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jeudi 24 mars 2016

Ecotrail de Paris, 9e édition, 50 km - le 19 mars 2016

EcoTrail de Paris 2016




Ce n'est qu'à la fin février que je me suis inscrit sur le 50 km de l'Ecotrail de Paris après avoir gagné un dossard grâce à Isostar que je remercie encore ici. L'occasion de faire une sortie longue en préparation de la No Finish Line Paris où je me suis inscrit à la compétition de 24 heures. Mais voilà, un mois avant j'ai participé au trail des villes royales et le parcours boueux de 50 kilomètres m'a un peu abîmé. Mon corps, surtout les adducteurs, n'ont pas aimé et n'aimeront jamais ce type de terrain très glissant. Si j'ajoute à cela une reprise trop rapide derrière avec une belle séance aux buttes Chaumont, la douleur, même si elle reste supportable, revient rapidement et courir dans ces conditions n'est pas un plaisir.

Je m'octroie donc une dizaine de jours de repos pour refaire un test à l'occasion du semi de Paris en mode touriste puisque je n'avais pas de dossard.
Malheureusement, sur la fin, la douleur est revenue. J'ai tout de suite pensé que la No Finish Line et l'éco-trail risquaient fort d'être compromis. Je décide donc de me reposer 15 jours supplémentaires, soit jusqu'au jour de la course ne perdant pas espoir de pouvoir la faire même en marchant. Le but étant d'accumuler des kilomètres pour l'épreuve qui se déroulera 3 semaines plus tard du côté du Champs de Mars et de la tour Eiffel.

Je récupère mon dossard à l'arrache le vendredi en tout début d'après-midi. Je ne souhaite pas laisser mes amis trop longtemps dans un parking du parc des expositions de la porte de Versailles après un voyage démarré 7 heures plus tôt des Menuires en Savoie. Je n'étais pas en vacances. Je suis juste allé rechercher mes amis coincés à la montagne suite à la grave chute de la seule conductrice, dame Isabelle.
Samedi de course. La météo a bien changé depuis la veille. Il fais gris et même très frais quand je mets le nez dehors pour rejoindre la gare RER Saint-Michel Notre Dame en compagnie de l'ami Pascal. Il souhaite m'accompagner. Ce sera pour lui une sortie longue de préparation au championnat de France des 24 heures. Bien qu'ayant coché l'option "transport en commun au départ de Paris" je n'ai pas trouvé le ticket dans mon enveloppe et suis donc obligé de passer par la case caisse.
Peu de monde sur le quai. Il est vrai que nous sommes en avance. C'est là que Pascal rencontre une camarade de club, Zou. Après le 30 km en 2016, elle se lance sur le 50 km, distance qu'elle découvrira pour la première fois.
Après le train et le bus nous nous retrouvons sur la zone de départ où il ne fait vraiment pas chaud. J'avais prévu manches courtes, je décide de garder ma veste pour courir. Nous profitons un peu du buffet, boissons chaudes, gâteaux . Nous retrouvons enfin Ella, puis Marc. Quelques photos pour immortaliser l'instant, il est l'heure du briefing, il faut se rapprocher le l'arche. Il est temps de se souhaiter bonne course !














Le départ se fera par vagues, Zou et moi partirons dans la troisième, une vingtaine de minutes environ après les élites.
Contrairement au trail des villes royales je pars nettement plus cool. Un petit tour du domaine de Versailles et nous le quittons pour rejoindre la forêt sans aucun piétinement contrairement à ma première participation. Après avoir papoté un peu avec Zou à l'arrière du peloton, Pascal revient à mes côtés pour ne plus me quitter.
De mon côté tout va bien. L'absence de pluie pendant toute la semaine a rendu notre terrain de jeu hyper roulant. Dès le 8e kilomètre les premières bosses apparaissent et pour m'économiser je les marche. Je bois régulièrement et commence à avoir faim, j'avale donc une barre de céréales.
Jusqu'au 14e kilomètre environ tout se passait plutôt bien, pas de douleur mais au fond de moi je sais que c'était sur le point de réapparaître et ce fut effectivement le cas suite à un grand eccart pour franchir une petite (la seule) zone marécageuse du tracé. Pour l'instant c'est une toute petite et légère douleur.
Dans la grimpette du 23e kilomètre je vais dépasser une concurrente qui me rappelle une personne du forum passioncourseapied.fr. Au sommet, j'en parle à mon pote qui me confirme que c'est bien elle. Je m'arrête une seconde fois pour soulager un besoin naturel. Le biloute en profite pour papoter avec elle, nous ferons quelques hectomètres ensemble.
Le ravitaillement du 28e kilomètre (Chaville) se rapproche à grands pas. On sait qu'après cette étape, si le parcours n'a pas été modifié, il ne restera plus que trois difficultés et le tour sera joué.
Je ressors de la zone de ravitaillement avec les bouteilles pleines et quelques gâteaux salés. Les jambes tournent bien mais les douleurs dans le bas ventre se font de plus en plus violentes surtout quand je dois relancer après un arrêt ou après avoir marché dans une côte. Et les arrêts vont être nombreux car nous devons respecter les feus des passages piétons où de gentils bénévoles font très bien leur travail. Et pendant ce temps là, mon pote n'arrête pas de me prendre en photo, du moins tant qu'il a de la batterie…

La forêt de Fausses Reposes et ses messages d'encouragement aux Kikourous passés, le domaine de Saint-Cloud approche. Pour l'avoir traversé à deux reprises, c'est pour moi une partie monotone qui ne me plait guère, pourtant le domaine est magnifique, peut-être la fatigue de la course ?
Nous arrivons à un endroit du parc que nous ne reconnaissons pas, nous ne savons pas où nous sommes. Le parcours a été modifié et nous réserve des surprises car nous ne sommes jamais descendu aussi bas et ce qui se descend se remonte, c'est bien ce qui nous attend. Le ravitaillement se trouve au même endroit, c'est le chemin pour y arriver qui a changé pour nous en faire baver un peu plus. Dans la petite bosse qui nous amène aux tables, on dépasse un coureur de l'AS Nandy puis j'arrive au ravitaillement après 4h43 d'effort. Pas le temps d'apprécier la magnifique vue de la capitale et de la tour Eiffel, on est pas là pour faire du tourisme. Les bouteilles pleines d'Isostar nous repartons aussi sec.
La descente sera difficile pour moi. Il nous reste une bonne dizaine de kilomètres et dès la sortie du domaine de Saint-Cloud, le pont de Sèvres passé, on se rend compte que des travaux vont certainement modifier le parcours. Mais on ne s'attendait pas à se retrouver au bon milieu de la côte des Gardes de Meudon, célèbre difficulté de la course Paris-Versailles qui se déroule chaque année vers la mi-septembre.

Les jambes commencent à souffrir, ce qui est normal vu le manque d’entraînement mais je n'aurai jamais pensé aller aussi loin dans cet état. Par contre mes abdos m’empêchent d’apprécier le moment présent.
Et voilà qu'une nouvelle envie de me soulager se présente. Ce n'est pas dans le parc de L'Ile Saint Germain, trop fréquentée, que je vais trouver l'endroit idéal pour m'arrêter.
Juste après le périphérique, nous serons sur un de nos terrains d’entraînement. Nous passons devant le parc André Citroën, nous connaissons par cœur ces quais de Seine.
On grimpe sur le pont de Grenelle. Encore un photographe puis un second juste avant de descendre sur l'Ile aux Cygnes et son allée du même nom. En plein milieu Thierry nous encourage. Il n'y a plus qu'une vingtaine de marches à gravir, traverser le pont de Bir-Hakeim et l'arrivée se présente. Pascal file pour immortaliser l'instant.


La ligne est franchie en moins de 6 heures. Mieux qu'il y a quatre ans et aussi-bien qu'il y a un mois mais sur un terrain beaucoup plus favorable qu'à Rambouillet. Compte tenu de mon état, de mon manque d’entraînement, je ne peux être que satisfait et je remercie grandement mon ami de m'avoir suivi et encouragé tout au long de cette course.
Je file récupérer mon sac, nous nous changeons puis nous allons assister à l'arrivée des premiers du 80 km. Une arrivée un peu bizarre car la sono est interdite à cause de la présence dans le coin du président de la République. Sans animation, le public n'est pas trop au courant de ce qui se passe et c'est donc une arrivée un peu dans l'intimité pour les fusées parties de Saint Quentin en Yvelines quelques heures auparavant, ce qui est bien dommage.
C'est qu'il ne fait pas très chaud sous la dame de fer ! On ne vas donc pas s'éterniser pour rentrer au chaud prendre une bonne douche.
En voilà encore une de faite mais pas de 10 km du Neuf le lendemain (épreuve qui devait se dérouler le 15 novembre, reportée à cause des attentats). Lundi direction le médecin pour savoir précisément ce que j'ai et soigner les bobos. Verdict : pubalgie, 15 jours de traitement et 3 semaines de repos.
Un grand bravo à tous les participants, à toutes celles et ceux qui sont allés au bout et en particulier Zou qui s'est surpassée pour faire mieux que prévu, chapeau ! L'année prochaine le 80 lui tend les bras.
Et comme toujours grand grand merci aux bénévoles et merci à Pascal de m'avoir accompagné, de m'avoir photographié et d'avoir ramassé une belle quantité de déchets. Il y a encore et toujours trop de gros porcs parmi nous, c'est... y'a pas de mots. On les reconnaîtra la jour où des courses ne seront plus organisées pour cause de protection des sites, se seront certainement les premiers à râler...





Hubert Leclercq
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samedi 27 février 2016

Trail des villes royales, 51 km - 1ère édition du 21/02/2016

Trail des villes royales



Aussitôt annoncée, aussitôt inscrit !

Je n'ai pas hésité une seconde à débourser 47 euros début novembre pour faire partie de cette nouvelle aventure entre deux villes historiques des Yvelines, Versailles et Rambouillet. 

La distance annoncée de 51,9 km (51 sur l'affiche avec D+: 649 m, D-: 611m) peut se faire seul ou en relais à 3 (21, 19 et 11 km).
Une belle balade dans le parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse, les vaux de Cernay, la foret de Rambouillet…

Avec un parcours type éco-trail de Paris dont nous emprunterons d'ailleurs quelques sentiers, cette première longue course de l'année en Ile de France est bien placée pour se préparer aux 80 km qui emmèneront les coureurs au 1er étage de la tour Eiffel le 20 mars prochain.



Désireux de rentrer au plus vite à la maison après la course, il me faut laisser la voiture à Rambouillet, pendre le train pour rejoindre Versailles mais compte tenu des horaires du retrait des dossards et des trains, je vais devoir me lever très très tôt. En fait je n'ai pas beaucoup dormi et ce n'est pas le stress de l'épreuve qui en est la cause. 
Entre les folies d'un chat, les aboiements des chiens, les filles rentrées à pas d'heure je me retrouve devant mon petit déjeuner à 5 heures du matin sans avoir eu besoin du réveil. Il est 5h40 quand Pascal et moi prenons la route, nous laissons un Paris bien calme derrière nous.
Nous trouvons tant bien que mal la gare de Rambouillet. Nous achetons nos billets et rejoignons le quai. C'est qu'il y a du monde. Je ne pense pas que la gare de Rambouillet voit passer autant de personnes un dimanche matin de si bonne heure. 22 minutes plus tard nous voilà à Versailles et nous allons suivre le troupeau qui se rend au départ. Le chemin devait être fléché, je n'ai rien vu, je dois dire qu'on a suivi comme des moutons sans se poser de question et après un kilomètre et demi de marche nous voilà accueilli par sa majesté Ella, mobile en main déjà flashé et posté sur facebook.
Le village est minimaliste mais le principal y est, l'ambiance est sympa. Avec l’enveloppe du dossard on nous remet une micro-polaire, ça change du t-shirt, bonne idée. 
Je me mets vite fait en tenue, dépose mon sac au camion puis je file aux toilettes (toilettes sèches écolo bien sûr !). Je me rends compte que j'ai oublié de retirer mes lunettes, cela aura son importance un peu plus tard.



Avant le départ, on croise des têtes connues. On papote avec Marc, Totorunning, puis je fais enfin la connaissance de Marino. Pascal aura l'occasion de discuter avec un grand monsieur de l'ultra, Ludovic Dilmi.



Après le briefing, le départ des joëlettes de l'association dunes d'espoir est donné et juste avant de partir Olivier dont j'avais complètement oublié la participation arrive à me retrouver dans la foule pour me saluer, nous nous souhaitons bonne course et c'est parti !


Pour moi la course va se dérouler en 3 phases. Jusqu'au premier ravitaillement ça va plutôt bien même si entre le 8e et 13 km, à découvert et avec un vent de face de temps en temps, le chemin très glissant me fait dépenser beaucoup d'énergie. Un chemin qui par temps sec doit être une autoroute...

Je me rends compte rapidement que mes lunettes vont bien me gêner tout au long de l'épreuve. En effet, à cause des verres progressifs, pour voir où je mets les pieds dans les descentes, baisser les yeux me fait tourner la tête comme si j'étais bourré. Je dois bien baisser la tête pour voir où je vais poser les pieds, c'est très pénible et ça me fait perdre un temps fou. Je ne suis pas un grand descendeur mais là je suis un escargot qui, pour ne pas déranger les autres, dès qu'il entend du bruit derrière lui s'écarte pour laisser passer. Je vais arriver au premier ravitaillement dans un état de forme fortement dégradé.


Les bouteilles remplies à Chevreuse on ne s'éternise pas, mais à partir de là je vais m'économiser. Des cotes que je pourrais trottiner, je les marche. Je sais que pour rallier l'arrivée ça va être dur, très dur, d'autant que mes orteils des deux pieds commencent à crier au secours. Je suis bon pour un retour chez le podologue pour de nouvelles semelles. Mes pieds vont me faire souffrir jusqu'à l'arrivée surtout sur les cailloux.
Je bois de plus en plus si bien que je vais être "short pétrole" jusqu'au second et dernier ravitaillement.




Après ce dernier ravitaillement où j'ai pris le temps de grignoter un peu et fait le plein de mes 2 bouteilles, c'est une longue côte qui nous attend.

Il m'est impossible de suivre mon pote Pascal qui est en super forme, il grimpe tout en courant et m'attend en haut, trop fort le gars !

Je passe le marathon en 5 h 01 précises ! Je vais terminer en alternant course et marche, ou plutôt marche rapide et marche. Cette dernière partie est plus monotone : de plus longues lignes droites, un peu plus de bitume aussi et une arrivée attendue au 51e qui sera deux kilomètres plus loin. 

A l'arrivée j'aurai droit à une interview d'Harry mais je n'ai qu'une idée en tête, grignoter un morceau vite fait (il paraît qu'il y avait un sandwich finisher mais je ne l'ai pas vu et on ne me l'a pas proposé), récupérer mon sac et retrouver la voiture à un bon kilomètre de là pour me changer et rentrer à la maison.
Bref, une très belle course qui a un bel avenir devant elle après correction des petits soucis rencontrés par les coureurs derrière moi. Des bénévoles parfaits, comme d'habitude. Un balisage très bien fait, comme le dit Marc, à refaire avec un terrain sec et sous un beau soleil même si ce dimanche nous avons quand même eu la chance de courir avec une température plutôt agréable et sans pluie.


La vidéo (lien ci-dessous) et le résumé des LapinsRunners permet de bien se rendre compte du terrain que nous avons foulé.



Pour ce qui me concerne, un 10 km fait à fond 15 jours plus tôt, le manque de sorties longues, un départ beaucoup trop rapide, un manque de sommeil, mes soucis de vue et de pieds auront eu raison de moi. 
Ceci dit, même si j'en ai bavé, j'ai passé quand même un agréable moment et c'est bien là le plus important. 
Un grand grand merci aux gentils bénévoles et merci à l'organisation qui devra corriger quelques détails pour que ce soit parfait !
Grand merci à Pascal de m'avoir accompagné.

La trace de mon GPS !

Mes photos :


La Vidéo des Lapins Runners :


Un reportage :






Hubert Leclercq
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samedi 24 mars 2012

50 km Ecotrail de Paris IDF (75) - Edition du 24/03/2012




Malgré un début d'année en dent de scie me voilà, ce samedi 24 mars 2012, dans le domaine royal de Versailles prêt à en découdre sur ces 50 km (ou 53 km) de l'Ecotrail de Paris Ile de France. Ces quelques km de différence auront leur importance, j'en reparlerai plus tard.

Pascal m'accompagne dans cette aventure avec l'idée de faire une vidéo.
Comme prévu nous retrouvons Laurent (Laurent94) place du Châtelet pour nous diriger ensemble au RER Saint-Michel. Sur les quais nous ne sommes pas les seuls à emprunter les transports en commun pour rejoindre les différents points de départ : Meudon pour le 30 km, Versailles pour le 50 km et Saint-Quentin en Yvelines pour le 80 km.



8h33 notre rame est à l'heure. Arrivée à Saint-Cyr l'école des bus font la navette pour nous emmener au plus près du départ. C'est qu'il y a du monde. Alors que nous faisons la queue mon téléphone m'annonce l'appel de Totorunning. La veille nous nous sommes ratés de peu au retrait des dossards, pas question de refaire la même erreur. Déposés à proximité des stands, nous allons tout de suite à sa rencontre alors que Laurent nous rejoindra un peu plus tard après s'être isolé dans un petit coin pour se mettre en tenue.




Tout le monde à l'air heureux d'être là même si chacun a ses doutes, ses angoisses. Une de mes angoisses est qu'une douleur à un mollet ou derrière la cuisse droite m'oblige à arrêter mais ce qui me fait plus peur encore, même si tout ça ne m'a pas empêcher de passer une excellente nuit, c'est la chaleur. Le soleil est en effet bien présent depuis le début de la semaine, la météo annonce 21 degrés et pour le premier gros événement de l'année je sens que je vais en baver. Mais comme le rappelle Pascal, il est quand même préférable de courir dans ces conditions que sous la pluie.





Enfin nous profitons aussi du buffet pour nous restaurer un peu mais sans abuser car l'heure du départ approche. Un dernier soulagement et le speaker nous demande de nous rapprocher pour un briefing en français, espagnol et anglais. Enfin, avant le départ nous observerons une minute de silence à la mémoire des victimes de Merah à Toulouse et à Montauban.



10h45 les 1400 concurrents sont lâchés. On se souhaite une bonne course et c'est parti pour quelques heures de plaisir pour certains, de souffrance pour d'autres. Comme j'en ai pris l'habitude je vais partir cool pour respecter le proverbe "qui veut voyager loin ménage sa monture"
Ca part vite, ça déboule de partout si bien que je n'ai pas vu Pascal et sa caméra. Il faut dire que dans le parc du Château de Versailles, monument que nous ne verrons que de loin, nous sommes sur de longues lignes droites plates et propices à s'emballer mais la route est longue, il faut en garder sous le pied.



C'est peu avant la sortie du parc du château que je retrouve mon ami reporter. Au loin nous entendons de nombreuses déflagrations, un ball-trap ? Une reconstitution historique ? Nul ne sait. Bref, les kilomètres s'égrainent doucement jusqu'au 8e où un bouchon se forme sur le trottoir. Il nous faut monter un petit talus pour rejoindre un sentier forestier monotrace et c'est à partir de là que les réjouissances commencent.



Jusqu'au 40e km ce sont 32 kilomètres de montées et descentes à travers les bois et forets de l'ouest parisien. Juste après Buc, ça remonte de plus belle. Une féminine encadrée par des coureurs est sur le côté, assise, un peu ailleurs. J'ai pensé à une entorse mais en fait elle s'est cassé une dent. Pour elle la course s'arrête là. Désormais à chaque grimpette personne ne prend le risque de s'épuiser à courir sauf un, Pascal, la caméra à la main, qui va faire des fractionnés tout au long du parcours et fait l'admiration de nombreux concurrents un peu écœurés à le voir aussi à l'aise. Chapeau l'artiste.

A partir de là je ne sais plus où je me trouve, je ne connais pas bien la région. Au niveau du 20 km à mon GPS, vers 12h45 soit après 2 heures de course, mon estomac me rappelle qu'il est l'heure de grailler. Chaque difficulté sera pour moi l'occasion d'avaler une barre de céréales et boire un coup. C'est le premier "coup de mou", cette petite fringale m'a coupé un peu les jambes.
Vers le 26e km un beau raidillon s'offre à nous. Qu'il est dur celui-là !! je me demande si je vais réussir à monter. Quand je vois enfin la fin du tunnel, si je peux m'exprimer ainsi, il n'est pas facile de se remettre à courir. Je n'ai pas l'habitude de ce genre d'exercice.
Un petit peu plus loin j'aperçois Sylvie (Sydoky). Elle ne m'a pas reconnu certainement à cause de mes lunettes et de ma nouvelle casquette.



C'est qu'en forêt désormais je préfère mettre des lunettes car elles peuvent m'éviter de me prendre une branche dans l'œil où des petites bestioles qu'il m'arrive parfois d'avaler…
Une petite bise à Sylvie, une photo et je repars. Je croise Pascal à qui je signale la présence de notre amie.
2 cotes plus loin je les retrouve tous les deux, on nous dit que le ravitaillement n'est plus loin et effectivement la foule se fait plus dense, c'est le premier point de restauration à Chaville, point kilométrique 28.



Mon premier souhait est de manger mais je dois aussi remettre de l'eau dans la poche de mon sac. Et ça s'annonce mal. Première queue le bidon est vide, seconde queue idem, troisième pareil. J'ai comme l'impression que ça commence à m'énerver même si je suis largement dans les temps du MBO.



Finalement je trouve des bénévoles qui font du remplissage à l'aide de bouteilles et là ça sera fait rapidement. Je me dirige ensuite vers le buffet où je vais me jeter sur le saucisson sec et les tucs, c'est que j'ai une faim de loup mais je fais au plus vite pour ne pas laisser mon pote seul trop longtemps. Quelques sportifs profitent de cet espace pour s'étirer, se reposer, se prélasser sur l'herbe. J'aimerais bien faire une petite sieste pour digérer mais pas question, nous repartons. La course va alors prendre une toute autre tournure pour moi.




A partir de Ville d'Avray et la forêt de Fausses-Reposes j'ai les lèvres toutes desséchées, la gorge sèche et la soif toujours présente, second coup de mou. Pascal me dit que c'est l'effet saucisson… Désormais mon état va m'obliger à boire de plus en plus souvent
Les pentes se font un peu moins raides mais si on pense que le plus dure est de monter la descente demande aussi de gros efforts et beaucoup de lucidité. Ne pas prendre trop de vitesse pour pouvoir s'arrêter en cas de pépins, bien négocier les pièges pour éviter la chute ce qu'un monsieur devant moi n'a pas su faire. Il se relève et repart, plus de peur que de mal.



J'arrive enfin au second ravitaillement après 4h51 de course. J'ai l'impression d'avoir fait les 80 premiers kilomètres d'un cent bornes. On a un point de vue sur la capitale assez exceptionnel. On voit bien la tour Eiffel qui nous attend. Je ne traine pas et quand je quitte les tables bien achalandées je croise Nathalie (Minipouce) qui est là en tant que bénévole.
J'en profite pour remercier tous les bénévoles qui, comme d'habitude, sont toujours aussi dévoués pour que nous puissions prendre un maximum de plaisir. Sans eux il n'y aurait pas de course.



On papote un peu et elle nous certifie qu'il ne reste que 10 km à parcourir. Là j'ai un gros souci pour le chalenge MBO. S'il n'y a que dix bornes je suis largement en avance. J'avais annoncé 5h59 mais quand j'ai appris qu'il y avait 53 km j'ai ajouté quelques minutes pour afficher 6h25'30. Pascal me dit que ce n'est pas grave, qu'on va y aller cool en marchant de temps en temps.



Nous quittons le domaine de Saint-Cloud en passant devant le musée national de la céramique de Sèvres. C'est la partie la moins agréable du parcours surtout les quelques passages où nous courons à 1 mètre des voitures par contre nous savons qu'à partir de là il n'y a plus d'embuche, le parcours est plat.
Les pauses marche se font plus nombreuses ce qui me permet de boire et de gagner du temps pour le MBO.
Meudon, puis Issy-les-Moulineaux, Paris approche. Sur L'ile Saint Germain nous traversons un parc noir de monde. Le moindre rayon de soleil et le parisien sort prendre l'air. Nous sommes de temps en temps encouragés par des badauds, ça fait plaisir. Laurent m'appelle pour m'annoncer sa belle performance, il a fait un super chrono, je suis heureux pour lui.
La tour de TF1, le périphérique, nous sommes dans Paris. Pour la seconde fois je dois retirer un caillou qui s'est introduit dans ma chaussure. Et Pascal a toujours sa caméra à la main…
Mon téléphone sonne de nouveau, et là je suis sur le cul, c'est mon épouse qui m'annonce qu'elle est à la tour Eiffel mais qu'elle ne sait pas trop où est l'arrivée.
Nous sommes désormais en terrain connu. Quasiment tous les dimanches matin je viens par les quais fermés à la circulation automobile jusqu'au parc André Citroën noir de monde lui aussi en cette fin d'après midi.

Un peu de frime devant les photographes qui se sont positionnés dans la montée du pont de Grenelle. Quelques marches plus loin et me voilà sur le dernier pont avant l'arrivée, Bir-Hakeim. J'ai largement le temps de passer un coup de fil à ma femme pour savoir où elle est mais je tombe systématiquement sur la boite vocale, ma fille idem. Pascal a pris le large pour filmer l'arrivée.
L'arche qui matérialise la ligne d'arrivée est en vue et comme il y a de plus en plus de monde et d'encouragements je me remets à courir pour terminer cette belle épreuve en 6h12'13
Quelques minutes après ma femme et ma seconde fille me retrouvent.
Après quelques gobelets d'eau, on me remet le t-shirt de finisher. Je trouve un petit coin tranquille pour me changer puis retour à la maison. Les jambes lourdes laissent présager des lendemains douloureux mais finalement dimanche matin je suis plutôt bien.
J'ai terminé ma 90e compétition. C'était la première avec un sac sur le dos. Et quand les testeurs de produits écrivent "il sait se faire oublier" je me demande vraiment s'ils les ont testés sur de longues distances.

Je n'ose imaginer la galère que nous aurions vécue si le terrain avait été détrempé.
Une fois n'est pas coutume je vais encore râler contre les coureurs qui ont jeté leur déchet n'importe où.
Grand merci à Pascal de m'avoir accompagné dans cette aventure.
Merci à mon épouse et ma fille d'être venu à l'arrivée.
Merci à Isabelle de nous avoir raccompagné en voiture.
Merci à toutes celles et ceux qui m'ont envoyé des messages d'encouragement.
Merci aux organisateurs même si au retrait des dossards c'était un peu panique à bord au début.
Encore une fois merci aux bénévoles.
Merci à Totorunning pour les photos.

Maintenant il faut se remettre en condition pour le marathon d'Annecy dans 3 semaines.

MBO : 2+2+50+0+0+0+5+0+0+5+2=66

Toutes mes photos : https://picasaweb.google.com/113245630134072672330/20120324EcotrailDeParis
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