coureurs et finishers dont Samuel qui m'a épaté sur cette course. Il aurait préféré un peu plus de chemins que de bitume mais il s'est fait plaisir quand même et il a fait une belle performance. Bravo champion. La famille est fière de toi !
Bravo aussi à Olivier qui a souffert mais terminé son premier "maratrail". Il n'a rien lâché et il l'a fait ! bravo aussi champion !

La trace de mon GPS


Mes photos


Le site de l'organisation où on trouve des photos, des vidéos et toutes les infos sur la course : http://ccpbeuzevillais.fr


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