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mercredi 28 mai 2014

Marathon de la baie du Mont Saint-Michel - 17e édition du 25/05/2014

Le marathon de la baie du Mont Saint-Michel


Visiter l'un des plus beaux sites de France et sa région ça ne se refuse pas d'autant que je n'avais jamais vu le mont Saint-Michel si ce n'est une fois de loin. Alors quand Stéphane m'a demandé si j'étais intéressé par le marathon de la baie du mont Saint-Michel j'ai tout de suite dit oui.
Côté intendance, c'est un ami à Stéphane membre d'un club de la région du Mans qui s'occupe de la réservation d'un mobile-home pour tout le club et pour Stéphane, Georges, moi et nos épouses.

Par manque d'entrainement Georges ne sera pas des nôtres et comme les prévisions météos sont si mauvaises depuis plusieurs jours, ma femme renonce à faire ce voyage si bien qu'à 7 heures ce vendredi 23 mai, après son service, Stéphane et moi partons ensemble en direction de son domicile à Cerans-Foulletourte dans la Sarthe.
C'est la pluie qui va nous accueillir au Mans. Un petit tour du circuit des 24 heures où c'est l'effervescence car l'épreuve se déroulera dans quelques semaines me permet de découvrir la longue ligne droite des Hunaudières et les impressionnantes installations de sécurité en cours de montage.

Une fois arrivé, en attendant la fin des cours de ses enfants et que son épouse Séverine quitte son travail, Stéphane me fait visiter son village, sa caserne, l'exploitation agricole d'un pote et on en profite aussi pour faire quelques courses. Après avoir déjeuné, les valises faites, il est un peu plus de 14h30 quand nous prenons la route pour rejoindre la Normandie. Une petite visite rapide de la ville du Mans et sur l'autoroute je vais faire une petite sieste. A mon réveil, je serai le copilote jusqu'au camping le Saint-Michel à Courtils (8 km du Mont) où nous arrivons vers 18 heures accueillis par Bruno et son épouse Catherine, les amis de Stéphane.













Une fois installé dans un beau mobile-home, une autre couple de Cerans-Foulletourte nous rejoins pour le dîner. 5 marathoniens sur 7 personnes à table ça parle obligatoirement course à pied mais pas question de faire nuit blanche car le programme du samedi est chargé.
Le samedi matin 10h00, direction Saint-Malo où nous devons retirer notre dossard. C'est l'occasion de faire un peu de tourisme en passant par Cancale, la pointe du Grouin (point de départ de la route du rhum), le fort Du Guesclin et la côte d'émeraude, magnifique !! Jusque là pas de pluie. En arrivant à Saint-Malo, les nuages sont plus nombreux. Un petit tour dans le "village" et une fois le dossard et le beau tee-shirt en main, direction la vieille ville pour une petite balade sur les remparts.














14 heures, retour au camping pour grignoter un peu, c'est qu'un sportif doit manger... Heureusement Stéphane nous a préparé de très bonnes lasagnes même q'il a oublié quelques ingrédients.
Bruno et Catherine sont déjà à table mais ils vont venir nous tenir compagnie. Pendant ce temps là, de belles averses nous tombent dessus, ça promet pour la visite du mont prévue après le repas.

16H20, nous sommes sur le parking du Mont Saint-Michel, c'est parti pour une visite rapide où nous aurons à gravir près de 320 marches (dixit le guide) pour atteindre l'abbaye. Un site merveilleux à voir absolument !! Je n'ai pas pensé à prendre une batterie de rechange pour mon appareil photo si bien que j'ai dû me servir de mon téléphone.













19 heures, nous sommes de retour au camping. Un dernier repas tranquille et pour certain(e)s du club des 3 A (Allonnes, Arnage, Athlé) la pression monte, moi ça va pas m’empêcher de dormir.
Le réveil est prévu vers 5h mais une demi-heure plus tôt des mouvements dans le mobile-home voisin me réveillent.
Un petit déjeuner copieux puis je me mets en tenue. Nous laissons Séverine seule avec pour mission de rendre les clés du mobile-home avant 11 heures (merci à elle!!) et de venir nous rechercher à l'arrivée.
C'est Bruno et Catherine qui nous emmènent aux navettes sur le parking gratuit de l'hippodrome de Moidrey, à quelques kilomètres de la ligne d'arrivée.
Il ne fait pas chaud et un ciel bien dégagé laisse présumer une belle matinée mais n'oublions pas que nous sommes en bord de mer, cela peut vite changer.
Le voyage vers cancale me paraît long. Les cars nous déposent à 500 mètres du port. Il y a déjà pas mal de monde qui attend aux toilettes, quelques personnes se changent sur la plage.













Dans cette foule j'ai la chance de croiser Laurent, un ami facebook du Havre que j'avais déjà rencontré sur le semi de Paris. On papote un peu mais il est annoncé au micro que les sacs doivent être déposés aux camions avant 8 heures, ce qui nous laisse plus beaucoup de temps pour nous préparer.
Un petit peu de NOK pour moi et Stéphane et je laisse mon sac aux bénévoles. Il est temps de se rapprocher de la zone de départ. Bruno et Catherine partent s'échauffer avec leurs collègues de club, nous on a 42 bornes pour ça. Nous les retrouvons quelques instants avant le coup de feu. Les speakers nous répètent que nous sommes sur l'un des parcours le plus plat du monde. Une seule difficulté au départ le reste est très roulant et nous devrions avoir un petit vent dans le dos sur la fin. Ce sont donc des conditions idéales pour la performance, ce qui ne me concerne pas trop puisque je ne suis pas ici pour battre un record, juste me rapprocher un peu des 4 heures.
Les meneurs, pardon, animateurs d'allure des 4 heures se positionnent juste derrière nous. Encore quelques photos et le coup de pétard retentit, on se souhaite bonne course !














La ligne franchie, le chrono est mis en route et nous nous élançons pour cette nouvelle aventure dans une très bonne ambiance. Tout de suite ça se met à monter mais le plus gênant est que la route s'est très nettement rétrécie et ça se bouscule pas mal. 
Comme toujours, entre les "bœufs" qui veulent passer coûte que coûte et les pas rapides qui veulent être sur la photo en se positionnant aux avant-postes il n'est pas facile de se frayer un chemin et comme je ne souhaite pas faire tomber quelqu'un je ne prends pas de risque tout en gardant un œil sur Steph qui reste quelques mètres devant moi alors que Bruno et Catherine nous ont distancé. 



Cette petite côté passée, vers le second kilomètre la route s'élargit. Nous sommes passés derrière l'animateur d'allure des 4 heures et revenus à la hauteur de Bruno et Catherine. Ces derniers vont passer à la vitesse supérieure et nous mettre un vent. D'après mon chrono, l'allure affichée de 5'33 c'est un chrono final de 3h55 alors, prendre la poudre d'escampette c'est le risque d'un crash certain quand on veut passer juste sous les 4 heures. Risque qui peut être payant mais qui généralement se termine en échec, après chacun fait ce qu'il veut... 


Derrière cette flamme verte je suis bien, l'allure me convient parfaitement. Stéphane et moi allons profiter du premier ravitaillement pour boire une coup. Sur ces premières tables on ne trouve que des bouteilles pleines, c'est beaucoup de gâchis. 
A partir du 6e kilomètre nous allons longer la baie jusqu'au 24e km et traverser quelques villages plus ou moins animés. De nombreuses personnes ont sorti les chaises sur leur palier pour nous regarder passer tout en nous encourageant, ce qui est très chaleureux et ça donne des forces pour aller plus loin. 
Je sens Stéphane en forme et peut-être a t-il un challenge avec Bruno si bien que nous allons accélérer légèrement ce qui va nous faire passer devant le meneur d'allure mais pas pour longtemps car au ravitaillement suivant nous allons nous arrêter pour boire un coup alors que lui trace sa route sans escale. 
Le 10e km est passé sur une base de 3h55, ce qui est un peu rapide pour moi. 




Nous allons faire le yoyo une nouvelle fois avec ce groupe des 4 heures car Steph me dit qu'il doit faire une pause technique. Ils vont donc repasser devant mais pas pour longtemps. Dans ma tête je me pose pas mal de questions car le meneur d'allure semble très régulier alors que de notre côté le rythme plus saccadé et plus élevé qui nous permet de repasser devant risque de nous emmener vers le mur que tous les marathoniens connaissent.
Mais bon, tout va bien, on a une belle vue sur la baie où la mer s'est retirée le temps d'une marée, le soleil brille, l'accueil dans les villages est chaleureux et l'ambiance dans le peloton très agréable.

Au 3e ravitaillement une bénévole nous demande de ne pas jeter nos déchets dans la nature... sauf qu'il n'y a pas de poubelle !! Au 17e km, sur une belle ligne droite après un petit crochet par le port mytilicole du Vivier sur Mer, je me retourne et je ne vois plus la flamme verte. Ma montre affiche une allure moyenne de 5'30, ce qui me semble peu rapide, on verra bien...
Au 19e km nous passons devant un moulin transformé en habitation puis un second moulin qui a gardé ses ailes, photo oblige.


En rangeant mon appareil je suis surpris par un photographe de Maindru qui m'a pris la main dans le sac ! Dans le village suivant, entre le 20e et 21e km, c'est le passage de témoin pour les duos (relais) et le ravitaillement pour nous.
Ici je vais manger quelques raisins secs et boire à nouveau. En repartant la flamme verte refait son apparition pas loin derrière nous. Nous passons néanmoins le semi dans un temps très favorable pour terminer dans l'objectif mais le parcours va bientôt changer. Avec tout ce que j'ai bu jusque là, il me faut faire une pause pipi, Steph en fera de même.
La belle et large route va laisser place à un parcours plus sinueux qui va s'éloigner petit à petit du littoral sur un bitume pas toujours en bon état. Après le 24e km nous allons même quitter le macadam pour ce qui ressemble plus à un chemin. Quelques cailloux pas très agréables puis un sentier en très bon état, c'est à dire sans trou, mais bien détrempé limite boueux avec tout ce qui est tombé du ciel les jours précédents. Rien de bien méchant quand même surtout que ça ne dure pas longtemps.
Désormais, les villages sont moins nombreux pour ne pas dire inexistants Nous ne voyons que des habitations isolées, des fermes pour la plupart et des pancartes "navettes abandons" qui fleurissent sur le bord de la route. Je demande à mon ami si tout va bien et il me répond que oui. Je lui propose de s'envoler s'il en a la force. Il me répond qu'il ne le souhaite pas et me propose la même chose mais je n'ai ni l'envie ni la force d'aller plus vite.














Nous sommes dépassés par quelques coureurs en pleine forme qui viennent de commencer leur relais. Certains vont très vite et nous démoralisent un peu comme le souligne notre charmante "voisine" du moment. Mais cela est vite compensé par les coureurs de plus en plus nombreux à marcher. Puis la première ambulance qui doit se frayer un chemin. De temps en temps des cyclistes de l'organisation remontent le peloton demandant surtout aux marcheurs si tout va bien. 
Vers le 29e km nous devons à nouveau laisser passer l'ambulance qui doit certainement évacuer le coureur qui était au sol peu de temps avant. Pour nous l'allure commence à baisser, d'ailleurs la première flamme verte va nous passer et nous allons la voir s'éloigner progressivement signe que nous ne sommes plus dans le coup. Au ravitaillement du 30e je bois encore pas mal d'eau et je mange un premier morceau de banane. Ici des plastics ont été mis au sol pour recueillir les déchets ce qui n'empêche pas quelques "buses" d'emporter avec eux des bouteilles pour les jeter quelques kilomètres plus loin où il n'y a pas de poubelle alors qu'ils pourraient les garder pour les jeter au ravito suivant... 




Je sens le Stéphane à la peine et ça se concrétise par une allure qui baisse de plus en plus. Je ne dis rien mais je sais désormais que les 4 heures ne sont plus possibles et au 35e il va coincer grave étant obligé de mettre le clignotant. 
Pour avoir connu cet état, quand ça veut plus ça veut plus... Je lui propose de marcher un peu pour repartir tranquillement et ainsi avancer tout doucement mais sûrement vers ce Mont Saint-Michel qui se fait de plus en plus présent même s'il est encore loin. 

Le moral qui en prend encore un coup quand le second meneur d'allure nous dépasse mais nous ne sommes pas les seuls à souffrir, c'est difficile pour beaucoup de monde. 













Le 36e km marque notre entrée dans le département de la Manche matérialisée par une arche. Nous quittons la Bretagne pour la Normandie.

Vers le 39e km nous nous offrons une nouvelle phase de récupération active avant de passer un pont que nous voyons déjà au loin et où il semble y avoir beaucoup de monde. 
A chaque changement de direction nous voyons Bruno deux cent mètres devant nous. Il est seul ce qui nous permet de supposer et d'espérer que Catherine a pu garder un bon rythme pour aller au bout. 
Du côté du ciel le soleil à laissé la place à quelques nuages et un peu de grisaille mais rien de bien grave.




Nous arrivons à ce pont et nous observons une pause d'une part pour profiter du dernier ravitaillement (40e km) et pour prendre des photos du mont Saint-Michel qui se trouve au bout de ce fleuve, le Couesnon.  La délivrance se trouve au bout de ces 2 derniers kilomètres de ligne droite le long de ce cours d'eau. 
Ce sont de nombreux spectateurs aux encouragements incessants qui vont nous porter jusqu'à l'arrivée mais l'ami Steph n'en peut plus, une nouvelle séance de marche est nécessaire. On se remet à trottiner pour la dernière fois. Nous apercevons Séverine et les enfants. La musique et les speakers sont désormais audibles et on voit enfin cette ligne d'arrivée que nous allons franchir en même temps, l'appareil photo à la main pour filmer cet instant unique.
Stéphane est épuisé. On se félicite mutuellement puis nous nous dirigeons vers la zone de ravitaillement. 

On nous remet une jolie médaille puis nous récupérerons rapidement nos affaires. Nous retrouvons Bruno qui a aussi coincé comme Stéph vers le 35e et Catherine qui n'a pas atteint son objectif mais qui est quand même très satisfaite de sa course.






















Quelques photos et on repart sur le camping prendre une douche, manger un morceau avant de reprendre la route. 
Un week-end qui se termine bien et qui m'a émerveillé à tout point de vue. A faire et à refaire sans aucun doute. 


Pour conclure, j'avais entendu pas mal de choses sur cette manifestation et j'avais de nombreuses craintes. S'agissant d'un marathon en bord de mer, le premier risque est une une météo qui peut changer rapidement, ça n'a pas été trop le cas. C'est aussi le risque d'avoir pas mal de vent. De ce côté là et pour ce qui me concerne, il ne m'a pas légèrement gêné que sur 2 ou 3 km vers la fin où je l'avais à mes 2 heures un peu trop frais à mon gout, mais rien de bien méchant. On m'avait dit aussi qu'en cas de grosses chaleurs il n'y a pas de zones ombragées pour se protéger du soleil, ça été le cas, j'ai pris quelques coup de soleil mais cela ne m'a pas handicapé pour courir, les températures étaient correctes.
Toute les conditions étaient réunies pour que cette édition se passe au mieux et nous avons eu beaucoup de chance compte tenu de ce qui s'est passé les jours précédents.
Ajouté à cela une organisation au top surtout grâce à un système de navettes très bien pensé et pratique,  des bénévoles aux petits soins c'est une très belle épreuve dans un cadre unique. 
Seul bémol, l'absence ou la rareté des poubelles sur les ravitaillements est pour moi le seul point négatif de cette belle manifestation. 

Merci à Stéphane à Séverine son épouse, leurs enfants, pour tous ces bons moments passés ensemble et pour l'intendance. Grand bravo à Stéphane pour être allé au bout avec pour seuls entraînements ceux du foot. On remet ça quand tu veux dans les mêmes conditions parce que bien entraîné je ne pourrai jamais te suivre. 
Merci au club des 3A pour leur accueil chaleureux, leur bonne humeur et pour s'être occupé de la réservation du camping. 
Merci à toutes à et à tous pour vos messages par sms, facebook... Petit point négatif du côté du camping, l'obligation de rendre les clés avant 11 heures le dimanche ce qui a obligé Séverine à ranger et nettoyer le logement seule. A cette période de l'année le camping était surtout occupé par des marathoniens et les mobile-homes n'étaient pas tous reloués pour la semaine suivante. Ils auraient pû faire un effort, pour preuve, nous étions autorisés à prendre une douche dans les parties communes et quand nous sommes partis après 15 heures personne n'avait pris la suite. 


Rendez-vous en juin pour la Transbaie !
Quelques chiffres en provenance de la page facebook de l'organisation concernant cette édition: 3432 inscrits 3005 partants 2868 arrivants

Liens :
La Trace GPS de mon Garmin :


Openrunner : http://www.openrunner.com/index.php?id=3659787

Mes photos, en espérant qu'elles soient bien classées chronologiquement car prises avec 3 appareils :


Celles de Victor :


Les photos de Ouest France :
http://www.klikego.com/gallery/marathon-de-la-baie-du-mont-saint-michel-2014/1253705011503-1398179032220

Un article et un résumé vidéo :
http://basse-normandie.france3.fr/2014/05/25/les-kenyans-largement-vainqueurs-du-marathon-de-la-baie-du-mont-saint-michel-484599.html

Une vidéo :


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mercredi 7 mai 2014

The Trail Yonne - 35 km à Sens (Yonne - 89)

The trail Yonne



The trail propose de nombreux formats de course permettant ainsi d'intéresser et donc d'attirer un grand nombre de personnes.
Du 18 km (la nouveauté de cette seconde édition), au 110 km en passant par le 35, 63, 85, des épreuves en relais sur le 35 et 85 km sans oublier des marches nordiques, il y en a pour tous les goûts.
J'avais repéré et suivi à la radio la première édition de cette manifestation à laquelle je ne m'étais pas inscrit pour 2 raisons. La première est qu’au lancement de cette course j'avais trouvé le prix des inscriptions très élevé. Il me semble que les organisateurs avaient corrigé le tir après. La seconde raison, la plus importante, est que j'avais comme objectif de retourner à Steenwerck qui se déroulait quelques jours après.
Cette année, sachant que quelques connaissances allaient s'y rendre je me suis inscrit tôt mais pas pour la même distance qu'eux. Quand j'ai gagné New-York je me suis fait la promesse de ne pas faire de course de plus de 50 km et à la fin du mois de mai j'ai le marathon du Mont Saint Michel alors pas de folie. C'est donc sur le 35 km que je vais aller m'amuser.

La famille devait m'accompagner jusqu’à la veille ou ma femme change d'avis. Je me dis alors qu'y aller en train serait peut-être préférable sauf qu'en voyant l'heure du dernier train pour rentrer cela risque de faire juste, C'est donc en voiture que je rejoins cette jolie bourgade bourguignonne aux confins de la région parisienne.

J'arrive à Sens en début d'après-midi et je fais confiance au fléchage vers le parking. Je vois déjà un coureur en tenue en train de trottiner à une heure trente du premier départ...

Direction la salle pour retirer le dossard. Ça commence par le contrôle d'identité, le bénévole garde la pièce d'identité en échange de la puce. Méthode que je trouve limite légale compte tenu de l'explosion des usurpations d'identité, mais je n'ai pas trouvé de texte officiel sur le sujet.
Ca continue avec la vérification du matériel obligatoire. Celui ou celle qui a oublié son sac est priée d'aller le chercher. A la fin de l'inspection, tout est bon, on me remet un petit ticket à présenter à la table suivante, la remise du dossard et de la puce. 
L'enveloppe en main, il nous est demandé d'apposer sur le dossard une pastille de couleur correspondant à notre distance, verte pour ce qui me concerne.
J'ai la chance de tomber sur Thierry, bénévole pour l'occasion puisqu’il est blessé. Un grand merci pour son implication, sans eux il n'y aurait pas de course.

Thierry
Francine , Marc, Muriel et Juan














Je retourne à la voiture pour déposer mes affaires et attendre les amis. A peine le coffre ouvert que je vois arriver Muriel, Francine, Juan et Marc.
Muriel est inscrite sur le 18 km, elle partira donc en même temps que moi à 16 heures alors que nos amis, inscrits sur la plus longue distance, partiront une heure plus tôt avec le 63 et 85 km. 
Nous retournons à la salle ou Francine souhaite savoir ou se trouve la consigne. Nous constatons que la météo sera plutôt clémente avec nous. Même si de temps en temps, quelques nuages menaçants cachent le soleil et qu'un vent frais désagréable apportent un peu de fraîcheur. 
Je commence à penser qu'une fois sur les hauteurs de la ville le vent risque d'être plus fort alors je vais certainement courir avec une veste.

Dans la salle ça s'active. Pendant que Marc, Francine, Juan saluent des connaissances j'observe ce qui se passe. Il y a ceux qui réfléchissent, ceux qui s'étirent, ceux qui papotent et ceux qui friment exhibant leurs derniers équipements à la mode hors de prix...
Au loin j’aperçois furtivement Guillaume, le vainqueur de la première édition. Une dernière photo et direction la ligne de départ.
Je tombe sur Greg qui compte bien prendre sa revanche sur l'écotrail et glaner les points nécessaires pour pouvoir s'inscrire à la CCC. Objectif atteint haut la main, grand bravo à lui !!


Je vais me trouver une place pour filmer entièrement les coureurs des 100, 85 et 63 km s'élancer mais j'ai merdé grave, du coup... pas de vidéo !

Les derniers participants passés direction la voiture pour me mettre en tenue. Alors que Muriel est déjà prête, il me faut remplir les bidons, un isostar orange et un citron, mettre quelques barres de céréales dans le sac, l'appareil photo, mon téléphone dans une poche de la veste, la casquette sur la tête. Je suis prêt !

Retour vers l'arche du départ. Pas de passage par les toilettes car il y a trop de monde. Une petite discussion avec Thierry qui fait une pause bien mérité puis nous allons nous positionner vers la fin du peloton histoire de ne pas gêner les coureurs rapides.
Nous n'attendrons pas trop longtemps. Après un briefing clair net et précis sensiblement identique à celui du premier peloton le départ est donné dans une très bonne ambiance.
Je souhaite bonne course à Muriel et au passage sur les tapis le chrono est lancé.

1600 m dans les rues de Sens et nous quittons la ville par un chemin très pentu qui donne le ton. Avec ce qui est tombé du ciel ces derniers jours je pensais que le sol serait bien gras mais il n'en est rien. Si j'avais su j'aurais mis d'autre pompes.
Je ne vais pas m'épuiser dès le début, je fais comme les autres, je marche. Le chemin n'est pas très large mais certain arrivent quand même à dépasser.
Le marquage au sol montre qu'au retour on repassera par ce chemin.
Ce qui est monté se descend mais là nous nous retrouvons sur du bitume jusqu'à la sortie du premier village que nous traverserons.
Je suis régulièrement doublé par un coureur minimaliste qui accompagne une dame, Véro si je ne me trompe pas. Il est en train de faire une belle séance de fractionnés surtout dans les grimpettes.

Même s'il est vallonné, le parcours est très agréable. Entre les champs, les bois c'est le calme absolu. Je n'ai vu aucune circulation sur les petites routes empruntées pourtant il a quelques habitations et donc des riverains susceptibles de sortir ou rentrer chez eux.
La descente de la seconde bosse va nous amener à Collemiers, km 08, premier ravitaillement bien animé.
Je prends un tuc, une gorgée d'un de mes bidons et c'est reparti toujours dans une bonne ambiance. 
Après ce village, les parcours du 18 et du 35 se séparent ce qui va éclaircir considérablement le peloton qui s'était déjà pas mal étiré.
Vers le 9e kilomètre, je vais me remettre à marcher dans la 3e montées. Dans certain coin la végétation est si verte qu'on se croirait en Normandie mais les vastes champs de colza nous rappellent que nous sommes bien en Bourgogne.

Tout s’enchaîne pour le mieux. J'ai assez chaud mais de temps en temps un vent frais me rappelle que j'ai quand même bien fait de mettre une veste.
C'est le pied, je n'ai même pas pris de musique et je ne regrette pas même si je me retrouve occasionnellement seul.
Vers le 16e km une longue côte va faire baisser ma moyenne d'autant que je vais m'arrêter pour une pause technique. De 6'10 de moyenne je vais passer à 6'20 /km. Je dois aussi avouer que je m'arrête pour prendre des photos...
C'est à ce niveau que notre parcours se sépare de celui des 100, 85 et 63 km. 3 bons kilomètres plus loin (vers le 19e km) le marquage au sol nous indique que toutes les distances (sauf le 18 km) se retrouvent à partir de ce point pour rentrer à Sens.
Les descentes, qui ne sont pas un exercice dans lequel j'excelle, me font toujours perdre des places puisque je ne prends pas de risque. Ça me permet de voir ce qui se passe sur le coteau d'en face, ce qui me fait dire que ça va bientôt remonter mais d'abord il y a le second ravitaillement, celui de Marsanguy, km 22. 

Pas mal de monde dès l'entrée du village jusqu'aux tables. Là, un musicien doit se sentir bien seul sous cette grande halle au centre du village. 
Là, je vais prendre un peu de temps pour avaler 2 tuc, quelques raisins secs et un gobelet de cola. J'en profite pour remplir une gourde que j'ai vidé à boire régulièrement.

En repartant j'entends quelques personnes se demander combien de kilomètres il reste à faire. Je vois aussi pas mal de coureurs qui s'étirent, ça devient dur pour pas mal de monde surtout qu'à la sortie du bourg une belle longue côte se présente. 
Ca va faire mal !
Je suis surpris de voir une fille me dépasser super à l'aise. Sur le coup j'avais pas capté mais le 35 km se fait aussi en relais, c'est certainement une personne qui vient de commencer sa course. Je dépasse le coureur minimaliste. Il n'est pas au mieux d'autant que sa copine a plus de 100 m d'avance sur lui.
Dès que le dénivelé devient propice je me remets à courir. Sur les hauteurs on apercoit la vallée de l'Yonne et la ville de Sens se profile.

Une nouvelle descente. Comme mon gps affiche 31 km je me dis qu'il ne doit plus y avoir qu'une seule difficulté sauf que sur la colline d'en face, je ne vois pas les installations sportives qui se trouvaient en haut de la première côte. Nous arrivons dans un nouveau village où un dernier ravitaillement nous est proposé. Il resterait 5 km à faire et une côte à gravir.

Cette côte est juste après le ravitaillement. De plus en plus de coureurs n'en peuvent plus dont un qui me dit avoir des crampes dans les deux jambes. 
Ca descend de nouveau légèrement, une fille qui marche comme un canard ou un pingouin (c'est comme on veut) n'en peut plus. Je l'encourage en lui disant que c'est bientôt la fin mais le monsieur juste devant elle nous lance "il y a 38 km à faire !!" et en levant la tête, apparaissent en face de moi les bâtiments qui confirment les dires de ce monsieur.

Il y a donc bien encore une côte et quelle côte !
Le pompon, la cerise sur le gâteau.
Juste après avoir traversé un rond point, un petit sentier étroit et très raide s'offre à nous. Que c'est dur, mais quel régal un peu plus haut quand on découvre la vue sur la ville de Sens et l'Yonne qui la traverse.


Encore quelques efforts et je me retrouve sur le chemin que nous avions monté au départ et qu'il faut désormais descendre. Celle là fait mal au cuissots.
Les quelques concurrents que je dépasse marchent tous. Je rentre en vile et un papy à son balcon me lance "allez monsieur, c'est bientôt fini !!" je le remercie chaleureusement. 
Je vais faire l'effort pour revenir et dépasser un groupe de filles, je passe le rond point, double un coureur épuisé, dernier virage, dernière ligne droite, bip bip, ma puce est enregistrée, c'est terminé.
J'aurais bien fait quelques kilomètres de plus mais il faut être raisonnable.

On me remet une jolie médaille, puis je file faire la queue pour rendre la puce et récupérer ma carte d'identité. En même temps on me donne un tee-shirt sympa. 
Direction la consigne reprendre mon sac. Il n'y a personne, ça va vite par contre ils sont nombreux à se faire masser..



Je passe un maillot sec et je vais profiter du plateau repas qui est offert avant de reprendre la route. C'est l'occasion de revoir Thierry qui officie un peu partout, c'est le dur métier de bénévole et il faut être courageux, encore merci à tous les bénévoles super sympas rencontrés tout au long du parcours.
A table il me semble entendre que le premier du 63 km vient de franchir la ligne d'arrivée. La sono, avec le brouhaha est un peu limite pour cette grande salle et je n'ai peut-être pas bien compris, en tous les cas aucune info sur les amis en piste sur le 110 km.
Une fois rassasié, il fait encore jour quand je reprends le route pour rentrer à la maison. Finalement j'avais largement le temps pour le dernier train mais là il me faut trouver une station service si je ne veux pas faire des kilomètres à pieds en plus.

En conclusion, une très belle épreuve à 1h30 de Paris. A part cette histoire de rétention de pièce d'identité l'organisation est parfaite. Le parcours, super bien balisé, est très agréable cependant, pour de purs traileurs il y a certainement un peu trop de bitume. Les chemins n'étaient pas trop détrempés juste ce qu'il faut pour qu'ils soient suffisamment souples à mon goût.
A faire et à refaire !!

Surpris par le nombre important de coureurs en difficulté sur une telle distance. Mal préparés ? Partis trop vite et surpris par la difficulté du tracé ?
Par contre je n'ai pas vu de déchet sur le sol ce qui est un point très positif.

Bravo à tous les coureurs (finishers ou pas) et comme toujours, énorme merci à tous les bénévoles !

Super bénévole Thierry


Trace gps de ma montre :



Mes photos :

Autres médias :


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vendredi 2 mai 2014

En attendant The Trail





The Trail Yonne


Pas d'entrainement aujourd'hui puisque demain après-midi je serai au départ du 35 km de la seconde édition de The Trail à Sens dans l'Yonne.

Ce matin je suis donc allé faire le plein de vitamines pour demain chez Decathlon Paris Madeleine.

Je me suis pris des powertabs fast hydration d'Isostar ainsi que des bidons et une paire de lunette de soleil. Bref, la carte bleue a un peu chauffé.
Suis prêt pour demain, l'heure du départ du 35 km est fixée à 16 heures !!

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mercredi 30 avril 2014

Sous le soleil

J'aime ces belles matinées ensoleillées où tout se passe super bien.
Après avoir rencontré madame la proviseur samedi aux buttes Chaumont, aujourd'hui c'est M. Boniface que j'ai croisé sur la coulée verte.











C'était aussi l'occasion de tester mes nouvelles Hoka achetées sur I-Run, les Bondi 3 M. Un peu moins dynamiques que mes anciennes Tarmac mais très confortables quand même.

On remet ça demain du côté des quais de Seine/Tour Eiffel.
Bonne journée !!

Le détail de ces 21 km d’efforts.
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mardi 29 avril 2014

10 km du bois de Boulogne - Paris.

L'affiche

Edition du 27 avril 2014 des 10 km du Bois de Boulogne


Mes collègues Michel et Nadège voulaient refaire la soli'run mais cette année elle tombe le jour de la Transbaie. Compte tenu de mes engagements nous nous sommes rabattus sur cette manifestation pour la 3e compétition de Michel, la seconde de Nadège.
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mercredi 23 avril 2014

Séance du mercredi 23 avril 2014

Les quais lors de la Color Run 2014
Encore un document à signer pour New-York et ce soir une petite sortie sur les quais de Seine. Quelques accélérations, tout va bien. 
Le soleil a commencé à jouer à cache-cache mais les températures étaient excellentes pour trottiner.
Par contre, beaucoup de touristes sur les quais comme aux abords du Louvre...

A demain !



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samedi 19 avril 2014

Marathon de Paris - 38e édition

C'est grâce à un tirage au sort organisé par la marque GU energy France que j'ai pu prendre le départ de ce 38e marathon de Paris, le 3e officiellement pour moi. Le vendredi précédant la course, pendant l'heure du repas, je me rends au running expo pour retirer mon dossard. J'y retrouve Nadège qui souhaite voir ce que propose le salon et pourquoi pas repartir avec une paire de chaussures. Boulot oblige, la visite de l'expo a été rapide, j'ai quand même eu le temps de saluer vite fait Patrick (marathons.fr)

Jour de la course, 2h30 du matin. Alors que j'ai eu beaucoup de mal à m'endormir, non pas à cause d'un stress lié au marathon mais excité à l'idée que l'ami Pascal puisse faire de belles choses aux championnats de France des 24 heures du côté de Toulouse, le téléphone me réveille. Je n'aime pas ça du tout, certainement une mauvaise nouvelle. Je me lève, décroche et j'entends "papa, tu peux descendre j'ai oublié ma carte !!!!" Inutile de vous exposer ici tous les noms d'oiseaux qui me sont passés par la tête. Du coup impossibilité de me rendormir. A 6 heures je prends mon petit déjeuner habituel en ayant quasiment pas dormi avec un petit morceau de gâteau de semoule maison et je file à la douche. Avant de partir, un dernier coup d’œil aux résultats des 24 heures du Confluent et je constate que Pascal est passé à la 13e place, premier de sa catégorie, je lui envoie un dernier message d'encouragement. J'en crois pas mes yeux. C'est ce qui m'a empêché de dormir et il l'a fait, je le savais...

A peine 7 heures, les rues du quartier sont tranquilles. Les policiers sont déjà en place à l'hôtel de ville, les quais du métro sont calmes. Au fil des arrêts, le train va se remplir de personnes en tenue, prêtes à en découdre. Et ça parle dans toutes les langues, certains tout sourie, d'autres un peu angoissés. Je descends à Franklin D Roosevelt pour prendre la température sur la ligne de départ. Ca s'agite, tests de sonorisation, mise en place des grilles, accueil des bénévoles. En remontant l'avenue, je vois déjà des coureurs qui trottinent dans les sas, d'autres qui se changent sur le trottoir puis, une personne d'origine asiatique me demande en anglais où est la consigne. J'arrive à le comprendre et l'invite à me suivre. Il me dit être un globe-trotter marathonien. Quelques semaines auparavant il était à Jérusalem et après Paris il prendra la direction de la Norvège.

 
Après avoir quitté cet aventurier, j'en retrouve un autre, Jean-Pierre. Comme nous avions choisi le même sas de départ, nous nous sommes mis d'accord pour nous retrouver et patienter ensemble. Lui a un objectif compris entre 3h35 et 4h00, moi plutôt proche des 4 heures. Finalement, on va essayer de le faire ensemble.


En place dans les sas, nous n'avons plus qu'à patienter. Pour nous réchauffer on nous propose un premier échauffement collectif, qui ne durera que le temps d'une chanson... Jusque là il n'y a pas grand monde et on peut bouger librement. On observe ce qui se passe autour de nous, on papote de nos différentes aventures puis on entend vaguement un premier décompte, c'est le départ des handisports.
Quelques minutes plus tard, l'hélicoptère de la télé nous survole, le départ de la course est donné sous de nombreux applaudissements.


Un autre échauffement collectif est proposé, mais là il y a tant de monde qu'il est impossible d'effectuer les mouvements proposés par les coachs perchés sur de hautes estrades. Arrive le moment de nous rapprocher de l'arche en marchant. Avec le soleil qui brille je n'ai plus besoin de ma protection en plastique.

 

Nous nous rapprochons doucement de la ligne de départ puis nous sommes de nouveau à l'arrêt, car c'est la partie droite de l'avenue qui aura la chance de s'élancer en premier.

C'est enfin notre tour mais à peine s'être souhaité bonne course et l'arche franchie que nous pensons déjà à nous arrêter pour une petite pause technique. Une fois soulagé l'aventure commence réellement, je rassure Jean-Pierre que nous pourrons rattraper le temps perdu au fil des kilomètres. Mais pas besoin de s'énerver car on a pas perdu de temps. L'allure est déjà trop élevée puisque nous passons le premier kilomètre en 5'28 malgré notre arrêt... Pour un objectif de 4 heures nous aurions dû passer le premier kilo en 5'41 mais, comme à chaque fois, je suis tombé dans le piège avec l'excitation, la foule et le dénivelé favorable de l'avenue des Champs Elysées.
C'est parti pour une belle balade dans les rues de la capitale. On a de la chance, il fait beau ce qui favorise la présence de spectateurs en masse. Nous sommes sur la première partie que j'aime bien. La rue de Rivoli jusqu'à la Bastille est large et agréable et propose de nombreux monuments à voir.
Je reste derrière Jean-Pierre et j'observe les personnes qui nous entourent. L'allure baisse un peu mais reste toujours trop élevée à mon goût, je ne dis rien. A peine 3 kilomètres (si je ne me trompe pas) et nous sommes déjà pris en photo par Maindru. Il fait beau, on est bien.
Le premier ravitaillement à Saint-Paul ne propose que de l'eau. Nous prenons une bouteille puis nous entrons sur une place de la Bastille noire de monde où nos puces sont enregistrées au passage du 5e kilomètre.
Le ravitaillement en solide est sur la place, je n'ai pas envie de manger et je ne compte pas m'y arrêter. J'entends JiPé s'exclamer "Christine !!!". Je me retourne et le copain est en train de faire la bises à des amies bénévoles. A peine remis à courir qu'on entend une voix féminine crier "Allez Jean-Pierre". Que de supportrices, quel tombeur ce JP !!
Du 5e au 10e kilomètre j'aime moins bien, peut-être parce qu'il y a cette petite grimpette rue de Reuilly pour rejoindre la place Félix Eboué. Quand on entre sur l'avenue Daumesnil pour rejoindre le bois de Vincennes on voit au loin ce long cortège de coureurs, c'est impressionnant.
Quand on entre dans le bois de Vincennes, Jean-Pierre me demande de ne pas l'attendre car il doit s'arrêter pour une nouvelle pause technique. Je lui réponds que ça tombe bien, moi aussi.
Au ravitaillement du 10e, je prends un morceau de banane et une bouteille d'eau fraîche, trop fraîche...
Il faut faire attention où on met les pieds. Le mélange morceaux d'oranges et peaux de bananes en grand nombre sur le sol rendent la chaussée dangereuse.
On se retrouve devant le château de Vincennes. Nous avons dépassé des personnes portant le même maillot de club que Pascal. J'ai juste le temps de me présenter et de leur parler vite fait des exploits du pote. Lui va bientôt en terminer alors qu'il nous reste 3 heures de course. En même temps lui a fait plus de 5 marathons d'affilés...
Jean-Pierre me signale une petite douleur et me demande de partir, ce que je ne compte pas faire. On est parti ensemble, on termine ensemble. Je lui propose de ralentir, ce que nous allons appliquer tout de suite.
Nous arrivons au ravitaillement du 15e où je vais prendre quelques raisins secs et boire à nouveau un peu d'eau. C'est que les températures sont très favorables, il ne faut surtout pas se déshydrater. Mine de rien les kilomètres défilent et pour moi tout va bien.
C'est une foule énorme qui nous accueille à l'entrée de Paris, porte de Charenton. Cette foule nous porte mais je ne dois pas m'enflammer surtout que ça va descendre et mon camarade n'est pas au top.
Nous passons le 21e km en 1h59, pile poile dans l'objectif des 4 heures.


Désormais je suis devant et me retourne régulièrement pour voir si JiPé me suit mais au 22e kilomètre, au même endroit qu'au semi de Paris, je veux éviter un ravitaillement en boisson énergétique servie en gobelet. Il y en a partout sur le sol et c'est très collant..
Je suis dans mes pensées et je m'écarte pour éviter la zone. J'en oublie JP quelques secondes et quand je me retourne il n'est plus là. Je regarde du côté des tables mais il y a tellement de monde que je ne le vois pas. Je vais lever le pied, me mettre sur le côté, il va bien me rattraper et me signaler sa présence, mais rien de tout ça. J'imagine alors que la douleur a été plus forte et qu'il a renoncé.
C'est donc avec un peu de tristesse que je me remets dans la course. Après avoir passé une place de la Bastille toujours aussi animée, on se dirige vers les quais de Seine, sur la voie Georges Pompidou. Comme toujours, cette partie est bien garnie en spectateurs jusqu'au tunnel des Tuileries transformé cette année en discothèque avec jeux de lumières, laser et tout ce qui va bien, sympa !!
Je ne sais pas d'où vient cette odeur mais j'ai comme l'impression que ça sent le caca. Un pet qui aurait foiré ? Je retrouverai cette odeur dans les narines 2 autres fois plus loin.
Ces 900 mètres de tunnel passés, on arrive sur la partie la plus délicate du tracé. Nous allons enchaîner quelques descentes et remontées de tunnel qu'il faut bien négocier pour ne pas se cramer. Sous le tunnel de la Concorde, pour la seconde fois je vois un coureur allongé sur le sol mal en point entouré de personnes qui s'occupent de lui. Un peu plus loin, Cours Albert 1er, un autre concurrent est entouré de secouristes. Ils sont nombreux désormais à marcher, à s'arrêter pour s'étirer. Je n'aime pas ça et j'aime encore moins cette douleur au ventre qui fait son apparition. Certainement les effets de l'eau trop fraîche avalée plus tôt.

Au Trocadero, tous les tabourets pour se faire masser sont occupés. Pas bon de s'arrêter à ce stade de la course. A cet endroit se trouve aussi le ravitaillement du 30e km où je mange quelques raisins et je bois un peu d'eau. Je me remets à courir mais pas pour longtemps. Entre les nombreux concurrents qui marchent, l'énorme foule qui s'avance comme sur un col de haute montagne lors du tour de France il n'est pas possible de courir.
Et ça râle, ça pousse !!! Je vais être obligé de faire connaître mon mécontentement à une demoiselle lui expliquant que ce n'est pas ma faute si ça bloque devant et qu'il n'est pas nécessaire de me pousser. Au 31e kilomètre je me remets enfin dans le rythme mais pour les 4 heures c'est mort et cette douleur au ventre devient de plus en plus persistante. Je suis à la recherche de toilettes, mais les rares sanisettes parisiennes sont hors service ou occupées. Au bout de la rue Molitor, 4 cabines ont été installées mais une est fermée par un cadenas et il y a la queue. Mon dossard n'étant pas un passe-droit, je me résigne à reprendre la course. De nouveau un concurrent au sol et l'ambulance qui nous dépasse n'a pas vu les signes des secouristes déjà sur place. Heureusement, les cris de coureurs feront réagir le conducteur.
Après avoir fait le tour de Rolland Garros, juste après le 34e km au niveau du ravitaillement du 35e, de nombreux WC sont là, disponibles et pas de queue. J'en profite !! Je ne vous raconte pas l'état des toilettes, une vraie porcherie, une honte.
Je repars léger et sur un bon rythme mais cela ne va pas durer. 2 km plus loin, dans le bois de Boulogne, partie que je trouve toujours aussi monotone, j'accuse le coup et comme de toute façon je ne peux plus être dans les temps l'envie de marcher se fait de plus en plus forte.
Mais je vais résister. Petit à petit, objectif après objectif je ne m'arrête pas. Les secouristes sont toujours très demandés, les ambulances se faufilent comme elles peuvent dans la foule.

40e km, dernier ravitaillement et dernière gorgée d'eau. La porte Maillot se dessine, mais ce n'est pas notre destination. Cap à tribord, la foule se fait de plus en plus dense, les coureurs qui marchent de plus en plus nombreux. Même si l'envie est très forte pas question pour moi de flancher à un petit kilo de l'arrivée. Et de nouveau un coureur qui râle parce qu'il ne peut pas passer. Ce n'est pas ma faute si d'autres marchent, je dois aussi me frayer un chemin. Il s'excuse en me disant que ce n'est pas après moi qu'il en avait.
Porte Dauphine, il est demandé aux personnes sans dossard de se mettre sur le côté. Dernier virage et l'arche d'arrivée se profile. Qu'elle est loin !!
Dernières photos, je lève les yeux au ciel pour le remercier de m'avoir donné la force et le courage d'être allé au bout. La ligne franchie, je stoppe le chrono. Un chrono pire que l'année dernière bien que je finisse en meilleure forme cette année.
Pas grave, l'essentiel est d'avoir participé et d'être arrivé sain et sauf !!
Autour de moi il y a beaucoup d'émotion. Beaucoup de gens qui ont tout donné, qui ont souffert et qui craquent le ligne franchie, ça aussi c'est très impressionnant.


Les récompenses en main, je file récupérer mes affaires pour me changer. C'est un concert désagréable de pin-pon va m'accompagner jusqu'à ce que je quitte les lieux.
Il est déjà pas loin de 14 heures. Je repars en passant un petit coup de fil à Jean-Pierre pour savoir où il se trouve et s'il va bien. Il me dit qu'il a réussi à aller au bout. Je suis content pour lui mais un peu inquiet des conséquences de son obstination. Il me confie qu'il ira consulter si la douleur persiste quelques jours, j'espère que ce n'est pas grave. J'ai aussi reçu un message confirmant que Pascal est bel et bien champion de France des 24 heures dans sa catégorie.
Une journée historique !!!

Et BRAVO aux 39115 finishers !!


Merci à tous les bénévoles. Merci pour vos messages d'encouragement. Un grand merci à GU pour le beau cadeau qu'il m'ont offert.

Trace GPS :
Mes photos : Photos Maindru
et un diaporama sympa :

le récit de Jean-Pierre sur son site
quelques vidéos :
Running expo Le départ Ambiance course Le best of   ,Et encore une vidéo de l'organisation :   Merci aux bénévoles : :
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