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jeudi 12 décembre 2013

2013 12 08 - 60e édition de la SaintéLyon - 75 km


A l'issu de ma première participation à cette course de folie l'année dernière, j'avais affirmé que je n'y retournerai plus. Mais avec le temps, j’ai gardé en mémoire que les bons souvenirs oubliant les côtés négatifs si bien que j'ai tout de suite accepté l'invitation de l'ami Stéphane, participer ensemble à la 60e édition.

Pour cette édition 2013, qui relie toujours les deux grandes villes que sont Saint-Etienne et Lyon, quelques nouveautés : - un parcours modifié pour atteindre 75 km (au lieu de 72 en 2012) avec évitement des longs quais de Saône avant l’arrivée. - une course de 21 km baptisée SaintéSprint voit le jour et le départ sera donné à Soucieu en Jarrest. - le retrait des dossards à Lyon. Super pratique pour celui qui vient en train : Arrêt à Lyon, métro pour aller jusqu’au palais des sports, métro à nouveau pour reprendre un train pour St-Etienne...

Enfin, la fête des lumières est programmée le même week-end que la course. Super pour la fête et l’ambiance mais pas forcément pour le porte-monnaie. En effet, des millions de visiteurs sont attendus à Lyon et la SNCF y a vu là un moyen de s’en mettre plein les poches. Nous n’avons pas trouvé de billet preums dans les tranches horaires qui nous auraient convenu. Heureusement pour nous, "Super Pat" va assurer notre transport et notre assistance.
Ce qui ne sera pas une nouveauté cette année par rapport à 2012, c’est la présence de neige tombée en abondance quinze jours, trois semaines avant cette aventure. Avec un froid persistant sur la région, elle n’aura pas le temps de fondre.
Samedi 8 heures, notre chauffeur est prêt. Petit arrêt porte d’Orléans pour prendre en charge deux co-voitureurs.



Un voyage qui se passe bien. Pause café après 2 heures de route avec notre collègue qui assure un max. Ce qui l’ennuie c’est de devoir mettre les pieds à Lyon, surtout à deux pas de Gerland. Pour le Stéphanois qu’il est, ce n’est pas chose aisée.
Après avoir déposé nos deux compagnons de route en centre-ville, nous arrivons au palais des sports. Une fois l’excellent pique-nique préparé par Pat et son épouse avalé, nous filons retirer nos dossards, faire un tour des stands avant de reprendre la route pour Saint-Etienne.



Nous sommes les premiers à arriver dans le parc des expositions. Un petit tour pour repérer les lieux puis nous accompagnons Pat chez ses parents où il va déposer toutes les victuailles.
Le planning est bien chargé. Pat et Steph doivent se rendre au stade pour assister au match de ligue 1 opposant Saint-Etienne à Evian Thonon-Gaillard.
Direction Geoffroy-Guichard, visite de la boutique du club (impressionnant ce business), dîner dans un resto à quelques encablures du stade avec un ami de Pat, puis je les abandonne. Eux vont au foot et moi je vais les attendre dans une grande salle qui s’est bien remplie depuis notre passage éclair dans l’après midi.
Alors que je pensais attendre seul deux longues heures, quelqu’un a oublié de mettre le chauffage dans le stade et le match est annulé pour cause de terrain gelé. Quelles chochottes ces footeux !! Un degré en dessous de zéro et ils restent devant la cheminée alors que nous aurons des conditions bien pires.



Vers 23 heures nous sommes quasiment prêts. C’est parfait ! nous pourrons rejoindre la zone de départ bien plus tôt que l’année dernière où Isabelle et moi étions partis en toute queue de peloton. Les sacs déposés à la consigne, nous remercions note ami Pat avant qu’il ne parte se reposer chez ses parents. Il souhaitait nous suivre, mais la circulation va être difficile et il aura du mal ou nous retrouver. Autant qu’il aille se reposer pour être en forme le lendemain pour le retour.
A trente bonnes minutes du départ, il y a déjà pas mal de monde. Les SAS ne sont pas respectés. Nous serons en milieu de peloton. Des jeux de lumières et un fond musical nous font patienter. Puis le speaker prend la parole. Nous allons rendre hommage à deux personnes, puis il nous demande d’allumer les frontales et de faire une Ola quand enfin arrive le décompte final. On se souhaite bonne et deux minutes après le coup de pétard nous nous élançons dans la joie et la bonne humeur.
Les sept premiers kilomètres pour quitter Saint-Étienne vers Sorbiers se font sur le bitume. Au passage devant un magasin, nous aurons noté qu’un panneau affichait -6°, ce qui signifie que sur les hauteurs nous avoisinerons les -9 voire -10° mais comme j’ai mis 4 couches je ne crains pas le froid.
La première butte me fait prendre conscience que je suis un peu trop rapide. Inutile d’essayer de suivre Steph, je le laisse s’échapper. Pour reprendre mon souffle, je vais nettement baisser l’allure dans la longue côte de Sorbiers qui nous emmène sur les premiers chemins enneigés.
Je constate déjà la présence au sol de quelques déchets, ça me met hors de moi. Les premières neiges sont aussi synonymes de premières glissades et là, nombreux sont les coureurs qui s'arrêtent sur le côté pour mettre les équipements spéciaux. De mon côté, je vais attendre un peu même si, au fond de moi, je sais que nous allons encore prendre de l’altitude et que ça n’ira donc pas en s’arrangeant.
La grosse différence par rapport à l’année dernière c’est que la neige est moins fraîche. Les zones verglacées sont plus importantes à cause de la fonte de la neige dans la journée, du gel la nuit. De plus, une fine pellicule de givre recouvre par endroit ces parties glissantes et nous surprennent. Enfin, ce que nous n’avions pas vu l’année dernière, ce sont ces impressionnantes congères témoignant de l'intensité des intempéries mais aussi que le vent a été très présent. Cela dit, elles ne nous gênent pas, nous avons la place pour passer.
J’arrive à Saint-Christo-en-Jarrez, première zone de ravitaillement au 15e km. Un peu de monde sous la tente mais ce n’est pas la bousculade de l’année dernière. J’ai anticipé en ayant déjà mangé et bu. Je fais juste l’appoint en eau de mon bidon. Eau que je ne boirais pas, car trop chlorée. Je me servirai du second bidon rempli d’isostar.
Je ne m’attarde pas et je pars me soulager à l’extérieur. Je vais en profiter pour chausser les Ezyshoes. Au loin, j'entends des sirènes des véhicules de secours, signe qu'il y a certainement de la casse, je n'aime pas ça.
Encore des différences par rapport à la précédente édition : les zones bitumées sont moins glissantes, pas de brouillard et peu de vent. Et commence le balai des coureurs qui enlèvent leurs "chaînes" pour les remettre quelques mètres plus loin.

Le dénivelé se fait plus rude. De temps en temps, je lève les yeux pour constater que les étoiles veillent sur nous. Je me retourne aussi pour admirer ce beau serpentin de frontales qui illuminent les monts du Lyonnais. Que de monde !!! c'est impressionnant.
Les plaques de glace sont de plus en plus nombreuses ce qui occasionne un festival de pirouettes. On se croirait à Holiday on ice, et un axel suivi d'un salchow, puis un boucle piqué... Parfois on se croirait au bowling, et un Strike ! (une chute pouvant en entraîner d’autres...)
Arrive une belle et longue descente. Visiblement sur un versant moins enneigé, moins verglacé mais je resterai néanmoins vigilant pour ne pas aller à la faute. Par contre, c’est un ruisseau de boue qui nous accueille dans cette zone où il y a aussi de nombreux rochers et des cailloux. C’est moins vicieux que le verglas, mais pas plus facile pour autant. Contrairement à certains fous, je suis prudent, je me freine, ce qui est, pour moi qui ne sais pas bien descendre, un très gros effort. Les muscles souffrent beaucoup mais à ce moment précis, ce qui commence à m’inquiéter ce sont mes pieds. Avec la boue et l’eau glacée, ils sont frigorifiés.
Dans une autre descente, un peu plus loin, un coureur derrière moi a glissé sur une plaque de glace. Malgré la musique dans une oreille j'ai bien entendu sa chute. Je m’arrête pour revenir à sa hauteur avec d’autres coureurs. Son poignet est dans un mauvais état, la course semble terminée pour lui. 100m plus loin, une jeune fille est transportée sur le dos d'un concurrent, les dégâts sont de plus en plus importants.
J’arrive enfin à Sainte-Catherine, second ravitaillement, 30e kilomètre, 3h55 de course. Malgré les embûches, je suis hyper motivé puisqu’on nous a dit qu’à partir de là il n’y avait plus qu’à dérouler... mon c.. !!
Comme j’ai mangé et bu de l'isostar régulièrement, je ne prends qu’un peu de thé, histoire d'essayer de me réchauffer puis, je pars faire la queue pour remplir mes bidons. Là, je vais perdre beaucoup de temps. Quand mon tour arrive, il n’y a pas de pression dans les tuyauteries. C’est un tout petit filet d’eau qui coule, à ce rythme j’en ai pour une heure. Je décide d’aller à l’autre point d’eau. Il me faut alors refaire la queue quelques minutes. Avant de repartir, passage rapide par les toilettes et après 20 minutes passées sous cette tente, je remets mes gants pour reprendre la route.
Mes deux paires de gants (oui, oui, deux couches) sont si humides qu'en les remettant mes mains se refroidissent considérablement. Heureusement, après quelques minutes d’efforts et en serrant fort les poings, ça s’arrange. L'inconvénient d’avoir mis de 2 couches de gants, c'est que cela rend les gestes moins précis. Il m’est difficile de manipuler certains éléments comme les fermetures éclairs du sac ou de la veste, on va faire avec.


Nous quittons Sainte Catherine par une belle côte. Quelques flaques de boue puis de nouvelles plaques de glace réapparaissent. Nombreux sont ceux, comme moi, à avoir enlevé les équipements spéciaux. Quelques-uns s’arrêtent pour les remettre. Je n’ai pas le courage de déposer le sac et surtout pas envie de me refroidir. Un gars devant moi va faire une belle pirouette retombant lourdement sur le dos et les épaules. Nous nous arrêtons pour prendre de ses nouvelles et lui prêter main forte. Il s’est relevé comme si de rien n’était puis il est reparti. Il m’a fait très peur. Sa tête aurait pu cogner une pierre ou un rocher, il aurait pu se retrouver en fauteuil voir pire.
Ca fait réfléchir, mais cet épisode sera vite oublié avec la grosse difficulté qui arrive, la célèbre côte du bois d’Arfeuille que nous avions descendu comme on a pu l’année dernière et que nous allons monter cette fois.


source : http://www.desbossesetdesbulles.com/Bravo-a-tous-les-Saintelyon.html

Heureusement pour nous, elle n’est pas aussi glissante que l’année dernière. Par contre son fort dénivelé nous en fait baver. A la queue leu leu, en silence, on grimpe ce long mur en marchant. On aperçoit les frontales des coureurs au-dessus de nous. Il faut grimper si haut ? En s’approchant du sommet on entend quelques cloches et de la musique, merci à ces courageux supporters !

Je commence à accuser le coup. Il est 5 heures du matin, je constate que l’intensité lumineuse de ma frontale devient faible, peut-être est-ce aussi la fatigue qui commence à se faire ressentir. Les jambes se font lourdes, certainement parce que je n’ai pas encore bien récupéré des 100 km de Millau et mes pieds ont froids et n’aiment vraimznt pas ça.
Heureusement le parcours devient moins glissant, je n’ai pas dit plus facile, loin de là. Il faut quand même rester vigilant mais je pense que le pire est derrière nous.
5H53 du matin, ravitaillement de St Genoux, point kilométrique 41.
L’année dernière c’était la grosse bousculade ici. C’est aussi à partir de là que j’ai continué seul, Isabelle ayant décidé de rendre les armes.
Un peu de thé, une pâte de fruit puis je change les piles de la frontale. Une boite pour piles usagées est à notre disposition, merci à l'organisation.
Un quart d’heure après je me remets à courir. Encore une belle descente qui fait râler de nombreux muscles suivie d’une belle grimpette. Je suis de plus en plus dégoûté par la vue de tous ces déchets sur le sol en pleine nature.
Sur le bitume, mes pieds n’en peuvent plus et mes orteils me le rappellent. Malgré tout ça, j’ai quand même le moral. L’idée d’abandonner ne m’a jamais effleuré l’esprit.
De temps en temps on peut profiter d’un beau panorama sur la vallée. Le ciel étoilé va bientôt laisser la place au jour qui se lève. Pour l’instant je trottine toujours. Et je vais trottiner jusqu’à Soucieu en Jarrest, kilomètre 54, où de nombreuses personnes sont présentes et nous encouragent.
7h47, j’entre dans le gymnase. Je vais quasiment goûter à tout (sauf au saucisson). La vue des coureurs en relais qui se changent après avoir terminé leur contrat me donne envie d'en faire autant. Avant de repartir je dois passer aux toilettes, je vais devoir faire la queue dans le froid et perdre un peu de temps.
15 minutes plus tard, je repars sous les encouragements de nombreuses personnes et des bénévoles, ça fait du bien, merci à vous !!
En traversant la ville, nous croisons quelques riverains dont certains ont des mots gentils pour nous remonter le moral. A la sortie de la cité, je reconnais la route et le chemin qui étaient verglacés l’année dernière et où un véhicule de secours était bien planté.
Cette année c’est nickel mais mes pieds ont toujours du mal à acquiescer les chocs quels qu’ils soient. De plus, un corps étranger s’est invité dans une chaussure. A 15 km de l’arrivée, je dois retirer ce caillou qui me gène beaucoup.



A partir de là je vais commencer à alterner course et marche. Il nous reste deux difficultés. Le raidillon à la sortie du parc de Chaponost, qui était un véritable bourbier l’année dernière. Aujourd’hui la boue est absente mais la côte est beaucoup plus difficile que le souvenir que j’en avais. Tout comme la dernière côte de Beaunant, juste après le dernier ravitaillement. Il s’agit d’un mur qui m’a paru interminable.
Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Comme quoi, en fonction de son état de fraîcheur, on apprécie différemment les choses.
Je dois ajouter que j’ai fait une énorme erreur au dernier ravitaillement de Beaunant, 68e kilomètre, 9 h 44 de course, 6 minutes d’arrêt.
Je demande à une dame de me remplir une gourde avec du thé. Elle va aller en chercher du chaud, du très très chaud. Pour pouvoir le boire, je vais aller ajouter de l’eau aux robinets mis en place pour remplir les poches d’eau. Mon thé sera à température convenable mais avec un fort goût de chlore. Décidé à vouloir me réchauffer coûte que coûte, j’avale rapidement cette boisson au goût d’eau de piscine mais cela va vite me donner l’envie de vomir. J'aurai dû tout jeter et retrourner en chercher. Le mal est fait, je vais faire avec.
Après cette dernière grosse difficulté, il me sera impossible de courir. Les 5 kilomètres qui vont suivre seront un véritable calvaire, surtout dans les descentes et il y en a pas mal. Les 180 marches annoncées par l'organisation ne sont pas à monter comme nous le pensions Steph et moi mais à descendre, ouf !!

Lyon !!!!  j’y suis !!
Contrairement à l’année dernière, le tracé dans la ville pour rallier l’arrivée sera plus direct, évitant d'interminables quais dont on en voit pas le bout.
Tous ces coureurs qui me doubler depuis le dernier ravitaillement me démoralisent encore plus, jusqu'à ce que je me remette à trottiner, à 2 kilomètres du but.
La présence de spectateurs de plus en plus nombreux va me rebooster pour terminer sur une belle note. L'entrée du parc affiche le dernier kilomètre. Le palais des sports se dévoile,.
Pat m’a téléphoné pour me dire qu’il était dans le dernier virage, que Steph était arrivé. Dernière ligne droite, de nombreux cris me portent mais je ne vois personne. Je suis à la recherche de notre ami que j’aperçois enfin pour une photo souvenir.

Mais j’ai encore 10 mètres à faire pour franchir cette ligne d’arrivée hyper soulagé, fatigué mais heureux.
Je récupère mon beau t-shirt puis je file chercher mes affaires. Je me change tranquillement puis je retrouve mes amis pour un voyage retour avec pleins d’images en tête mais surtout avec la ferme intention de ne jamais refaire cette course dans ces conditions trop dangereuses.
Courir oui mais pas pour me retrouver à l’hôpital. Quelques jours après, avec du recul, je ne suis plus aussi catégorique et puis j'aimerais bien profiter des paysages de ce parcours mais pour cela il faudrait la faire de jour.
Pour terminer, je suis hyper satisfait du sac Camp acheté à la dernière minute. Les portes bidons c'est vraiment génial.
Merci à Stéphane de m’avoir embarqué dans cette aventure.
Merci à Patrick (et Patricia) pour nous avoir conduit sur les lieux du crime et de s’être occupé de la logistique avec son épouse.
Merci à toutes les personnes qui nous ont encouragé quel que soit le moyen de communication.
Merci à cette belle organisation et à tous les courageux bénévoles
Pas de merci à tous ces gros porcs qui ont jeté leur déchet n’importe où. Aucun respect pour la nature, pour les autres concurrents, pour l’organisation. C’est inadmissible, honteux.
Une grosse pensée à Georges qui devait être avec nous mais son genou voulait rester dans la Sarthe. Bon rétablissement à lui et vivement qu’il puisse galoper à nouveau pour se faire une petite course ensemble.
Maintenant place à 3 semaines de repos total.
Bonnes fêtes de fin d’année !!!!


Quelques liens :
La trace de mon GPS Garmin 310 XT : http://connect.garmin.com/activity/415053203# Openrunner : http://www.openrunner.com/index.php?id=3117193

Exporté chez Openrunner : http://www.openrunner.com/index.php?id=3117193

Le résumé en images par la région Rhône-Alpes :


Le film officiel RRA de la SaintéLyon 2013 par MIGOOTV
Mes photos, dans le désordre car j'ai utilisé 2 appareils :


Photo chez Maindru : http://www.maindruphoto.com/fr/photos/la-saintlyon-2013-flash-sport/2113045/709-leclercq-hubert.html

Ce qu'il faut retenir de cette édition, par l'organisation : http://www.saintelyon.com/actualites/ce-quil-faut-retenir-de-cette-60eme-edition/

Photos de la reconnaissance d'une partie du parcours, 2 jours avant le départ. Photos sur Facebook : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.706364602709672.1073741835.561708693841931&type=1

Une vidéo un peu plus longue :

MONTAGE SAINTELYON 10MIN OK from Extra l'Agence on Vimeo.
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samedi 28 septembre 2013

2013 09 28 - 100 km de Millau



Le déplacement à Millau, ce 28 septembre 2013, était prévu de longue date mais, suite à mon abandon à Steenwerck en mai dernier, je ne me pensais pas capable de retenter la distance cette année alors je comptais m'inscrire sur le marathon. C'est à la fin d'un été dramatique, qui ne m'a cependant pas empêché de cumuler pas mal de kilomètres, que je décide finalement de m'inscrire sur les 100 km.
L'ami Pascal fera le voyage avec moi et profitera de la chambre d'hôtel que j'ai réservé depuis la fin 2012 à La Cavalerie, petite bourgade du Larzac située à 18 km de Millau. Avec pour seul objectif de franchir à nouveau la ligne d'arrivée d'une telle épreuve, je ne vais pas suivre de plan préparatoire. Je vais accumuler des kilomètres pour que les jambes tournent, tournent et tournent toujours. Tout se passe pour le mieux. J'en profite pour tester quelques nouveautés comme un maillot de compression pour éviter les échauffements, les Hoka, les chaussettes. Tout est parfait sauf que, la dernière semaine, un rhume va venir perturber tout cela. Le nez qui coule, la toux qui m'empêche de dormir plusieurs nuits me font douter sur ma capacité à parcourir une telle distance.
Vais-je être en forme pour relever ce défi ? Est-ce raisonnable de prendre le départ ? Dois-je renoncer ?



Pas de réponse jusqu’à ce que ce vendredi 27 septembre. Après quelques heures de route, un repas pris sur une aire d'autoroute avec Juan et Patrick retrouvés grâce à la magie des sms, nous arrivons au parc de la Victoire. Là, on me remet mon dossard. Avec les retrouvailles des amis, l'envie d'y être se fait pressante. Je ne vais pas me dégonfler, je ferais ce que je peux mais j'y serais.



Petit passage à la pharmacie pour acheter de quoi me soulager la gorge, puis direction un petit bar pour trinquer avec les amis. Le soir nous nous retrouvons au restaurant réservé par la crêpière pour un bon repas en compagnie de Francine, Marc, Patrick, Juan, Pascal et Christian (Neptune) qui nous arrivera un peu plus tard avec des trophées PCaP.
De retour à notre hôtel et avant de nous mettre au lit, nous préparons nos affaires pour le lendemain, réglons l'heure du réveil. Malgré les médicaments, je vais encore tousser beaucoup. Le Pascal est dans les bras de Morphée et j'ai peur que ma toux le réveille. Quand mon téléphone sonne le clairon à 6h30, je n'ai pas dormi énormément. Direction la douche, je m'habille puis nous filons prendre un petit déjeuner assez léger avant d'aller rejoindre la salle du parc de la victoire.



Nous retrouvons toute la compagnie et profitons des derniers préparatifs pour observer ce qui se passe dans la salle. Pendant ce temps-là, quelques célébrités sont interviewées, comme Anne Cécile Fontaine, la favorite chez les féminines, mais aussi Batman (alias Crocs-man) ou encore les meneurs d'allure et le groupe d'une vingtaine de marocains venus spécialement pour souffrir sur le bitume Aveyronnais.
Peu avant 9h30, nous nous dirigeons vers l'entrée du parc où tous les concurrents doivent se rassembler pour partir en convoi au centre-ville où est la ligne de départ. C'est à cet endroit que le dispositif électronique compte le nombre de partants, c'est LE passage obligé avant de s'élancer. Je me rends compte que j'ai oublié de mettre mes lunettes dans mon sac, trop tard !



A 10h00 précises, le top départ est donné, nous nous souhaitons bonne course. 1574 coureurs s'élancent sur les 1651 inscrits, accompagnés de 358 marathoniens.
Nous mettrons un peu plus d'une minute pour passer sous l'arche du départ. Pascal et Patrick sont partis devant avec l'espoir pour mon ami d'être sous les 10 heures.
Pour ce qui me concerne, ne pouvant le faire en moins de 11h00, je m'interdis donc d'être sous le 6'36 au km.

Première boucle : La vallée du Tarn


Acte I : dans le rythme
Un début de course facile Accompagné de Juan, nous maintenons une moyenne de 6'41 / km, ce qui me convient très bien. Dans le peloton ça papote et ça rigole encore.
Nous sommes rattrapés par Batman que Juan connais bien. Le fait de courir en crocs intrigue pas mal de monde et les questions fusent.

Le parcours est très agréable. Dans les villages traversés, un public enthousiaste et nombreux nous booste. Une petite inquiétude, la peur d'éventuelles bousculades quand les coureurs retrouveront leur accompagnateur vélo à partir du km 6,5, soit après le premier ravitaillement d'Aguessac.
La route se fait plus étroite et le peloton est encore dense, mais finalement cela se passera plutôt bien. Les 2 premiers ravitaillements seront liquides, que de l'eau en petite quantité. Ce n'est qu'au 3e ravitaillement que je vais prendre un petit morceau de banane et de pain d'épices. Je m'arrête aussi de temps en temps pour prendre des photos.

Acte 2 : mais où est Juan ?



21e km, la première côte est là. J'annonce à Juan que je vais m'arrêter prendre quelques clichés et que je le rattraperai tranquillement. Pour ne pas me griller, je vais le garder en ligne de mire pour revenir petit à petit. Au ravitaillement du 25e km, je me retrouve à ses côtés. Mais le temps de demander un gobelet d'eau, j'ai tourné la tête et plus de Juan...
Je me dis qu'il est certainement allé se soulager mais le temps passe et je ne le vois toujours pas. Je me retrouve donc seul. Je vais essayer de rattraper lee secondes perdues, mais le parcours est plus vallonné que la première partie de course si bien que j'arrive au 30e sans jus. Aucune douleur, de ce côté-là pas de soucis. Je n'ai plus de jambe, plus de force et le moral va en prendre un coup.



A la sortie du village, je demande à Batman s'il a vu notre pote. Il pense qu'il est derrière. Dans ma tête je me dis que ça tombe bien. Comme je suis à la ramasse et que je vais marcher un peu, il va bien me rattraper. Je me retourne souvent. Je vois des maillots oranges mais pas de Juan.
Cette portion du parcours qui nous ramène à Millau me semble interminable. Le moral dans les chaussettes, j'ai de plus en plus l'intention d'abandonner.
Et quand ça ne veut pas aller, tout s'y met. Mon maillot de compression, pourtant essayé à plusieurs reprises avec succès, m'empêche de respirer correctement et me gène de plus en plus.
Peu avant d'entrer en ville, le meneur d'allure des 13 heures me dépasse. Je l'entends annoncer à ses poursuivants qu'il est en avance et qu'il y aura 5 minutes de pause à la salle avant de repartir. Curieux cette façon de faire, heureusement que je ne me suis pas appuyé sur ce que j'appelle de l'assistanat. D'ailleurs ils arriveront tous quasiment seul, quel est l'intérêt ?
Bref, de retour en zone urbaine, les supporters sont de plus en plus nombreux à nous encourager. Je retrouve des forces pour rallier la salle du parc de la victoire au 42e km. Une première boucle facile qu'ils disaient...
Que fais-je ? Déposer les armes, repartir ? je ne sais pas quoi faire.
Je ressors de la salle, passe sur le tapis qui prend mon temps puis je trouve un banc pour me changer. J'enlève ce maillot de compression, me mets du NOK sur la poitrine pour éviter des échauffements, c'est décidé, je vais aller voir à quoi ressemble Saint-Affrique en faisant ce que je peux. Si ça ne va pas, je peux toujours m'arrêter.
Seconde boucle : l'aller-retour Millau / Saint-Affrique


Acte 1 : une promenade de santé

Jusque-là, du côté de la météo, nous avons eu de la chance malgré un ciel souvent très gris et menaçant. Seules quelques gouttelettes sont tombées. Rien de bien méchant mais, dans l'incertitude, j'ai décidé de partir avec mon camelbak dans lequel j'ai mis une frontale pour la nuit, une veste pour le froid, un poncho pour la pluie.
Je repars donc seul, sans aucune idée d'où peut être Juan. Mon but, atteindre sans me faire mal Saint-Affrique, point kilométrique 71 mais, cet aller-retour entre les deux villes est la partie la plus délicate du parcours. Et ça se confirme dès la sortie de Creissels avec la côte du viaduc à 8 % sur 1200 m (c'est ce qui est écrit sur le panneau).
Je ne m'affole pas et vais la monter en marchant du début à la fin. Ils sont quelques-uns à vouloir absolument la monter en courant, certains le paieront cher plus tard.


Ce cliché ne permet pas de voir correctement la difficulté qui nous attend.

Au sommet, je me remets à trottiner jusqu'à Saint-Georges de Luzençon. Faut dire que la pente est favorable pour courir. Je n'oublie pas de prendre de nouveau le viaduc en photo. Une petite pause vite fait pour me soulager (désolé m'dame !!) et une autre pour photographier le futur vainqueur, Ludovic Dilmi.

Après le ravitaillement, en plein cœur du village, je vais repartir en alternant course et marche jusqu'à Saint Rome de Cernon.
J'ai trouvé ce passage un peu long et monotone malgré la bonne ambiance qui régnait au ravitaillement du 56e kilomètre. Imaginez-vous en plein milieu de nulle part avec Peter et Sloane, Frédéric François et d'autres stars françaises des années 80 à fond pour nous faire oublier nos souffrances. Merci aux bénévoles,  vous êtes au top !!
Par contre, j'aurais aimé ne pas voir, vers le km 54, un véhicule de gendarmerie et 3 ambulances autour d'un coureur dans le fossé. D'après d'autres concurrents ce n'était pas bien méchant, je l'espère, car aucun moyen de vérifier l'information.

De mon côté, un nouvel élément vient me perturber. J'ai la gorge qui me chatouille de plus en plus, ma bouche qui devient pâteuse, qui se dessèche certainement les effets de mon rhume mais peut-être pas que cela. Je vais trouver sur les tables des morceaux de citrons qui me feront du bien, mais je bois de plus en plus malgré toute l'eau déjà avalé jusque-là (j'ai aussi pris un peu de glucose et de coca mais, en très petite quantité).



Désormais, je croise de plus en plus de coureurs sur le chemin du retour sur Millau. Je les félicite et leur souhaite d'aller au bout. J'ai même la chance de voir la première féminine que j'encourage et elle me le rendra, super sympa, merci beaucoup !!
J'ai hâte de voir Pascal, Patrick, Marc, Francine et peut-être Juan. J'arrive enfin dans la grosse difficulté du jour, la côte de Tiergues. C'est là que je croise Pascal. Je vais l'encourager avec beaucoup d'enthousiasme.



En retour Il m'annonce que Patrick a été contraint à l'abandon. Rapidement, il me dit aussi être inquiet pour le sac qu'il avait déposé à Saint-Affrique. Il a oublié de signaler son passage pour qu'il soit rapatrié à Millau par l'organisation. Mais pas le temps de s'éterniser, le biloute trace la route vers le paradis. N'ayant pas mémorisé son N° de dossard je ne peux rien faire, ce n'est pas grave, on ira chercher ses affaires après la course.
Cette côte est raide. Là encore, pas d'effort inutile, je marche. Même les accompagnateurs en vélo souffrent. Au sommet, je vais me remettre à trottiner puis, je vais croiser Francine qui me donne vite fait la position des uns et des autres. C'est là que j'apprends que Juan est devant moi. Je la laisse non sans l'avoir encouragé pour la suite.

Puis je croise Marc, qui me demande où est la crêpière. Je lui dit l'avoir croisé il y a une trentaine de secondes, mais c'est peut-être une ou deux minutes. Je ne sais plus très bien. En retour, Marc m'annonce que Juan est loin devant moi. Bonne route l'ami !!

Je sais que Juan a laissé un sac à St Affrique pour se changer. Il va donc perdre un peu de temps alors si j'accélère, et ça tombe bien, ça descend, peut-être que j'arriverais à revenir sur lui.
Je dépasse à nouveau Batman et une petite centaine de coureurs dans cette belle côte. J'ai les quadriceps droits qui explosent mais au moins j'aurais tout donné. A ce moment-là, je ne pense même plus à l'abandon.



Saint-Affrique, 3 minutes d'arrêt.
J'avale un petit jambon beurre, un gobelet d'eau et c'est reparti mais je n'ai pas été très lucide. Je ne suis pas entré dans la salle pour voir si mon ami était là. Hors de question de faire demi-tour.

ACTE 2 : le bout du tunnel

Le retour sur Millau commence par la côte descendue à toute vitesse peu de temps avant. La grimpette sera longue mais comporte des parties moins raides permettant de trottiner un peu. Mon regard se fixe sur une personne qui à l'air de ressembler à Juan mais, de loin je ne vois pas de sac à dos, alors j'ai des doutes Mais en me rapprochant, c'est bel et bien lui qui est là et en revenant à sa hauteur je lui fais la surprise. Je suis heureux de l'avoir retrouvé mais j'ai tout donné pour revenir sur lui et suis HS.
En regardant les chiffres, il est passé 28 minutes avant moi et entre Millau et St Affrique je suis passé de la 1017e place à la 883e.
Juan m'affirme que nous allons terminer ensemble. Ca me va bien mais, je ne veux pas le retarder. Il préfère trottiner quand ça monte et moi quand ça descend. On trouvera un excellent compromis, courir quand on pourra, car ça devient dur pour tous les deux, les pneus chauffent !!
Avec le jour qui disparaît, les températures descendent. Je vais donc passer ma veste et mettre en place la frontale sur ma casquette.
Le tonnerre que nous entendons n'est pas bon signe pour la suite. Heureusement, les dieux du sport seront super sympa avec nous, car seuls de nombreux éclairs illuminant le ciel de cette belle région nous accompagnerons jusqu'à la fin, sans pluie. Incroyable.
Nous allons remercier tous les bénévoles que nous allons croiser, tous les gendarmes qui ont fait du bon boulot pour nous permettre de courir en toute sécurité.
A Saint Rome de Cernon, le ravitaillement a été rapatrié dans la salle. J'en profite pour aller aux toilettes mais j'en ressors avec une forte envie de vomir. Je signale à mon pote que je l'attends à l'extérieur. Il aura la même réaction que moi, mais après quelques secondes il faut repartir.
On se fixe de petits objectifs intermédiaires, ce qui nous permet d'avancer doucement mais sûrement. On papote pas mal entre nous mais aussi avec des coureurs en excès de vitesse. Nous encourageons aussi les derniers concurrents que nous croisons, ce sont proncipalement des marcheurs et pour eux, la route est encore longue. Avant dernier ravitaillement rapide puis arrive enfin la côte du viaduc.
C'est en marchant que nous allons la monter mais aussi la descendre. Même en descendant j'ai les pieds qui chauffent... A noter qu'à notre passage sous le viaduc, son éclairage s'est coupé, un signe ?
Dernier ravitaillement. On se fait une petite pause sur un banc quand le meneur d'allure des 14 heures s'installe à côté de nous. J'en profite pour tester le cocktail de Juan mais on ne s'éternise pas.
Ce meneur nous dit avoir 3 minutes d'avance sur son objectif, alors dès le 97e km nous allons nous remettre à courir. Désormais tous les kilomètres sont annoncés et défilent assez vite, nous sommes en centre-ville de Millau.
Beaucoup d'encouragements, ça motive pour aller au bout. 99e km, puis le parc de la victoire et toujours de nombreux bravos nous sont lancés, ça fait chaud au coeur, l'émotion monte.
Nous franchissons la porte main dans la main en ayant oublié notre légendaire galanterie.



Désolé pour la demoiselle que nous avons "grillé" à 10 mètres de la ligne.
Heureux de l'avoir fait, très ému, je ne sais plus où je suis. On nous remet notre diplôme, un sac contenant un magnifique drap de bain aux couleurs de la manifestation et du principal sponsor.


Je suis aussi heureux car je n'ai aucun bobo, juste une petite ampoule de rien du tout que ma fille a soigné le lendemain.
Je peux enfin retirer ce sac à dos. Il n'était pas lourd, mais au bout de 100 km ça soulage et contrairement à ce qui est généralement dit dans les tests de matériels, il ne s'est pas fait oublier...
Les retrouvailles avec les amis permettent d'échanger nos impressions. Neptune m'annonce avoir abandonné suite à un début de tendinite, il n'a pas pris de risque. C'est une sage décision.
Même constat pour Patrick qui n'était pas au meilleur de sa forme et qui a jeté l'éponge à St-Affrique. C'est une décision lourde à prendre et il faut avoir beaucoup de courage pour renoncer.

Il se fait tard, certains ont envie d'aller au lit. Pascal et moi quitterons la fête après avoir avalé une bonne bière.
Désormais, la réponse à la question "as tu fais Millau ? ", je pourrai répondre "oui, je l'ai fait !!! "
La Mecque du cent borne porte bien son nom. Les paysages sont magnifiques mais Belvès vaut aussi de détour, car la Dordogne est belle, peut-être plus riche en monuments à voir le long du parcours.

Maintenant que l'épreuve du Morvan qui n'existe plus, c'est pour moi, sans aucun doute le 100 km sur route le plus difficile de France qu'il faut faire au moins une fois dans sa vie.
J'y retournerai, mais ça ne sera pas avant 2016, car en 2014 pas d'ultra, 2015 les 100 km d'Amiens (si un volontaire veut bien être mon accompagnateur en vélo). Il faut reconnaître qu'un accompagnateur est une aide morale et matérielle importante qui soulage beaucoup le coureur.
Bravo à tous les participants, terminateur ou pas.
Enorme bravo à Pascal qui a réussi son objectif de passer sous les 10H00 et de fort belle manière sur ce parcours très exigeant. Bravo à Francine et à Marc qui ont fait une très belle course.
Bon rétablissement à Patrick et Christian. Les gars, vous l'avez déjà fait et vous le referez sans problème.
Merci à toutes les personnes qui m'ont encouragé.
Merci à cette belle organisation, aux bénévoles, aux secouristes, à tous les supporters des villages traversés.

Prochain grand rendez-vous, la Saintélyon le 06 décembre. Course mi-route, mi-chemin de 75 km et de nuit entre Saint-Etienne et Lyon.

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jeudi 9 mai 2013

100 km de Steenwerck, 38e édition du 08 et 09/05/2013


Au programme :
- 100 km "open" : 24 heures pour faire les 100 bornes comme on veut. départ le mercredi 19 heures.
- 100 km "course" : 100 km en 13 heures maxi. Départ le jeudi matin 06 heures.


Toutes les courses se terminent le jeudi 19 heures.

Possibilité de s'inscrire pour 1 tour le mercredi soir.
Le jeudi après-midi, des courses pour les enfants sont organisées.






Alors qu'une grande majorité de français profite du jeudi de l'ascension pour faire le pont et partir à la mer, à la montagne, quelques irréductibles convergent vers un joli petit village aux portes des Flandres, qui organise la 38e édition de ses 100 km à pied, Steenwerck.
Mercredi midi, Isabelle, Stéphane, Pascal et Juan sont prêts. Stéphane est inscrit et compte le faire avec moi. Pascal et Isabelle seront des suiveurs en vélo, Juan s’est porté volontaire pour aider l’organisation qui manque de bénévole car cette année la semaine compte 2 jours fériés, ce qui a poussé pas mal de gens à partir.

 

Un trajet sans grande difficulté à part les réductions de voies de l'autoroute A3 qui génèrent un beau bouchon, l'essentiel du trafic est dans l'autre sens.

Des échanges de SMS nous permettent de savoir que Marc et Francine sont déjà sur place et que Joseph n'est plus très loin. Plus nous approchons de Lille, plus le ciel se fait menaçant mais pas de goutte d'eau pendant le trajet.

Sur place le ciel s'éclaircit. Nous retrouvons nos amis et nous profitons d'un bon rafraîchissement. Comme nous avons beaucoup de temps devant nous, nous décidons d'aller faire un petit tour dans le village, et là, un orage nous tombe sur la tête. Ca promet pour la suite.
Aux environs de 16 heures, il faut passer à table, nous retournons dans la salle des sports.



Puis vient l'heure de se mettre en tenue. Comme le soleil se montre, nous nous changeons à l'extérieur.
C'est la joie et la bonne humeur avant le départ. Une façon de faire tomber un peu la pression (voir vidéo).
Patrick, alias Pgaz, est de retour pour assister au départ de la course du soir après avoir déposé ses affaires à l’hôtel. J'apprends que Vincent est venu en train. Le dernier coureur à arriver est Laurent. Après un marathon de Cheverny qu'il considère comme raté, il ne fera pas les 100 km mais le grand tour du soir, soit 37 km. Une fois tout ce petit monde réuni, la photo du groupe est faite puis direction le KM 0

Le collègue Stéphane est hyper motivé...


Quand les grilles du parc où tous les coureurs sont rassemblés s'ouvrent pour rejoindre la ligne de départ, un autre Stéphane, habitant le coin, est venu assister au départ et nous encourager. Il a participé à une course dans l'après midi et n'a pas voulu rechausser les baskets ne serait-ce que pour faire un petit tour.


Dernières consignes : suivre la ligne rose pour la première boucle de 7 km dans le village ensuite la bleue puis la jaune... avec tout ça on ne peut pas se perdre.
Le tracé revient à ses origines : 2 boucles d'un peu plus de 15 km en forme de huit à parcourir 3 fois précédé d'un tour dans et autour du village de 7 km pour atteindre les 100 bornes.
Ce sera une découverte pour moi, car à ma première participation, en 2009, il s’agissait d’un grand tour à parcourir 5 fois.


Les pigeons sont lâchés (pas nous, mais des vrais pigeons...) puis c'est le décompte
5, 4, 3, 2, 1 PAN !!!!
On se souhaite bonne course et c'est parti.


Beaucoup de monde dans cette petite artère du centre-ville et comme beaucoup de marcheurs se sont positionnés devant il faut les éviter, ce qui n'est pas une mince affaire et pas mal de concurrents râlent.
De mon côté la stratégie est simple : Comme j'ai presque fait du 10 km/h aux 6 heures de Buc, je pars un peu moins vite en essayant de tenir 60 à 70 km et le reste comme je peux. Ça, c'est la théorie, les actes c’est autre chose.
Laurent, Marc et Francine sont déjà loin. Joseph, Stéphane et Vincent partent cool comme moi et restent à mes côtés. Après 4 km environ, nous repassons par le centre du village. Nous croisons Pascal et sa caméra. Peu après il nous rejoint avec son vélo accompagné d’Isabelle.












Joseph est hyper motivé, je sens qu’il ira au bout tout comme Vincent qui est plus prudent. Joseph annonce les temps de passage. Nous sommes à 6’20 au kilo à peu près. Au 10e km il annonce 1h03. Un rapide calcul me fait dire qu’on est sur les bases de 10h30, ce qui est trop rapide mais je ne dis rien et je continue à les suivre. Au 3e ravitaillement, à la Croix du Bac, tout le monde passe par la case toilettes avant de reprendre la route.
La luminosité du jour faibli, c’est le moment pour moi de m’équiper pour la nuit à savoir mettre la frontale. Je reconnais certains passages de ma première participation même si nous sommes dans le sens contraire.


Après un peu plus de 21 km, premier passage à la salle des sports mais nous n’y rentrons pas. Le pointage et un ravitaillement sont à l’extérieur. C’est à la fin de la seconde boucle que nous passerons dans le gymnase. On ne s’attarde pas et nous voilà sur la partie complètement inconnue du tracé.
Joseph est désormais devant. Nous le rattrapons à chaque ravitaillement jusqu’au 7e ravito où il repart au moment où nous arrivons. Une partie du parcours, quelques centaines de mètres longeant l’autoroute, n’est pas bitumée et fait mal aux pieds, mais on a connu pire...
De retour à Steenwerck, cette fois nous passons dans la salle des sports puis nous repartons sur la boucle bleue.
Les jambes tournent bien. J’apprends que Marc est derrière. Parti trop vite ? un problème ? j’en saurais pas plus.

Nous dépassons la féminine qui s’est garée à côté de ma voiture, c'est elle qui gagnera l’épreuve. Le ravitaillement suivant est loin, un peu plus de 7 km. Pascal a troqué sa caméra, puisque la nuit il n’y a pas grand chose à filmer, contre ses runnings. Par contre, le second Stéphane, le régional, est venu avec son vélo et va nous accompagner un peu, merci biloute !!!









Alors que tout allait bien, un point de côté fait son apparition. Je vais quand même tenir jusqu’au ravitaillement où celui-ci va se faire plus discret. Par contre, ce que je mange a du mal à passer, ça sentirait le sapin ?
Pas encore. Mais pas pour longtemps. Deux kilomètres plus loin une douleur à l’aine se manifeste. J’avais déjà ressenti celle-ci peu avant les 6 heures de Buc mais comme elle n’avait pas perduré, je n’y avais pas prêté attention. Sauf qu’à ce moment précis, chaque foulée intensifie la douleur. En voyant la Croix du Bac se présenter devant nous j’informe mes amis de mon souci. Je vais essayer de tenir jusqu’au ravitaillement et après je vais marcher un peu. Sauf que mon plan ne va pas se dérouler sans accroc comme ceux d'Hannibal Smith. Même en marchant je suis gêné.



Un bon kilomètre après, sur le pont où se trouve la marque 50 km, je jette l’éponge. Pas la peine d'insister avec des conséquences qui pourraient être graves.
Il faut que j’insiste lourdement auprès de mes compagnons pour qu’ils continuent sans moi... Même Steph sur son vélo voulait rester. Ce sont les petites gouttes d’eau qui vont tomber à ce moment-là qui vont le pousser à m'écouter. 
Seul sur les deux kilomètres qui me séparent de la salle des sports de Steenwerck, je referai une tentative mais ça fait trop mal. En arrivant à la salle j’informe Juan, qui s'occupe alors du pointage, que j’arrête. Il est déçu pour moi, merci l’ami.

 

Peu de temps après Marc arrive et jette l’éponge à son tour. Après la douche nous allons nous installer dans la salle à surveiller les temps de passage de nos ami-e-s et les encourager autant que possible. Nous allons aussi assister a un récital des jeunes un peu éméchés au bar de la salle, le seul désormais ouvert a des kilomètres à la ronde.
Au 69e Stéphane, qui manque de préparation et qui s’est pris un coup au foot une semaine avant, arrête aussi. Bravo à lui, tu peux faire une petite sieste




 
Comme je l’avais imaginé, Joseph et Vincent sont bien allés au bout. Francine a été dépassée sur la fin par la féminine que nous avions doublé vers le 38e km, bravo la crêpière !! A 6 heures du matin, Pascal et moi assistons au départ du 100 km course et encourageons Nadine et Patrick.
 
 
 

On ne s’éternisera pas, car tout le monde est fatigué et nous avons 2h30 de route. Isabelle rentre sur Saint Quentin, du coup Vincent va prendre sa place dans la voiture.
Merci à Juan d’avoir pris un relais en cours de route. Stéphane était trop fatigué, Vincent ne connaît que les boites automatiques et Pascal se demande toujours comment il a eu son permis...


Bilan pour moi : une préparation qui a été un peu improvisée mais cette douleur aurait pu apparaître n’importe quand même avec une super préparation. Je ne regrette rien, tout ce que j’ai fait, je l’ai fait avec plaisir et ces 48 km sans problème ont été un régal. Les jambes auraient pu continuer un peu mais le sort en a décidé autrement.
Je retenterai l’aventure avec quand même, un travail plus sérieux de l’allure.


Merci à tous pour vos encouragements et vos messages de sympathie.
Aujourd’hui la douleur est partie, je vais attendre quelques jours avant de faire un test.
A bientôt.

 
Bravo à tous les finishers. Bravo à Laurent pour sa belle 5e place au premier tour du soir.
Merci aux bénévoles et à l'organisation.
 
Liens vers les photos, vidéos.. :
 
 
 
 


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mercredi 27 mars 2013

6 heures de la ville de Buc (78) - 5e édition du 24/03/2013



A l’origine, je me suis inscrit a cette manifestation en vue de préparer les 100 km de Steenwerck, avec pour but de voir si je suis capable de tenir une allure constante pendant 6 heures.
Mais, depuis le jour de mon inscription, j’ai gagné un dossard pour le marathon de Paris. Alors, l’objectif a quelque peu changé en cette fin mars. Désormais, je dois conserver des forces pour ces 42 km sur le macadam de la capitale, qu’il faudra avaler 15 jours après.
J’arrive donc sur le nouveau site de la course avec l’intention de faire une cinquantaine de kilomètre mais aussi et surtout, pour passer de bons moments en compagnie des ami-e-s.

Je prépare mes affaires au dernier moment, à quinze minutes de quitter la maison. Si certains hésitent entre quinzaines de paires de pompes, des dizaines de maillots et 3 ou 4 montre GPS, de mon côté le choix est assez limité et donc mon sac est vite prêt. Sauf que, dans la précipitation, j’ai oublié de prendre une veste imperméable. La pluie n’est pas annoncée mais peut-on faire confiance aux prévisionnistes ?
Trop tard, je ferais sans.



Il n’y a pas foule quand j’arrive, si bien qu’on me remet mon dossard rapidement. Pas encore de tête connue à l’horizon alors je décide de retourner à la voiture afin de la rapprocher sur le parking qui jouxte le parc du château.
En chemin je croise Juan, Muriel sa copine, et Francine.
Je les accompagne aux stands. Nous saluons Nadine, le Bagnard et plein de personnes que je ne connais pas. Faut dire que Francine est une star, elle en connaît du monde.
Avant de nous mettre en tenue et comme nous avons le temps, nous allons reconnaître ce nouveau terrain de jeu en faisant le tour de ce beau petit parc.




 
De retour à la voiture, nous nous préparons puis nous nous rapprochons de la ligne de départ.
C’est qu’il ne fait pas très chaud et, comme prévu, le soleil ne réchauffera pas l’atmosphère. Un briefing, que peu vont écouter, plus occupé à continuer leur discussion, nous demande de respecter les lieux.
Il faut malheureusmeent encore répéter qu'on ne doit pas jeter ses déchets dans la nature et utiliser les sanitaires installés pour l’occasion plutôt que d’aller derrière un arbre.
Ces consignes n'auront pas été respectées par 5 coureurs et peut-être plus. Les toillettes étaint pourant tout près du château.
Des personnes peu respectuses des lieux, des autres concurrents et de l'organisation. Indamissible !!
Quelques paroles émouvantes à la mémoire de Jean-Luc puis le maire de Buc libère les coureurs à 10 heures : 119 inscrits en individuel, 4 marcheurs et 20 équipes.
Nous partons donc à l’abordage de cette boucle de 1013m à parcourir le plus de fois possible pendant 6 heures. Le tracé est assez simple : après avoir contourné le château et ses allées gravillonnées, nous sommes sur un chemin de terre bien damé comportant quelques petits trous ici et là mais rien de bien méchant. Au fond du parc, virage à gauche suivi d’une toute petite butte de rien du tout pour nous emmener sur la partie la plus sinueuse du parcours puis retour sur les tapis qui clôturent cette boucle. L’électronique et l’informatique comptent nos tours et à chaque passage un écran nous informe que notre puce à bien été prise en compte.



Juste après la tente du comptage, un ravitaillement copieux nous attend après chaque tour.
Maintenant que le décor est planté il n’y a plus qu’à courir. Je pars tranquillement et adopte rapidement l’allure fixée. Je vais me retrouver en compagnie de Juan. Nous allons passer quasiment deux bonnes heures ensemble. Après une heure de course Francine nous a déjà mis 2 tours. C’est qu’elle est partie vite, mais elle n’est pas la seule. La tête de course, Didier Albacete suivi de près par Guillaume Vimeney, comme les équipes, sont très rapides et nous dépassent encore et encore...


Photos empruntée à Francine

De temps en temps nous devons faire face à un petit vent qui raffraichit bien l'atmosphère. Un coupe-vent aurait été nécessaire mais dans la précipitation j'ai oublié de mettre quelques effets personnels dans mon sac, je m'en suis passé.
Nous avons choisi de nous arrêter pour nous ravitailler tous les 3 tours, ce que je ferai jusqu’à la fin.
Je vais laisser Juan en compagnie de sa copine. Désormais seul, je vais rester sur le même rythme. Tout va bien pour moi alors que pour d’autres la marche commence à s’imposer, sauf pour les meilleurs qui ne se lâchent pas d’une semelle.
Pendant ce temps-là, le baganrd, quand il ne donne pas un coup de main au ravito, tourne avec son boulet et son appareil photo. Sourire obligatoire. Il s’amuse aussi avec Enzo, le fils de Valessa. Francine fera d’ailleurs un tour avec le petit.
Après 3 heures d’efforts (mi-course), je mets le mp3 en marche. Francine a un petit coup de barre, et moi je commence à réfléchir un peu trop. La musique va me changer les idées.
Les tours défilent. L’allure a augmenté légèrement si bien que je suis désormais certain d’atteindre mon objectif. Puis des supporters font leur apparition. Tout d’abord Marco armé de son appareil photo puis Sylvie. C’est super sympa d’être passé, merci beaucoup !!
Plus qu’une heure de course. J’ai mes 50 km. Je vais lever un peu le pied par contre j’ai un peu trop abusé du ravitaillement solide si bien que je ne prends plus que de l’eau. En tête de course Guillaume a pris un léger avantage sur ses poursuivants alors que Jean-Jacques Moros tient visiblement une belle forme et accumule des kilomètres pour son équipe.


Photo de Marc

Je retrouve Juan et Muriel. Il reste environ un quart d’heure. Muriel invite Juan a se faire plaisir pour ces derniers instants de course si bien qu’il prend un peu d’avance. Je reviens sur lui tant bien que mal et l’invite a faire les 2 derniers tours ensemble. Une fois fait, nous retrouvons Francine au ravito.
Allez !! il reste un peu de temps pour en faire un dernier, nous le ferons ensemble et franchirons la ligne en 6h02' avec 58,95 km au compteur du GPS, officiellement 58.7 km.
Très content de cette belle journée même si tourner en rond n'est visiblement pas mon truc mais pour les 100 km de Steenwerck ça va être difficile, très difficile.


Après la course je ne m’éternise pas car, une grosse manifestation est organisée dans Paris et la circulation risque d’être perturbée.
Alors je quitte les amis et leur donne rendez-vous pour notre prochaine aventure commune, Steenwerck.
En attendant il y aura le marathon de Paris le 07 avril.
Bravo à tous les concurrents, merci à Valessa, Marc, Sylvie, Juan, Muriel, Laurent le Bagnard... pour leurs encouragements, leur bonne humeur. et tout et tout...
Merci à Nadine, à toute son équipe pour cette organisation sans faille.
 
Trace GPS : http://connect.garmin.com/activity/288337489
Mes photos : https://picasaweb.google.com/113245630134072672330/201303246HeuresDeBuc
Les photos des ami(e)s :
- Marc : https://picasaweb.google.com/100911440513722063795/SoMad12kmVincennes6hDeBuc24032013
- Francine : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10200775978260859.1073741830.1204841594&type=1
La page facebook de l’événement avec pleins de liens vers des galeries photos et les vidéos de Sylvie : https://www.facebook.com/events/436084643114448/
 
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