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dimanche 18 décembre 2016

2016 12 04 - 63e SaintéLyon (72km entre St-Etienne et Lyon)

63e édition de la SaintéLyon


Après deux participations dans des conditions extrêmes en 2012 et 2013, je m'étais promis de ne plus prendre le départ de cette SaintéLyon. Mais comme il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis et pour accompagner Florian (fils de Patrick le pompier stéphanois), je me suis réengagé dans cette folle aventure.
Ce n'est pas le parcours ni courir la nuit, ni la foule, qui me dérangent, bien au contraire. La course nocturne dégage une atmosphère que j'aime bien. Ce qui me fait peur, ce sont les conditions climatiques dans la région en cette période de l'année. Elles peuvent être capricieuses et terribles. Mais cette année le ciel semble être avec nous. Il y fait froid mais pas de pluie ni de neige depuis une dizaine de jours, ce ne sera donc pas holiday on ice cette année. Je laisse mes Ezyshoes à la maison.
Enfin ça, c'est sur la papier car, nous verrons plus loin que ça ne s'est pas présenté comme je l'imaginais.

















Nous arrivons à Lyon en tout début d'après midi. Nous trouvons une place pour la voiture juste à côté de la Halle Tony Garnier en espérant la retrouver le lendemain. Direction le retrait du dossard dans cette grande et belle salle que je découvre (avant c'était au palais des sports).
Ils sont quelques-uns a déjà avoir ouvert leur enveloppe pour une photo souvenir avec le dossard sur le dos sous l'arche d'arrivée. Je ne suis pas superstitieux mais je ne passerai sous cette arche qu'après avoir fait les 72 km. Un petit tour dans les stands, j'en profite pour acquérir un petit gobelet car j'ai oublié le mien puis nous retrouvons Olivier venu en train.

Un petit verre au bar de la salle puis direction Saint-Etienne en covoiturage organisé par Florian. Sur place nous nous retrouvons dans sa famille, chez sa sœur pour être précis, que je remercie une fois de plus pour son accueil. Quelques courses (alimentaires) avec Pat, un petit apéro et nous dégustons les délicieuses pâtes préparées par la maman de Florian.

Nous avons le temps nécessaire pour nous préparer sans se presser, sans stresser. Il est un peu plus de 22 heures quand je laisse mon copain d'un soir, Guinguette, pour aller au parc des expositions de Saint-Etienne où sera donné le départ. 

Fouilles obligatoires pour entrer dans le parc. Nous déposons tout de suite nos sacs aux camions qui les achemineront à Lyon puis c'est l'heure des dernières photos avant de rejoindre la zone de départ.
Cette année l'organisation met en place un départ par vagues toutes les 10 minutes pour étirer le peloton afin d'éviter les embouteillages sur certaines portions du parcours et sur les ravitaillements. Avec Florian on espère partir dans le seconde vague pour ne pas s'emballer dès le début mais il n'y a aucun repère. On entre donc dans ce sas unique en essayant de ne pas trop s'approcher de l'arche et nous réussirons notre coup.

Il est 23h40 quand le départ est donné pour les quelques 1 400 premiers coureurs. Quelques minutes plus tard nous nous rapprochons de l'arche, nous partirons bien dans la seconde vague à 23h50. Florian est impatient, tout comme Olivier qui s’échappe devant moi dès la ligne franchie peu après l'heure prévue à ma montre. Comme je vais basculer sur la droite de la route je vais le perdre de vue.

Un petit coup d’œil à la montre pour constater que je suis parti un peu vite. Nous traversons la ville où quelques personnes nous encouragent, c'est sympa d'autant qu'il ne fait pas chaud.

Après plus de 7 km nous quittons le bitume pour le premier sentier. Première glissage aussi dans une toute petite descente heureusement sans conséquence.
C'est aussi le premier embouteillage. Il y en aura encore un ou deux un peu plus loin.
Le regroupement de coureurs laisse évacuer pas mal de vapeur et mes lunettes sont recouverte de buée, je n'y vois plus rien, ça commence bien !
Nous sommes à la queue leu leu. Il est parfois difficile de dépasser mais certains prendront quand même pas mal de risques pour gagner quelques places, je ne joue pas à ce petit jeu dangereux. On court, enfin, on court quand ça ne monte pas car ça commence à bien grimper. J'arrive à garder Florian en ligne de mire. On ne se perd pas même si je vais souvent le confondre avec un autre coureur qui a un sac identique et une tenue un peu similaire, juste une veste légèrement plus claire. Comme il a visiblement la même allure que nous, il va  se retrouver quasiment sur toute la course à nos côtés.

A deux kilomètres du premier ravitaillement de Saint-Christo-en-Jarrez, une demoiselle me demande ce qu'elle doit faire car elle a les genoux HS. Je lui réponds qu'elle n'a pas d'autre choix que de continuer sur ce chemin jusqu'au prochain ravito et lui propose de rester avec elle. Elle m’assure que ce n'est pas la peine, je lui souhaite bon courage !
Nous arrivons à St-Christo. Pas mal de monde car c'est une zone de passage de relais pour celles et ceux qui font la course en équipe.
J'annonce à Florian qu'il me faut une pause pipi mais il y a la queue aux toilettes (il n'y en a pas beaucoup). On verra après avoir avalé un petit gâteau et fait le plein des bidons.
Cette année ils ont mis des tables de chaque côté mais le fond de la tente est fermé si bien qu'on ressort pas l'entrée, du coup ça bouchonne, pas très futé.

A la lueur de la lune, on constate que le village comme ses alentours sont recouverts de givre. On se rend compte aussi que les escaliers et même la chaussée sont glissants. Il faut être vigilant partout. A la sortie du village nous allons trouver un buisson isolé pour nous soulager. Là, je vais avoir un petit pépin. Le cordon de mon collant est bloqué, coincé, je suis dans la mouise ! Heureusement, Florian saura me tirer de ce bourbier, je ne vous expliquerai pas comment.
On a perdu pas mal de temps, on s'est refroidi. Dur dur de repartir surtout que le brouillard va faire son apparition et ce n'est pas que de la buée sur mes lunettes. A partir de là, je vais subir le froid et à chaque fois qu'on va se mettre à marcher, je vais grelotter. Pire, l'humidité, le givre vont rendre très glissant routes comme chemins. Même sans neige, on a des conditions de course dangereuses. Pour l'instant j'ai évité la chute à plusieurs reprises.






























Ce froid ne décourage pas quelques givrés à nous encourager au milieu de nulle part. Certains ont allumé un feu et il y a même les habitants d'une maison isolée qui ont sorti la sono, c'est le TOP, MERCI.

Alors que tout se passait plutôt bien, la douleur dans le haut de la fesse gauche se manifeste légèrement. Petit à petit elle va remonter vers le bas du dos. Rien d'inquiétant mais d’imprudence pour que ça ne s'aggrave pas.
Tout à coup mon esprit va être monopolisé par l'idée de vouloir dormir. La nuit précédente a été agitée, je n'ai pas beaucoup dormi, je suis un peu en mode robot. Cependant, je dois rester vigilant car la descente sur Saint-Catherine est dangereuse, pas mal de coureurs vont s'en rendre compte, heureusement des chutes sans gravité.

Saine-Catherine est là. Je dois refaire le plein des bidons. Je comptais remettre de l'Isostar dans les bidons sauf qu'avec le frottement dans ma poche contre mon appareil photo, les pastilles, que j'ai enveloppé dans du papier alu, se sont transformées en poudre. Pire, certains emballages ont cédé et avec la transpiration ça s'est collé partout, l'appareil photo est inutilisable, paix à son âme.
Pas le choix, je m'en passerai, je me contenterai d'eau plate nature. Ici aussi les tables ont été doublées mais quasiment impossible d'y accéder. Trop de monde et aussi des coureurs qui restent plantés devant...
Dans cette foule j'arrive à retrouver Florian et on repart même si je serai bien monté dans un bus pour dormir.

Je lui annonce que nous allons attaquer la partie la plus dure (à mon avis) du parcours. Dès la sortie du village ça grimpe de nouveau puis un panneau va nous informer d'une descente dangereuse, c'est le fameux bois d'Arfeuille. Une zone boueuse que tout le monde veut éviter provoque un bouchon. Je serai bien allé tout droit mais je ne sais pas si Florian aurait suivi. En bas de cette célèbre descente, virage à gauche toute et là le mur !
Son nom "le Rampeau" : 750m pour 180m de D+-pente de 20% env (source organisation). La progression est silencieuse, je monte sans râler (pour une fois...). Je pense avoir dépassé Florian et m'arrête au milieu de la pente pour l’attendre, j'en profite pour grignoter mais je l'ai confondu avec l'autre coureur, Florian m'attend en haut.

On arrive tant bien que mal au ravitaillement suivant après un monotrace qui va occasionner un dernier bouchon. On regarde notre montre et on se dit que les premiers ont certainement terminé...
Je fais l'appoint de mes bidons et on continue. Je constate rapidement que l'eau a un drôle de gout, j'insiste pas et n'en bois plus.

Malgré le manque d'entrainement, Florian est en forme, toujours devant il relance plus vite que moi. C'est en me mettant à marcher plus tardivement que lui quand ça monte que je reviens à son niveau. Puis ce qui devait arriver arriva, me voilà au sol. Pas de bobo mais j'ai peur pour mon téléphone. Sur le coup il semble en état de fonctionnement mais une semaine après une zone de l'écran ne répond plus, direction le SAV.
Se présente à nous une belle descente boueuse à souhait. Personne ne veut se salir les pieds alors alors ça se met en file indienne de chaque côté. Si c'est humide et boueux c'est que ce n'est pas gelé, pas de verglas. Comme mes pieds ne craignent rien puisque j'ai mis mes chaussettes étanches, je passe au milieu et j'adore ça. Je fais quand même attention aux rochers qui peuvent être glissants.
J'éclabousse des gens qui râlent. C'est quand même formidable ces personnes qui ne veulent pas se salir sur un trail.
Florian ne m'a pas suivi, du coup je dois l'attendre en bas. Il me dit que lui aussi a eu le droit à une belle gamelle. Après une autre belle côte et des descentes assez techniques nous arrivons sur une longue portion de bitume qui nous emmène à Soucieu-en-Jarrest. C'est là qu’apparaît un nouveau problème pour moi au niveau des doigts de pieds. J'essaie de courir tant que possible sur l'herbe, ça me permet de souffrir moins.

Le jour s'est levé quand nous entrons dans le gymnase de Soucieu. Les tables sont bien achalandées, on en profite un maximum. A la sortie de la salle Florian rempli sa poche à eau, je vide mes bidons et refait le plein.
La traversée de la ville sera un véritable calvaire pour mes pieds. Nouvelle glissade, ma jambe droite part en grand écart, j'évite la chute mais j'ai comme l'impression que la pubalgie est de retour. 
Je continue quand même sur ces routes très glissantes. Je cours autant que possible sur l'herbe des bords de route. C'est moins glissant et les décharges électriques dans les orteils sont moins fortes.
Je dis et répète à mon ami Florian qu'il peut partir et finir seul, il gagnera du temps mais il est têtu le bougre et ne veut pas m'abandonner.

A partir de là, je vais reconnaître certains lieux comme le talus où une ambulance s'était échouée à cause du verglas la première année, le parc de Chaponost...
Mais j'ai oublié à quoi pouvait ressembler la route qui les relie. Pourtant je me rappelle de la passerelle intermédiaire qui permet de traverser une petite rivière.
De toute façon il y a d'autres changements car le dernier ravitaillement est dans le gymnase de Chaponost, juste avant d'entrer dans le parc alors qu'il était auparavant au lieu-dit de Beaunant à Sainte-Foy-les-Lyon, juste à côté de l'aqueduc du Gier.

On arrive justement à cet ouvrage. Je montre à Florian la belle côte qui nous attend en face sauf que de loin ça fait pas le même effet que quand on est au beau milieu de ce mur.
Je la pensais plus courte, ça grimpe bien. Je pensais aussi que c'était la dernière grimpette mais non, il y aura encore deux petites butes à gravir avant d'arriver aux escaliers qui nous permettrons de rejoindre les quais de la Saône.
Florian, qui se plaint un peu du genou et n'apprécie pas du tout ces marches à descendre. De ce côté là pas de soucis pour moi en plus le moral revient au beau fixe, la fin est toute proche.
Lyon se présente, on voit même la Halle Tony Garnier. Quelques marches à remonter, 2 ponts à traverser sous de nombreuses félicitations, faut savourer.
Nous entrons dans le parc, Hélène et Patrick sont là. Un petit bonjour rapide puis nous rentrons dans la salle pour franchir la ligne ensemble, heureux d'être allés au bout de cette aventure. Les douleurs disparaissent le temps de profiter de ces moments magiques.


Nous retrouvons nos amis covoitureurs. Olivier a fait un super chrono alors qu'Alan a dû abandonner à Soucieu suite à des soucis d'alimentation.
Nous récupérons nos sacs stockés dans une zone non surveillée. Ca, c'est limite ! Qu'on se serve soi-même pourquoi pas, mais qu'au moins un bénévole vérifie que la personne qui sort a bien le sac qui correspond au N° de dossard.
On se change, on se prend une petite binouze avec l'ami Patrick puis c'est l'heure de nous quitter. I il nous faut rentrer sur la capitale. Heureusement qu'Hélène était présente pour conduire sur la majeure partie du retour.

Au final un chrono inespéré même si, ici, il est difficile de comparer puisque le parcours, les distances et les conditions de course varient d'une année sur l'autre. De plus, contrairement à ce que je craignais, je n'ai pas subi le parcours mais le froid qui ne m'a pas lâché du 17e km à la fin.

Critiqué par certains, trail ou pas trail, ultra ou pas ultra, on s'en fout ! Cette course populaire, la plus vieille course nature de France, a des atouts que j'aime bien. Oui, il y a du monde mais j'ai connu des toutes petites courses avec peu de participants ou il y avait aussi des embouteillages.

L'important quand on aime courir n'est-il pas de courir ? c'est ce qu'on vient faire sur la SaintéLyon et c'est ce que j'ai fait avec des milliers d'autres passionnés.
Courir la nuit a ses particularités que moi j'aime bien. Cela dit j'aimerais bien faire le parcours une fois de jour pour voir un peu à quoi ressemble ces beaux paysages.

Par contre, ce que je trouve inadmissible ce sont tous ces coureurs qui n'ont aucun respect pour la nature, aucun respect pour les autres coureurs, aucun respect pour les bénévoles et l'organisation notamment en jetant leurs déchets (surtout des tubes de gel) n'importe où, alors qu'il y avait des poubelles un peu partout. Ras le bol de ces gros cons qui pourrissent la vie des autres. 

Pour terminer, merci aux supporters. Merci à Patrick, Patricia, Elsa, David, Hélène. Merci à Florian de m'avoir supporté de longues heures. Merci aux bénévoles, à l'organisation.
Maintenant place au repos, rendez-vous peut-être en 2017.










Trace GPS :



Vidéo :




Mes photos :




Les résultats solo 72 km :



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jeudi 12 décembre 2013

2013 12 08 - 60e édition de la SaintéLyon - 75 km


A l'issu de ma première participation à cette course de folie l'année dernière, j'avais affirmé que je n'y retournerai plus. Mais avec le temps, j’ai gardé en mémoire que les bons souvenirs oubliant les côtés négatifs si bien que j'ai tout de suite accepté l'invitation de l'ami Stéphane, participer ensemble à la 60e édition.

Pour cette édition 2013, qui relie toujours les deux grandes villes que sont Saint-Etienne et Lyon, quelques nouveautés : - un parcours modifié pour atteindre 75 km (au lieu de 72 en 2012) avec évitement des longs quais de Saône avant l’arrivée. - une course de 21 km baptisée SaintéSprint voit le jour et le départ sera donné à Soucieu en Jarrest. - le retrait des dossards à Lyon. Super pratique pour celui qui vient en train : Arrêt à Lyon, métro pour aller jusqu’au palais des sports, métro à nouveau pour reprendre un train pour St-Etienne...

Enfin, la fête des lumières est programmée le même week-end que la course. Super pour la fête et l’ambiance mais pas forcément pour le porte-monnaie. En effet, des millions de visiteurs sont attendus à Lyon et la SNCF y a vu là un moyen de s’en mettre plein les poches. Nous n’avons pas trouvé de billet preums dans les tranches horaires qui nous auraient convenu. Heureusement pour nous, "Super Pat" va assurer notre transport et notre assistance.
Ce qui ne sera pas une nouveauté cette année par rapport à 2012, c’est la présence de neige tombée en abondance quinze jours, trois semaines avant cette aventure. Avec un froid persistant sur la région, elle n’aura pas le temps de fondre.
Samedi 8 heures, notre chauffeur est prêt. Petit arrêt porte d’Orléans pour prendre en charge deux co-voitureurs.



Un voyage qui se passe bien. Pause café après 2 heures de route avec notre collègue qui assure un max. Ce qui l’ennuie c’est de devoir mettre les pieds à Lyon, surtout à deux pas de Gerland. Pour le Stéphanois qu’il est, ce n’est pas chose aisée.
Après avoir déposé nos deux compagnons de route en centre-ville, nous arrivons au palais des sports. Une fois l’excellent pique-nique préparé par Pat et son épouse avalé, nous filons retirer nos dossards, faire un tour des stands avant de reprendre la route pour Saint-Etienne.



Nous sommes les premiers à arriver dans le parc des expositions. Un petit tour pour repérer les lieux puis nous accompagnons Pat chez ses parents où il va déposer toutes les victuailles.
Le planning est bien chargé. Pat et Steph doivent se rendre au stade pour assister au match de ligue 1 opposant Saint-Etienne à Evian Thonon-Gaillard.
Direction Geoffroy-Guichard, visite de la boutique du club (impressionnant ce business), dîner dans un resto à quelques encablures du stade avec un ami de Pat, puis je les abandonne. Eux vont au foot et moi je vais les attendre dans une grande salle qui s’est bien remplie depuis notre passage éclair dans l’après midi.
Alors que je pensais attendre seul deux longues heures, quelqu’un a oublié de mettre le chauffage dans le stade et le match est annulé pour cause de terrain gelé. Quelles chochottes ces footeux !! Un degré en dessous de zéro et ils restent devant la cheminée alors que nous aurons des conditions bien pires.



Vers 23 heures nous sommes quasiment prêts. C’est parfait ! nous pourrons rejoindre la zone de départ bien plus tôt que l’année dernière où Isabelle et moi étions partis en toute queue de peloton. Les sacs déposés à la consigne, nous remercions note ami Pat avant qu’il ne parte se reposer chez ses parents. Il souhaitait nous suivre, mais la circulation va être difficile et il aura du mal ou nous retrouver. Autant qu’il aille se reposer pour être en forme le lendemain pour le retour.
A trente bonnes minutes du départ, il y a déjà pas mal de monde. Les SAS ne sont pas respectés. Nous serons en milieu de peloton. Des jeux de lumières et un fond musical nous font patienter. Puis le speaker prend la parole. Nous allons rendre hommage à deux personnes, puis il nous demande d’allumer les frontales et de faire une Ola quand enfin arrive le décompte final. On se souhaite bonne et deux minutes après le coup de pétard nous nous élançons dans la joie et la bonne humeur.
Les sept premiers kilomètres pour quitter Saint-Étienne vers Sorbiers se font sur le bitume. Au passage devant un magasin, nous aurons noté qu’un panneau affichait -6°, ce qui signifie que sur les hauteurs nous avoisinerons les -9 voire -10° mais comme j’ai mis 4 couches je ne crains pas le froid.
La première butte me fait prendre conscience que je suis un peu trop rapide. Inutile d’essayer de suivre Steph, je le laisse s’échapper. Pour reprendre mon souffle, je vais nettement baisser l’allure dans la longue côte de Sorbiers qui nous emmène sur les premiers chemins enneigés.
Je constate déjà la présence au sol de quelques déchets, ça me met hors de moi. Les premières neiges sont aussi synonymes de premières glissades et là, nombreux sont les coureurs qui s'arrêtent sur le côté pour mettre les équipements spéciaux. De mon côté, je vais attendre un peu même si, au fond de moi, je sais que nous allons encore prendre de l’altitude et que ça n’ira donc pas en s’arrangeant.
La grosse différence par rapport à l’année dernière c’est que la neige est moins fraîche. Les zones verglacées sont plus importantes à cause de la fonte de la neige dans la journée, du gel la nuit. De plus, une fine pellicule de givre recouvre par endroit ces parties glissantes et nous surprennent. Enfin, ce que nous n’avions pas vu l’année dernière, ce sont ces impressionnantes congères témoignant de l'intensité des intempéries mais aussi que le vent a été très présent. Cela dit, elles ne nous gênent pas, nous avons la place pour passer.
J’arrive à Saint-Christo-en-Jarrez, première zone de ravitaillement au 15e km. Un peu de monde sous la tente mais ce n’est pas la bousculade de l’année dernière. J’ai anticipé en ayant déjà mangé et bu. Je fais juste l’appoint en eau de mon bidon. Eau que je ne boirais pas, car trop chlorée. Je me servirai du second bidon rempli d’isostar.
Je ne m’attarde pas et je pars me soulager à l’extérieur. Je vais en profiter pour chausser les Ezyshoes. Au loin, j'entends des sirènes des véhicules de secours, signe qu'il y a certainement de la casse, je n'aime pas ça.
Encore des différences par rapport à la précédente édition : les zones bitumées sont moins glissantes, pas de brouillard et peu de vent. Et commence le balai des coureurs qui enlèvent leurs "chaînes" pour les remettre quelques mètres plus loin.

Le dénivelé se fait plus rude. De temps en temps, je lève les yeux pour constater que les étoiles veillent sur nous. Je me retourne aussi pour admirer ce beau serpentin de frontales qui illuminent les monts du Lyonnais. Que de monde !!! c'est impressionnant.
Les plaques de glace sont de plus en plus nombreuses ce qui occasionne un festival de pirouettes. On se croirait à Holiday on ice, et un axel suivi d'un salchow, puis un boucle piqué... Parfois on se croirait au bowling, et un Strike ! (une chute pouvant en entraîner d’autres...)
Arrive une belle et longue descente. Visiblement sur un versant moins enneigé, moins verglacé mais je resterai néanmoins vigilant pour ne pas aller à la faute. Par contre, c’est un ruisseau de boue qui nous accueille dans cette zone où il y a aussi de nombreux rochers et des cailloux. C’est moins vicieux que le verglas, mais pas plus facile pour autant. Contrairement à certains fous, je suis prudent, je me freine, ce qui est, pour moi qui ne sais pas bien descendre, un très gros effort. Les muscles souffrent beaucoup mais à ce moment précis, ce qui commence à m’inquiéter ce sont mes pieds. Avec la boue et l’eau glacée, ils sont frigorifiés.
Dans une autre descente, un peu plus loin, un coureur derrière moi a glissé sur une plaque de glace. Malgré la musique dans une oreille j'ai bien entendu sa chute. Je m’arrête pour revenir à sa hauteur avec d’autres coureurs. Son poignet est dans un mauvais état, la course semble terminée pour lui. 100m plus loin, une jeune fille est transportée sur le dos d'un concurrent, les dégâts sont de plus en plus importants.
J’arrive enfin à Sainte-Catherine, second ravitaillement, 30e kilomètre, 3h55 de course. Malgré les embûches, je suis hyper motivé puisqu’on nous a dit qu’à partir de là il n’y avait plus qu’à dérouler... mon c.. !!
Comme j’ai mangé et bu de l'isostar régulièrement, je ne prends qu’un peu de thé, histoire d'essayer de me réchauffer puis, je pars faire la queue pour remplir mes bidons. Là, je vais perdre beaucoup de temps. Quand mon tour arrive, il n’y a pas de pression dans les tuyauteries. C’est un tout petit filet d’eau qui coule, à ce rythme j’en ai pour une heure. Je décide d’aller à l’autre point d’eau. Il me faut alors refaire la queue quelques minutes. Avant de repartir, passage rapide par les toilettes et après 20 minutes passées sous cette tente, je remets mes gants pour reprendre la route.
Mes deux paires de gants (oui, oui, deux couches) sont si humides qu'en les remettant mes mains se refroidissent considérablement. Heureusement, après quelques minutes d’efforts et en serrant fort les poings, ça s’arrange. L'inconvénient d’avoir mis de 2 couches de gants, c'est que cela rend les gestes moins précis. Il m’est difficile de manipuler certains éléments comme les fermetures éclairs du sac ou de la veste, on va faire avec.


Nous quittons Sainte Catherine par une belle côte. Quelques flaques de boue puis de nouvelles plaques de glace réapparaissent. Nombreux sont ceux, comme moi, à avoir enlevé les équipements spéciaux. Quelques-uns s’arrêtent pour les remettre. Je n’ai pas le courage de déposer le sac et surtout pas envie de me refroidir. Un gars devant moi va faire une belle pirouette retombant lourdement sur le dos et les épaules. Nous nous arrêtons pour prendre de ses nouvelles et lui prêter main forte. Il s’est relevé comme si de rien n’était puis il est reparti. Il m’a fait très peur. Sa tête aurait pu cogner une pierre ou un rocher, il aurait pu se retrouver en fauteuil voir pire.
Ca fait réfléchir, mais cet épisode sera vite oublié avec la grosse difficulté qui arrive, la célèbre côte du bois d’Arfeuille que nous avions descendu comme on a pu l’année dernière et que nous allons monter cette fois.


source : http://www.desbossesetdesbulles.com/Bravo-a-tous-les-Saintelyon.html

Heureusement pour nous, elle n’est pas aussi glissante que l’année dernière. Par contre son fort dénivelé nous en fait baver. A la queue leu leu, en silence, on grimpe ce long mur en marchant. On aperçoit les frontales des coureurs au-dessus de nous. Il faut grimper si haut ? En s’approchant du sommet on entend quelques cloches et de la musique, merci à ces courageux supporters !

Je commence à accuser le coup. Il est 5 heures du matin, je constate que l’intensité lumineuse de ma frontale devient faible, peut-être est-ce aussi la fatigue qui commence à se faire ressentir. Les jambes se font lourdes, certainement parce que je n’ai pas encore bien récupéré des 100 km de Millau et mes pieds ont froids et n’aiment vraimznt pas ça.
Heureusement le parcours devient moins glissant, je n’ai pas dit plus facile, loin de là. Il faut quand même rester vigilant mais je pense que le pire est derrière nous.
5H53 du matin, ravitaillement de St Genoux, point kilométrique 41.
L’année dernière c’était la grosse bousculade ici. C’est aussi à partir de là que j’ai continué seul, Isabelle ayant décidé de rendre les armes.
Un peu de thé, une pâte de fruit puis je change les piles de la frontale. Une boite pour piles usagées est à notre disposition, merci à l'organisation.
Un quart d’heure après je me remets à courir. Encore une belle descente qui fait râler de nombreux muscles suivie d’une belle grimpette. Je suis de plus en plus dégoûté par la vue de tous ces déchets sur le sol en pleine nature.
Sur le bitume, mes pieds n’en peuvent plus et mes orteils me le rappellent. Malgré tout ça, j’ai quand même le moral. L’idée d’abandonner ne m’a jamais effleuré l’esprit.
De temps en temps on peut profiter d’un beau panorama sur la vallée. Le ciel étoilé va bientôt laisser la place au jour qui se lève. Pour l’instant je trottine toujours. Et je vais trottiner jusqu’à Soucieu en Jarrest, kilomètre 54, où de nombreuses personnes sont présentes et nous encouragent.
7h47, j’entre dans le gymnase. Je vais quasiment goûter à tout (sauf au saucisson). La vue des coureurs en relais qui se changent après avoir terminé leur contrat me donne envie d'en faire autant. Avant de repartir je dois passer aux toilettes, je vais devoir faire la queue dans le froid et perdre un peu de temps.
15 minutes plus tard, je repars sous les encouragements de nombreuses personnes et des bénévoles, ça fait du bien, merci à vous !!
En traversant la ville, nous croisons quelques riverains dont certains ont des mots gentils pour nous remonter le moral. A la sortie de la cité, je reconnais la route et le chemin qui étaient verglacés l’année dernière et où un véhicule de secours était bien planté.
Cette année c’est nickel mais mes pieds ont toujours du mal à acquiescer les chocs quels qu’ils soient. De plus, un corps étranger s’est invité dans une chaussure. A 15 km de l’arrivée, je dois retirer ce caillou qui me gène beaucoup.



A partir de là je vais commencer à alterner course et marche. Il nous reste deux difficultés. Le raidillon à la sortie du parc de Chaponost, qui était un véritable bourbier l’année dernière. Aujourd’hui la boue est absente mais la côte est beaucoup plus difficile que le souvenir que j’en avais. Tout comme la dernière côte de Beaunant, juste après le dernier ravitaillement. Il s’agit d’un mur qui m’a paru interminable.
Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Comme quoi, en fonction de son état de fraîcheur, on apprécie différemment les choses.
Je dois ajouter que j’ai fait une énorme erreur au dernier ravitaillement de Beaunant, 68e kilomètre, 9 h 44 de course, 6 minutes d’arrêt.
Je demande à une dame de me remplir une gourde avec du thé. Elle va aller en chercher du chaud, du très très chaud. Pour pouvoir le boire, je vais aller ajouter de l’eau aux robinets mis en place pour remplir les poches d’eau. Mon thé sera à température convenable mais avec un fort goût de chlore. Décidé à vouloir me réchauffer coûte que coûte, j’avale rapidement cette boisson au goût d’eau de piscine mais cela va vite me donner l’envie de vomir. J'aurai dû tout jeter et retrourner en chercher. Le mal est fait, je vais faire avec.
Après cette dernière grosse difficulté, il me sera impossible de courir. Les 5 kilomètres qui vont suivre seront un véritable calvaire, surtout dans les descentes et il y en a pas mal. Les 180 marches annoncées par l'organisation ne sont pas à monter comme nous le pensions Steph et moi mais à descendre, ouf !!

Lyon !!!!  j’y suis !!
Contrairement à l’année dernière, le tracé dans la ville pour rallier l’arrivée sera plus direct, évitant d'interminables quais dont on en voit pas le bout.
Tous ces coureurs qui me doubler depuis le dernier ravitaillement me démoralisent encore plus, jusqu'à ce que je me remette à trottiner, à 2 kilomètres du but.
La présence de spectateurs de plus en plus nombreux va me rebooster pour terminer sur une belle note. L'entrée du parc affiche le dernier kilomètre. Le palais des sports se dévoile,.
Pat m’a téléphoné pour me dire qu’il était dans le dernier virage, que Steph était arrivé. Dernière ligne droite, de nombreux cris me portent mais je ne vois personne. Je suis à la recherche de notre ami que j’aperçois enfin pour une photo souvenir.

Mais j’ai encore 10 mètres à faire pour franchir cette ligne d’arrivée hyper soulagé, fatigué mais heureux.
Je récupère mon beau t-shirt puis je file chercher mes affaires. Je me change tranquillement puis je retrouve mes amis pour un voyage retour avec pleins d’images en tête mais surtout avec la ferme intention de ne jamais refaire cette course dans ces conditions trop dangereuses.
Courir oui mais pas pour me retrouver à l’hôpital. Quelques jours après, avec du recul, je ne suis plus aussi catégorique et puis j'aimerais bien profiter des paysages de ce parcours mais pour cela il faudrait la faire de jour.
Pour terminer, je suis hyper satisfait du sac Camp acheté à la dernière minute. Les portes bidons c'est vraiment génial.
Merci à Stéphane de m’avoir embarqué dans cette aventure.
Merci à Patrick (et Patricia) pour nous avoir conduit sur les lieux du crime et de s’être occupé de la logistique avec son épouse.
Merci à toutes les personnes qui nous ont encouragé quel que soit le moyen de communication.
Merci à cette belle organisation et à tous les courageux bénévoles
Pas de merci à tous ces gros porcs qui ont jeté leur déchet n’importe où. Aucun respect pour la nature, pour les autres concurrents, pour l’organisation. C’est inadmissible, honteux.
Une grosse pensée à Georges qui devait être avec nous mais son genou voulait rester dans la Sarthe. Bon rétablissement à lui et vivement qu’il puisse galoper à nouveau pour se faire une petite course ensemble.
Maintenant place à 3 semaines de repos total.
Bonnes fêtes de fin d’année !!!!


Quelques liens :
La trace de mon GPS Garmin 310 XT : http://connect.garmin.com/activity/415053203# Openrunner : http://www.openrunner.com/index.php?id=3117193

Exporté chez Openrunner : http://www.openrunner.com/index.php?id=3117193

Le résumé en images par la région Rhône-Alpes :


Le film officiel RRA de la SaintéLyon 2013 par MIGOOTV
Mes photos, dans le désordre car j'ai utilisé 2 appareils :


Photo chez Maindru : http://www.maindruphoto.com/fr/photos/la-saintlyon-2013-flash-sport/2113045/709-leclercq-hubert.html

Ce qu'il faut retenir de cette édition, par l'organisation : http://www.saintelyon.com/actualites/ce-quil-faut-retenir-de-cette-60eme-edition/

Photos de la reconnaissance d'une partie du parcours, 2 jours avant le départ. Photos sur Facebook : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.706364602709672.1073741835.561708693841931&type=1

Une vidéo un peu plus longue :

MONTAGE SAINTELYON 10MIN OK from Extra l'Agence on Vimeo.
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dimanche 2 décembre 2012

70 km la Saintélyon - St Etienne (42) à Lyon (69) - 59e édition du 01/12/2012


 
Comment se retrouve t-on embarqué dans une telle aventure ?
Après un eco-trail de Paris qui s'est plutôt bien déroulé on se dit qu'on doit être capable de faire cette épreuve mythique qu'est la Saintélyon qui consiste à relier Saint-Etienne à Lyon de nuit le premier week-end de décembre.
Il s'agit d'une épreuve mixte, mi chemin, mi bitume avec des conditions météorologiques aléatoires qui vont avec la saison. L'avantage pour moi c'est qu'il n'y a pas besoin d'hébergement, des frais en moins...
 

 
Suite à mon inscription mes amis Pascal et Isabelle décident de me suivre. Stéphane devait être avec nous mais il s'y est pris trop tard et n'a pas eu de place par contre son ami Georges, que j'ai rencontré à La Rochelle, nous rejoindra.
Rendez-vous est donné samedi midi en bas de la maison pour rejoindre la gare de Lyon en bus. Le train, direct pour Saint-Etienne avec un arrêt à Lyon, est en grande partie occupé par des coureurs.
Après Lyon on aperçoit bien les sommets enneigés qui seront notre terrain de jeu, la pression monte d'un cran.
A Saint-Etienne la neige est absente mais les températures sont basses. Il n'y a qu'à suivre le flot des coureurs pour rejoindre le parc des expositions qui se trouve à un petit kilomètre de la gare. Sur place ça va vite. Nous récupérons notre dossard, les petits cadeaux dont un bonnet bien pratique de chez Lafuma made in China puis, après avoir fait un petit tour des exposants, nous prenons place dans le Hall B qui sent un peu la campagne mais où il n'y a pas encore grand monde.
 
Pascal a eu la bonne idée de prendre des tapis de sol qui nous permettrons de nous allonger car l'attente va être longue. Petit à petit la salle se remplit. Les préparatifs commencent. Patrick, un collègue originaire de la région et de passage dans sa famille vient nous faire un petit coucou, merci l'ami !!
 
Peu de temps après Georges arrive du Mans avec un pote, Pierre-Yves. Pascal guette l'arrivée de ses camarades de club, la SAM Paris 12.
 
Nous mettons aussi à profit cette longue attente pour observer ce qui se passe atour de nous : ceux qui ont apporté leur sac de couchage et qui arrivent à trouver le sommeil, ceux qui sortent réchaud, casserole etc... on ne s'ennuie pas mais, même si je n'ai pas envie de dormir, la fatigue commence a se faire ressentir.
Quelques animations sont organisées pour faire passer le temps dont une remise de récompenses. Puis vient l'heure de manger. Pour les personnes ayant pris l'option pasta party des pâtes trop cuites sont proposées, c'est Pascal qui va les déguster. Heureusement j'avais prévu en emmenant ma petite salade maison.


Un sms d'encouragement de Laurent me rappelle que Samuel est aussi de la fête. Je l’avais complètement oublié, je suis impardonnable. Aussitôt je lui envoie un message pour savoir où il est. Sa réponse m'inquiète "suis bloqué dans un train à Lyon" et visiblement un collègue à Pascal est dans la même situation.
Ils arriveront juste à temps pour prendre le départ mais je n'aurai pas eu l'occasion de le saluer avant l'épreuve.
Une dernière vérification du matériel avant de déposer nos sacs aux camions dehors.
Ce sera l'occasion de se faire une idée de la température extérieure : ça caille !!
D'ailleurs Patrick nous le confirme en m'envoyant un dernier sms d’encouragement dans lequel il précise que le thermomètre chez ses parents affiche -5°, combien sur les hauteurs ?
Nous aurons aussi la chance de croiser Valessa et Guillaume, une petite photo et on se quitte en se souhaitant bonne chance.
 
23 heures, c'est le départ de la SaintExpress de Sainte-Catherine où nous serons dans quelques heures... si tout va bien. Vers 23h30 les premiers courageux sortent pour aller s'échauffer d'autres pour aller sur la ligne de départ. Pour ce qui me concerne je sortirai au dernier moment. Cette année le départ n'est pas donné à côté du stade Goeffroy Guichard mais juste derrière le parc des expositions.
Fatigué Georges ?
La salle se vide rapidement. Pascal part rejoindre le sas 7-9 heures. Isabelle et moi avons décidé de rester ensemble mais je ne veux pas partir sans avoir souhaité une bonne course à Georges qui s'est éclipsé. Nous sommes quasiment les derniers à sortir. Un petit passage par les sanitaires et c'est la queue pour rejoindre notre sas 9-11 heures. Il y a tellement de bordel qu'un bénévole a ouvert une barrière et laisse entrer tout le monde. Nous ne sommes pas en queue de peloton mais il y a pas mal de marcheurs je n'ai pas l’impression que les sas servent à quelque chose.
Le speaker annonce la présence de Chrisine Aaron, j'imagine que c'est elle qui va donner départ puis le décompte est lancé...
Minuit, top départ !!
Nous voyons cette masse de coureurs illuminés s'élancer, d'où nous sommes c'est impressionnant. Les jambes ne demandent qu'à partir. Nous allons marcher jusqu'à l'arche, c'est là que je déclenche le chrono.
Les 9 premiers kilomètres se font sur le bitume le temps de traverser la ville pour rejoindre les premiers chemins. La route est légèrement vallonnée et large mais des marcheurs nous obligent à slalomer un peu, ce qui confirme bien que les sas ne servent vraiment à rien.
Malgré l'heure il y a un peu de monde à certains carrefours et dans certains quartiers. L'allure est conforme a celle fixée mais dès le premier chemin notre vitesse va en prendre un coup car on nous annonce du verglas, c'est le début d'hollyday on Ice. La première glissade d'un concurrent nous avertit des dangers qui nous guettent. Désormais il faut être prudent. Puis ça grimpe, et ça grimpe de plus en plus.



Maindru Photo
A partir de là et jusqu'au 63e km ce seront des montagnes russes. Sans oublier qu'il y a aussi des zones boueuses conséquence d'écoulements d'eau qui vient de je ne sais où la haut.
Mes pieds sont mouillés, ça commence fort. Les chutes sont de plus en plus nombreuses, heureusement sans gravité. Nous sommes à la recherche de passages plus favorables. C'est généralement les côtés des chemins que nous offrent la possibilité dévoluer sans se soucier du verglas mais la neige cache d'autres pièges comme des trous ou des ornières nous devons quand même faire attention.
Il faut aussi faire très attention car, sur les côtés, on trouve souvent soit des clôtures électriques soit des barbelés et quand on chute, par réflexe on se rattrape à ce qu'on peut, certains vont se faire mal. Le pire arrive peu avant le premier ravitaillement. Un coureur est allongé sur le sol. Il est bien entouré et les pompiers arrivent. J'espère qu'il n'a rien de grave.
Dans la brume on devine les lumières d'un village. Nous sommes bien à Saint-Christo en Jarez, premier ravitaillement vers le 15e kilomètre. 2 heures de course à ma montre.
Si on continue comme ça on est dans les temps pour notre tgv du retour.
Pas mal de monde dans cette bourgade car c'est là qu'attendent les relayeurs, pour ceux qui participent en relais bien sûr.
Il y a aussi beaucoup de monde sous la tente du ravitaillement mais j'arrive à trouver mon bonheur, 2 pâtes de fruit, un morceau de pain d’épices, un peu d'eau et c'est reparti.
On est vite remis dans le vif du sujet par cette belle côté à gravir mais désormais nous n'allons plus courir beaucoup. Au moindre obstacle, à la moindre glissade, la moindre chute tout le monde s'arrête à la recherche d'une trace sûre à la queue leu-leu.
Ce que je comprends quand ça glisse bien mais quand il s'agit d'éviter une flaque d'eau, une zone boueuse là je trouve ça exagéré. Si on veut pas salir ses baskets on ne s'inscrit pas sur une course nature.

A ne pas courir on se refroidit, on s'énerve un peu, on se demande ce qu'on fait là si bien que certains n'hésitent pas à franchir des barbelés pour couper et gagner quelques places.
Personnellement je ne trouve pas ça normal le parcours c'est le parcours et franchir des barrières c'est mettre les pieds sur une propriété privée où on a pas été invité... cela pourrait être reproché à l’organisation par les propriétaires pour les prochaines éditions.
Et puis je vois les coureurs qui, à chaque zone enneigée ou glissante, enfilent leur équipement spécial type Yaktrax et qui les retirent sur le bitume. J'en ai dans mon sac mais je n'ai pas eu le courage de les sortir et comme je ne les ai jamais utilisé j'applique le principe de précaution.

Au point culminant, quasiment au milieu de nulle part des bénévoles et quelques spectateurs ont allumé un feu ce qui permet à certains de faire une pause pour se réchauffer un peu. Leurs encouragements font plaisir et sont les bienvenus. Sur ces sommets on voit le défilé de frontales derrière nous, c'est impressionnant. On a aussi une vue sur les villes de ce que je pensais être la vallée du Rhône mais un coureur du coin me dit qu'il s'agit de la vallée du Gier, merci pour le renseignement.
Tant bien que mal nous arrivons à Sainte-Catherine, second ravitaillement où règne une certaine pagaille. Tente trop petite pour accueillir à la fois le ravitaillement et des bancs pour se reposer, se changer. C'est la bousculade, on est serré comme des sardines et ça pousse.
Faut jouer des coudes pour tenter de s'approcher des tables puis quand on y est ce n'est pas gagné.
Un coureur à côté de moi demande de l'eau, la dame lui répond qu'elle ne s'occupe que des gâteaux GRRrrrrrrrr
Un autre demande une boisson chaude, "c'est à l'entrée de la salle monsieur" mais impossible de faire marche arrière, GRRrrrr.
Avec Isabelle on s'en sort pas trop mal, un thé, quelques biscuits, un gobelet d'eau glacée et nous repartons. Pour pas changer, le parcours dessiné par les frontales nous montre que le chemin qui nous attend est encore difficile. Et toujours des zones boueuses, de la neige parfois jusqu'au genou soit environ 40 cm, sans oublier certaines congères bien plus épaisses...
De nouveau des secouristes qui ont mis sous perfusion une personne allongée sur le sol.
De temps en temps le bitume fait du bien, on se sent plus léger, on peut courir un peu mais ça ne dure jamais longtemps. Puis arrive la fameuse descente du bois d'Arfeuille. Ce bois nous protège un peu du vent et du froid mais qu'elle est longue cette descente avec des passages bien raides principalement constituée de rochers hyper glissants. Un pied dessus c'est la chute assurée.
Avec le recul je me demande comment interviendraient les secours dans cet endroit peu accueillant mais je pense (et j'espère) que tout a été pensé et prévu.
Tout le monde l'a compris rapidement. Il faut trouver une alternative à ce chemin trop dangereux si bien qu'on se retrouve tous dans les bois, là où les branches, les ronces n'épargnent pas le bas de mes jambes qui sont pas protégées puisque j'ai opté pour un corsaire.
On descend comme on peut, en s'accrochant à ce qu'on peut, à ce qu'on trouve sous la main, quel parcours du combattant !!!
Je sens qu'Isabelle n'y est plus. Je regarde sans cesse si elle est toujours derrière moi, je m'arrête de plus en plus souvent pour l'attendre. Elle n'a pas été épargnée par les chutes et le plasiir n'est pas là.
De mon côté je sens que l'eau glacée avalée à Sainte-Catherine commence à me donner des maux de ventre, ça sent le sapin !!
3e ravitaillement à Chausson / St Genoux. A mi-course nous en sommes à 5H45 d'effort à ma montre. C'est encore la cohue sous la tente. J'informe Isabelle que je pars immédiatement à la recherche des toilettes et lui demande de ne pas m'attendre. Après m'être soulagé je la retrouve.
Elle n'en peut plus et a décidé de s'arrêter là. Nous avons mis 3h45 pour faire les 20 derniers km, dans le froid car à ne pas courir on ne se réchauffe pas. Je la comprends et n'insiste pas.

Sachant qu'après il y aura un peu moins de neige je continue l'aventure seul. Effectivement après il y a moins de poudreuse mais le verglas est toujours présent et ne se signale pas. J'augmente l'allure, je me sens bien mais comme je n'ai rien avalé au dernier ravitaillement je prends une barre de céréales par contre je ne pourrai pas boire car l'embout du tuyau de mon camelbak est gelé.
Et ce qui devait arriver arriva. Après plusieurs glissades sans conséquence, en voulant traverser un chemin à la recherche d'un terrain moins accidenté, je vais poser le pied là ou je n'aurais pas du et je m'envole pour me retrouver au tapis. Un coureur qui passe à côté de moi me demande si ça va mais personne pour m'aider à me relever.
Y'a des moments on aimerait être une fille...
Je me relève tant bien que mal. Les fringues n'ont rien par contre j'ai une douleur sur le haut de la jambe gauche, je vais avoir un bel hématome. Je repars et reprends le rythme qui était le mien mais la fatigue aidant, je manque encore de vigilance et de lucidité. Peut être aussi parce que des feuilles ont caché le piège au début d'une nouvelle descente bien costaud type bois d'Arfeuille.
Et hop, seconde lourde chute sur les fesses mais le coude droit a tapé fort une pierre. Immédiatement j’imagine le pire, c'est encore cassé.
Trop c'est trop, au prochain ravitaillement je dépose les armes. Si je continue je vais y laisser ma peau. Et puis j'ai encore des petits maux de ventre qui viennent s'ajouter à la douleur. Cela m'énerve de plus en plus surtout que j'ai oublié mes cachets dans le sac qui doit m'attendre à Lyon.
Je me remets à courir tant bien que mal. La douleur au bras s'estompe, ça me rassure. Puis je double, et je double... des coureurs qui marchent au moindre dénivelé positif. De mon côté je cours jusqu'à ce que ça devienne trop dur pour moi.
Puis arrive le ravitaillement de Soucieu en Jarrest dans un gymnase où il y a plus d'espace donc moins de bousculade. Faut dire que le peloton s'est bien étiré et que bon nombre ont abandonné à en voir le carton rempli de puces à l'entrée de la salle.
Je mange un peu de tout et j'avale un gobelet de thé et d'eau avant de filer aux toilettes. En sortant je me remets à courir sans réfléchir. Un bénévole nous dit que la prochaine pause est dans 10 km et la fin dans 23.
Le jour s'est levé, plus besoin de la frontale par contre j'ai sorti l'appareil photo.



Comme prévu la neige se met à tomber.

 
A la sortie de Soucieu un bénévole nous conseille de ne pas emprunter le chemin qui est trop verglacé et nous invite à monter dans le verger, ce que tout le monde fait.
Plus loin un véhicule des secours est coincé dans une belle ornière, ses occupants ont désertés. Désormais je dépasse des concurents qui alternent marche et course, plus tard je dépasserai des coureurs qui marchent même dans les descentes.
Nous entrons dans Chaponost où nous alons visiter le parc de la ville. Je constate une fois de plus que des tubes de gel jonchent le sol. Je ne comprends pas ce comportement qui semble toucher, d'après les quelques témoignages que j'ai entendu, principalement la tête de course, ceux qui doivent montrer l'exemple.
Pourtant l'organisation nous a remis gracieusement un sac à déchets et à chaque ravitaillement il y avait de nombreuses poubelles à notre disposition, pourquoi les jeter n'importe où, parfois 50 mètres avant ou après un ravitaillement ???
Cerise sur le gâteau, une grosse zone boueuse nous attend à la sortie de ce parc suivi d'une montée dans une tranchée monotrace qui sert d'écoulement à une source ou aux eaux pluviales. Les pieds sont de nouveaux trempés. Même si ce n'est pas agréable ça fait parti du jeu, j’acquiesce, ce qui n'est pas le cas de la majorité de mes compagnons du moment qui râlent haut et fort.
Après cette petite difficulté je me remets à courir en pensant au prochain et dernier ravitaillement qui ne doit plus être loin. D'après mon GPS, si le bénévole a dit vrai, il devrait être là, mais non !!
Il est beaucoup plus loin et la neige tombe de plus en plus fort et je regrette de ne pas avoir pris une casquette.
J'arrive enfin a ce ravitaillement tant attendu de Beaunant, le dernier sur le parcours. Pas de bousculade, j'avale enfin un peu de salé : du saucisson. La majorité des concurrents présents savent qu'ils vont terminer. Ceux qui connaissent le parcours affirment que le plus dur est derrière nous. Un bénévole m'assure qu'il reste 10 km : "si si, le panneau 60 est juste derrière" par contre il me dit que c'est un peu le bordel dans les monts : Que les bus ont du mal à circuler ce qui me fait un peu peur pour Isabelle. Je range ma frontale, je ferme la musique qui m'a accompagné dans l'oreille droite jusque là. Je réponds à l'appel de Samuel qui est déjà arrivé. J'envoie un sms à Pascal pour lui donner ma position puis je file aux toilettes avant de repartir sans avoir oublié de prendre cette petite photo.
Effectivement le panneau 60 km est  bien là mais aussi la deuxième cerise du gâteau : Un bon kilomètre de grimpette avec un passage à plus de 20% à en croire certain.
Désormais nous sommes en ville, il n'y a plus que du bitume. S'en suivra une belle petite descente va me permettre de dépasser de nombreux coureurs qui marchent.
J'ai réussi à faire fondre la glace de mon camelbak en bloquant l'embout le long de ma poitrine ce qui me permet de boire un peu.
Un joggeur du quartier me dépasse, je m'accroche à lui. Il se retourne de temps en temps et oui, je suis toujours là. Il me dit que nous sommes de grands malades, que jamais il ne ferait ça. C'est ce que je me disais quand j'ai commencé...
J'en profite pour lui demander des informations sur la fin du parcours. Il me donne une idée de ce qui reste à faire car les panneaux qui annoncent le kilométrage ne sont pas fiables du tout.
Nous sommes à Lyon. Passage d'un pont puis commencent d'interminables quais.
Tiens un tapis sur le sol à côté d'une fourgonnette, serait-ce un point de chronométrage ?
Comme le tapis n'occupe pas toute la largeur de la chaussée le coureur qui me précède l'évite. Dans le doute je vais passer dessus, on ne sais jamais et j'ai eu raison, c'était bien un point de contrôle.
 
Petit coucou aux photographes de Maindru.

Puis 2 charmantes joggeuses que je dépasse m'encouragent chaleureusement. Merci beaucoup !! Ca fait chaud au cœur.
Nous allons jusqu'au bout de ces quais où la Saône rejoint le Rhône par un chemin fait de galets qui fait très mal aux articulations de mes petits petons.
A gauche toute puis de nouveau un pont et à droite toute. Désormais j'alterne course et marche. Il y a de plus en plus de monde l'arrivée n'a jamais été aussi proche. Je sens l'émotion arriver.
Virage à gauche et une arche apparait, cette fois c'est bon.
 
Les cris des gens me donnent des frissons. Je leur lance des merci à tout va.
Et c'est l'entrée dans le palais des sports, la délivrance.
C'est fait !!!
10H35 et des poussières, hyper heureux d'être allé au bout sans casse.

Pas d'échauffement, de brulure, pas d'ampoules. A part l'eau glacée qui m'a donné des maux de ventre mais chez moi c'est instantané, je le sais, j'ai pris un peu de thé et j'ai goûté raisonnablement à tout ce que proposait l'organisation et c'est super bien passé. Pour être précis 2341e sur 6000 partants dont 4016 classés. 767e dans la catégorie.
Petite queue pour récupérer le maillot terminator, pardon finisher. Je demande du XL ? "Nous n'avons que du L, ça taille grand" J'espère, merci !!!
Pascal vient à ma rencontre. On discute un peu puis je profite du dernier ravitaillement avant d'aller récupérer mon sac. Je constate que tous les bagages ont été déchargés des camions et déposés sur le sol, sans protection. Ils sont donc couverts de neige et humides.
Super, tout est trempé à l'intérieur. Heureusement mes affaires principales pour me changer sont protégées dans un plastic.
Samuel m'appelle pour me dire qu'il n'a pas pu m'attendre. On se donne rendez-vous pour un petit run de récupération la semaine prochaine.
Pas le temps d'aller prendre une douche chez Monsieur Aulas, dans le stade Gerland de l'autre côté du boulevard. Je vais me débarbouiller vite fait avec des lingettes afin de ne pas trop sentir le phoque dans le train.
Par contre pas de nouvelle de Georges et de son pote mais comme notre TGV ne nous attendra pas nous devons partir.
Pascal regarde de temps en temps les résultats sur son mobile et c'est dans le train que nous apprendrons qu'il sont allés au bout. Nous sommes soulagés car nous pensions au pire.
Toutes mes félicitations et un grand bravo en particulier à Isabelle, Samuel, William, Pascal, Georges, Pierre-Yves, Guillaume ainsi qu'à toutes les personnes qui ont pris le départ de cette course de folie qu'ils soient allés au bout ou pas.
A chaud j'étais plutôt un peu déçu car j'étais loin de m’imaginer ce que nous allions vivre. Avec le recul je commence à modérer mes propos mais en 2013 je n'y serai certainement pas car j'ai envie de m'attaquer au trail du canton en Seine-Maritime (82 km je crois).

Ce qui est certain c'est qu'il faut continuer à lutter contre ces coureurs qui ne respectent rien en jetant leur déchets n'importe où.
L'organisation doit revoir les capacités d’accueil des ravitaillements, peut-être en les organisant différemment : Une tente repos /change et une tente ravitaillement.
Une solution serait peut-être, aussi, de faire des départs par vague ce qui permettrait de fluidifier le traffic car on vient quand même pour courir pas pour piétiner.
Certains ont critiqué les ravitaillements. J'y ai trouvé tout ce dont j'avais besoin : bananes, madeleines, biscuits, chocolat, eau, thé, pâtes de fruit, biscuits au chocolat, saucisson (au dernier ravito). Il y avait aussi de la soupe et du coca mais j'en ai pas pris pendant l'épreuve.

Pour terminer merci à toutes les personnes qui m'ont encouragé. Merci à tous les bénévoles qui ont donné de leur temps dans des conditions extrêmes et merci quand même à cette belle organisation.
Le nettoyage des chaussures en arrivant à la maison.
 
Je vais repasser au plat avec pour prochain objectif les 100 km de Steenwerck en mai 2013
Mes photos : https://picasaweb.google.com/113245630134072672330/20121201Et02LaSaintelyon59EEdition#
le résumé de l'épreuve en vidéo par la région Rhône-Alpes :
 

 
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